Samedi en conférence de presse, le président du PTr a évoqué le parent par alliance d’un dirigeant de l’opposition, anciennement au pouvoir, qui aurait bénéficié de plusieurs contrats à l’aéroport. Comme pour justifier les présents contrats alloués au tandem Gooljaury/Nandanee. De son côté, le leader de l’opposition a évoqué ce qui pourrait être « un nouveau scandale » impliquant le tandem Gooljaury-Nandanee.
À ce train, si l’on s’amuse à ouvrir les placards, sans doute serons-nous submergés par les scandales, réels ou supposés, impliquant à la fois des membres du gouvernement et, ne soyons pas étonnés, ceux de l’opposition. Tant il est vrai, comme nous l’avons déjà écrit, que les deux ou trois formations politiques s’arrangent objectivement pour se succéder à tour de rôle, en circuit fermé.
Or, comme on l’a vu samedi, les uns tentent de justifier un mal par un autre mal. Les autres se réjouissent de déterrer de nouveaux scandales, en attendant leur heure. Et vogue le gravy train ! Comme si le « peuple admirable » devait se contenter de « mange pistache guette cinema », alors que son argent, recueilli à partir des taxes directes et indirectes, est littéralement détourné au profit des protégés, par le biais des contrats de complaisance ou carrément des passe-droits. En vérité, les gens sont fatigués d’être perpétuellement roulés dans la même farine. À l’exception des inconditionnels qui soutiennent inlassablement leurs partis et leaders respectifs, quels que soient leurs manquements, la majorité des gens en ont assez de ces attrape-nigauds à répétition.
Le taux de participation aux dernières élections régionales le prouve amplement, malgré sept ans de disette et les efforts mis par les deux bords pour persuader l’électorat d’aller voter en masse.
Ramgoolam a tort de croire qu’ayant été élu pour cinq ans, il n’a pas de comptes à rendre à l’opinion durant son mandat. Néanmoins, il a raison, en sa qualité de Premier ministre, de se soucier de la préservation de l’intégrité des institutions. Tout comme Bérenger, leader de l’opposition, l’a fait à sa manière, lors de sa conférence de presse.
Mais tous deux, ainsi que les responsables des institutions concernées, doivent se poser des questions lorsqu’un simple citoyen réagit sur le site www.defimedia.info en ces termes : « Kan (zot meme) zot pas respecter nanien, kifer zot pe dire nous respecter. Nous respecter tout zafaire. Mais kan prend nu comme (…) Then nous pas capav res tranquil ! » En d’autres mots, de quel droit moral vous arrogez-vous lorsque la perception est que vous êtes les premiers à fouler du pied les institutions dont vous avez la charge ?
Il est clair qu’après le récent jugement du Privy Council, la controverse sur la pratique de l’arbitrage privé, la nomination de certains membres du judiciaire sur des conseils d’administration de corps paraétatiques, le chef juge se trouve devant un immense chantier. Un judiciaire indépendant est la fierté de Maurice et le garant de l’État de droit. Sans cette indépendance, la démocratie ne sera que factice.
Quant à la presse, Ramgoolam a le droit de la critiquer. Mais il ne peut la prendre comme bouc-émissaire eu égard aux frasques de son entourage et manquements de son régime. La presse n’est que le tam-tam de l’air du temps. Quant à ses membres qui se laissent contaminer par les politiciens qu’ils/elles fréquentent, l’opinion éduquée n’est pas dupe. Dans l’ensemble, la presse est plurielle à Maurice. Et c’est tant mieux pour notre démocratie. Les censeurs les plus sérieux des journalistes ne sont pas les politiciens, mais bien l’opinion qui s’exprime à la fois dans la rue et sur le Net. Ce qui explique que les journalistes ont aussi, de temps à autre, à faire leur introspection s’ils veulent garder leur crédibilité.
Il faut se poser les vraies questions : comment mettre fin une fois pour toutes aux scandales sous ce gouvernement comme sous un futur gouvernement ? Quels sont les engagements à prendre, les réformes à apporter, les institutions à consolider pour éviter que l’engrenage se perpétue de régime en régime ? Se lancer des accusations mutuelles relève de la diversion, voire du divertissement, afin d’éviter le débat de fond et d’avoir à attaquer le mal à la racine. Et pour continuer de perpétuer le système. Au profit de qui ?
Mao Zedong (Tse-Toung), fin dialecticien et poète, aimait à dire que « chaque mauvais temps porte en lui les germes d’un bon printemps ». L’Histoire dira le temps et les dégâts que le pays aura à subir par le biais de l’imbroglio Soornack avant de trouver un nouvel équilibre. Cette catharsis n’aura cependant de sens que si les principaux acteurs saisissent que, dans un monde où les citoyens réclament de plus en plus de comptes à ceux qui s’arrogent ne serait-ce qu’une once de pouvoir (politique, judiciaire, presse), it can’t be business as usual !
22 May 2013

Sunday, 20 January 2013 09:41
It can’t be business as usual!
Qu’est-ce qui va sortir de l’imbroglio Soornack, où la politique, le judiciaire et la presse se retrouvent engagées comme dans un fol tourbillon?
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