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Wednesday, 16 January 2013 13:23

Analyse - Léger mieux

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Au début de janvier, on cherche toujours à savoir ce que l’année nous réserve.
Les astrologues se frottent les mains et prétendent même connaître comment se portera l’économie. Les économistes ne doivent pas avoir cette prétention que voudraient bien leur donner les médias. Il ne suffit pas de lire quelques nouvelles par-ci par-là pour jouer à l’astrologie économique.

Mais voilà qu’on nous prédit que « 2013 sera l’année du début de la reprise ». D’abord, qu’est-ce qui peut bien changer par rapport à une année qui vient tout juste de s’écouler ? L’économie n’est pas une activité qui se renouvelle annuellement chaque 1er janvier. Elle est plutôt un processus qui se déroule sans discontinuité. Il n’existe pas une date quelconque qui verrait un retour de l’économie à l’expansion.

Ensuite, une reprise économique est précédée d’une récession. Dire que 2013 est l’année de la reprise, c’est sous-entendre que les années précédentes furent marquées par un déclin du produit intérieur brut (PIB). Il n’en est évidemment pas le cas, puisque l’économie mauricienne n’a pas connu de croissance annuelle négative depuis 1981 !
Admettons la définition technique d’une récession, à savoir une contraction du PIB sur deux trimestres consécutifs.

Nos ‘Quarterly National Accounts’ indiquent, à partir des données disponibles, qu’une telle situation s’est produite une seule fois lorsqu’en 2004, la croissance annualisée du PIB, après correction des variations saisonnières, fut négative au deuxième trimestre (-0,2%) et au troisième trimestre (-0,4%). En 2012, les premier, deuxième et troisième trimestres ont enregistré une croissance annualisée positive de 1,0%, 1,1% et 1,3% respectivement.

Ainsi donc, il n’est pas question de reprise, car notre économie continue sur son chemin de croissance. La vraie question à se poser, c’est de savoir si notre taux de croissance en 2013 sera supérieur à celui de 2012, qui était de 3,3%. La majorité des analystes interrogés dans le présent baromètre y croient. Mais leur estimation se situe entre 3,4% et 3,6%, contrairement à Statistics Mauritius qui prévoit 3,7%.

On peut s’attendre, en effet, à un léger mieux en 2013. Non pas parce que la zone euro va « vers une situation de stabilité », mais parce que nos politiques de diversification des marchés commencent à porter leurs fruits. Pour nos entreprises orientées vers l’exportation, l’Afrique du Sud émerge comme leur troisième marché après la Grande Bretagne et la France. Grâce à la clientèle sud-africaine, nos exportations de produits d’habillement se sont accrues de 3,5% en valeur pour la période de janvier à novembre 2012. Nos exportateurs seront soutenus par un meilleur accompagnement de Enterprise Mauritius.

Quant au tourisme, ce sont les marchés non traditionnels qui nous ont permis de garder la tête hors de l’eau. Aujourd’hui, les touristes qui dépensent sans compter sont principalement les Chinois et les Russes, alors que les Européens se contentent de ce qu’ils ont payé comme ‘All-inclusive’... Nul doute que Maurice attirera plus de touristes non-européens avec un peu plus d’imagination.

Il faut aussi de l’audace. La croissance ne se décrète pas. Afin d’obtenir un million d’arrivées touristiques en 2013, condition indispensable pour réaliser une croissance économique de 3,7% ou plus, des décisions difficiles doivent être prises. Le redressement de la situation financière des hôtels, dont dépend la préservation de leurs emplois, n’est pas seulement tributaire d’un meilleur accès aérien, mais aussi du coût de déplacement des voyageurs.

Or, au lieu de dégraisser son personnel surnuméraire et de couper les gratifications, notre transporteur national choisit d’augmenter ses prix pour redevenir profitable sur le dos de ses clients.  C’est de l’anti-loi de l’efficacité économique : la compagnie d’aviation génère des profits non pas en dégageant des gains de productivité internes, mais en faisant payer un coût économique aux consommateurs ! C’est vrai, un monopole n’est pas là pour créer un bénéfice économique qui découle d’une réduction du coût, ce que l’économiste appelle le surplus de consommateur...

Le rythme de notre production nationale est étroitement lié aux actions que le gouvernement et le secteur privé prendront, et c’est accessoirement qu’il est fonction de la situation économique de la zone euro. Ce qui se passe là-bas doit nous pousser à agir vite. D’autant qu’il ne faut pas s’attendre à une reprise de l’économie européenne en 2013.
La chancelière allemande Angela Merkel ne s’y trompe pas en affirmant que « la crise européenne est loin d’être terminée ». On n’exclut pas de nouvelles turbulences dans la zone euro qui peut espérer, au mieux, une croissance de 0,5%. La Grèce et l’Espagne, selon l’économiste Joseph Stiglitz, « se trouvent dans une dépression dont on ne voit aucun signe de sortie ». En Grèce, le taux de chômage a atteint 26% en septembre 2012.

En Espagne, le système bancaire a vu sa base de dépôts s’effriter, et son bilan reste plombé par des crédits hypothécaires très risqués. Les banques survivent grâce aux prêts à 1% que leur accorde la Banque centrale européenne. Mais cette dernière se noie dans un océan de liquidités qu’elle a elle-même créé. Une implosion du système bancaire espagnol serait désastreuse pour l’euro.

Tout cela est effrayant. Ce qui fait le bonheur des diseurs de bonne nouvelle. Mais l’économiste, pour citer le grand John Maynard Keynes, « doit étudier le présent à la lumière du passé et dans la perspective du futur », et « avoir autant les pieds sur terre qu’un homme politique ». C’est en corrigeant des erreurs passées que nos actions présentes donneront des résultats futurs.

(www.pluriconseil.com)

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