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Sunday, 03 February 2013 09:50

Question de leadership

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« Personne ne peut remplacer Paul Bérenger ». C'est nul autre que le chef de file désigné des mauves à l'Assemblée nationale, Alan Ganoo, qui l'affirme.
Et il n'a pas tort. D'autres, à l'instar de sir Anerood Jugnauth et de Prem Nababsing, avaient voulu tenter l'expérience en tant que leader du MMM dans les années 80 et 90. Sans succès. En ce qui concerne les fonctions de leader de l'opposition, le contraste entre Paul Bérenger et ses prédécesseurs immédiats, Nando Bodha et Navin Ramgoolam, est saisissant.

Si le premier n'a occupé le poste que pendant quelques mois et a pu, tant bien que mal, tirer son épingle du jeu, beaucoup d'observateurs, cependant, demeurent dubitatifs et refusent de se prononcer sur la performance du leader du PTr entre 2000 et 2005. Outre une participation très moyenne dans les débats, souvent, après avoir posé sa PNQ au tout début de la séance, le leader s'éclipsait, laissant à leur sort les six autres membres d'une opposition squelettique face à une majorité gouvernementale écrasante. Pourquoi, à propos, nos dirigeants refusent-ils systématiquement la retransmission en direct à la télévision des travaux parlementaires, comme cela se fait dans toutes les démocraties dignes de ce nom ?

Vu que la tendance à la corruption, aux passe-droits, népotisme, favoritisme, gaspillage, négligence, malversations… est bien réelle (quelle que soit l'administration en place) et qu'il est impératif de combattre la léthargie et l'immobilisme, sources de la propagation des fléaux de toutes sortes (drogue, prostitution, insécurité…), notre pays a inévitablement besoin d'un leader de l'opposition à la hauteur de la tâche qui l'attend. Paul Bérenger a accompli ce rôle avec tant de responsabilité, de dévouement et de virtuosité qu'une grande appréhension s'est maintenant installée au sein de la population quant à la capacité de son successeur de mener à bien sa nouvelle mission. Cela, bien que la compétence et la crédibilité d'Alan Ganoo ne soient  nullement remises en cause.

Créé à la fin des années 60 à un moment de grande incertitude sur le plan politique – l'opposition PMSD, prenant à contrepied son électorat, venait alors de se joindre au gouvernement du PTr, suscitant ainsi un grand vide sur l'échiquier –, le MMM a su conquérir le coeur de tant de Mauriciens qu'il est devenu aujourd'hui une formation incontournable dans le paysage politique local. Si, durant ces 4 décennies, le parti a pu surmonter tous les obstacles qui s'étaient dressés sur sa route et ainsi maintenir son taux de popularité à un niveau plus ou moins constant, il n'a pu, en revanche, présider la destinée de notre pays que très sporadiquement.

Certes, personne ne conteste le charisme et la qualité de meneur d'hommes de son leader historique. Cependant, force est constater qu'une des plus graves erreurs commises par ce parti est de n'avoir jamais pu permettre l'émergence et l'épanouissement autonome au sein de ses rangs d'un leader répondant à l'exigence de « la réalité de l'île Maurice profonde », à laquelle fait souvent référence Paul Bérenger lui-même.

À cette réalité, aucune formation politique ne peut échapper – la section 3 de la Première Cédule de notre Constitution ne fait que la consolider – et le leader mauve estimant d'ailleurs « le facteur communal » comme une des deux causes principales de la défaite de son parti aux législatives de mai 2010, l'autre étant « le rôle infect de la MBC ». Flairant, sans doute, cette carence par rapport à un leadership d'envergure nationale – dans tous les sens du terme –  au sein de son ancien parti, le leader du MMSM avait dissout son groupuscule en 2007 pour retourner au bercail. Il attend toujours patiemment que le poste suprême lui soit proposé.

La maladie de Paul Bérenger a permis aux membres et sympathisants de son parti de prendre la mesure des conséquences de l'absence de leur leader. Ce dernier reprendra sans doute ses activités sous peu – le cancer de l'amygdale se soigne convenablement par la radiothérapie, s'il est détecté au tout début de la pathologie. Mais il convient tout de même de souligner que le problème de leadership se posera tôt au tard et le plus tôt qu'une solution soit trouvée, le mieux ce sera pour le parti.



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