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Sunday, 03 February 2013 10:00

La qualité de l’éducation gratuite

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Les résultats du HSC sont attendus ce lundi. La formule d’attribution des bourses va changer cette année. On parle d’attribuer certaines bourses selon les critères sociaux.
Devant les cris de joie des futurs boursiers, dont l’avenir sera assuré, on oubliera les larmes des autres élèves dont l’espoir d’obtenir un travail décent sera floué. Selon un récent recensement, le taux de chômage avoisine les 9 % chez les jeunes. Pire, 7 800 d’entre eux, soit environ 16 %, n’ont pas de Certificate of Primary Education. 21 900 (45 %) n’ont pas atteint le niveau du School Certificate (SC). Et les derniers résultats du SC indiquent une hausse du taux d’échec, le taux de réussite étant de 75,74 % en 2012 contre 76,74 % pour la cuvée 2011.

Si l’éducation est gratuite à Maurice, les chiffres nous laissent comprendre que la qualité de l’éducation est en déclin. Ce taux d’échec au niveau du CPE ou du School Certificate est inquiétant. Est-ce que notre système d’éducation est dépassé ? Est-ce le fait que, pour réussir, on a besoin de leçons particulières, ce qui n’est pas à la portée de tous les étudiants ? Ou est-ce dû à la promotion automatique, décision qui rapporterait plus d’argent aux collèges au détriment du niveau académique ?

Cet état de choses ne peut être les fruits du présent gouvernement. C’est le refus de tous les politiciens et ministres de l’Éducation qui se sont succédé depuis l’Indépendance de prendre les décisions qui s’imposaient. L’éducation a toujours été une chasse bien gardée, avec beaucoup de lobbies, chargée de politique. Toute réforme, la meilleure qu’elle puisse être, ne pourra jamais être mise en pratique, si le gouvernement n’a pas le courage ou la volonté de le faire. Examens nationaux en Form III, abolition du CPE ou promotion automatique en primaire, ce sont autant de sujets qu’on préfère éviter. Résultat : l’échec. Les principales victimes sont nos jeunes : 22 300 des 48 900 chômeurs recensés ont moins de 25 ans, soit 46 %. Plus de la moitié d’entre eux ne sont pas mariés, soit environ 56 %.

Yahya Paraouty, président de l’Union of Private Secondary Education Employees (UPSEE), a fait cette déclaration sur Radio Plus pour tenter d’expliquer le taux d’échec : « Une des raisons principales est l’admission au niveau de la Form I. De nombreux collèges du privé admettent des enfants qui n’ont pu intégrer d’autres établissements à cause de leurs résultats. Il ne faut pas oublier qu’au bout de cinq ans, ils prendront part aux mêmes examens que les autres. »

Faizal Jeeroburkhan, pédagogue, a, lui, dit, toujours sur les ondes de Radio Plus : « Il existe des collèges qui permettent à l’élève de changer de classe, sans tenir compte de son niveau. C’est une promotion automatique, mais qui laisse les lacunes s’accumuler quand l’élève passe à une classe supérieure. De plus, ces établissements n’ont aucun compte à rendre sur la qualité des cours qu’ils dispensent. »

Saluons, au passage, la création du  Youth Employment Programme (YEP), un programme qui vise à s’attaquer à l’épineux problème du chômage chez les jeunes. En principe, YEP donne la chance aux jeunes d’acquérir de l’expérience, ce qui leur permettra d’obtenir un emploi par la suite.

Un comité, nommément le Skill Working Group (SWG), est en charge du suivi de ce projet qui vise, en d’autres mots, à placer des jeunes dans des entreprises. Des entreprises qui, en retour, recevront une subvention pour le salaire de chaque jeune enregistré auprès du YEP, et ce, pendant une année.

Dans tout cela, ce qui est le plus inquiétant, c’est le nombre grandissant de jeunes laissés au bord de la route au niveau du CPE et du SC. Eux n’ont pas l’accès à l’Internet, n’ont pas la chance d’un emploi de transition.

À l’heure où l’on commémore l’Abolition de l’esclavage et où l’on parle de réparation pour les descendants d’esclaves, ce serait bien que le gouvernement vienne en aide à cette catégorie de jeunes en leur accordant une allocation chômage digne et une formation professionnelle adéquate. Certains de ces jeunes n’ont aucune chance de trouver un emploi décent, donc de mener une vie décente. Ces jeunes-là restent des esclaves, car ils demeurent encore sous l’esclavagisme du pouvoir de l’argent et de la politique. S’étonnera-t-on s’ils se tournent vers la débauche ?



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