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Sunday, 17 February 2013 05:00

Charbon noir, charbon blanc

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Il est malheureux que le débat d'intérêt national sur l'énergie soit en train de déraper sur le terrain bassement communal.
C'est le Premier ministre qui, dans une tentative de justifier l'octroi d'un permis EIA à CT Power après celui obtenu par la Centrale Thermique du Sud une dizaine d'années de cela, a très imprudemment fait allusion à la couleur du charbon – « charbon noir et charbon blanc » - le 1er février au Morne. Ce slogan a depuis été repris par des groupuscules socio-communaux qui, bénéficiant d'une couverture généreuse de la télévision nationale en prime time, le 7 février, avaient tenu des propos pouvant mettre en péril l'harmonie sociale et l'unité intercommunautaire dans le pays.
Comparaison n'est pas raison. Le charbon reste le charbon.

C'est un combustible fossile, émetteur de gaz à effet de serre (GES), mais aussi de métaux lourds (plomb, mercure…), éléments toxiques pouvant provoquer des lésions au niveau des organes vitaux des mammifères. Dans les circonstances actuelles, le mot d'ordre doit être l'économie d'énergie mais avec, en même temps, une exploitation intelligente des sources renouvelables, ce qui pourrait donner  l'impulsion tant attendue au projet MID qui peine sérieusement à décoller.

La décision de nos dirigeants visant à consolider la concurrence dans le domaine de la production de l'électricité est tout à fait louable. Cependant, là où le bât blesse, c'est lorsqu'on continue à miser sur des sources polluantes pour faire tourner les turbines, alors que le manifeste électoral de l'alliance au pouvoir fait de la politique de développement durable une de ses priorités.

Ainsi, notre dépendance sur l'énergie fossile prend complètement à contre-pied l'objectif de la politique énergétique élaborée en 2007 : atteindre l'autosuffisance à hauteur de 70 % durant les 50 prochaines années et réduire d'environ 30 % les émissions des GES dans les 25 ans à venir.  Certes, notre économie a impérativement besoin d'être démocratisée et l'énergie constitue un secteur qui suscite tant de convoitises mais il est inconcevable que des lobbys socio-communaux ou autres considérations occultes puissent influer sur les décisions importantes de l'État.

Par ailleurs, certaines mesures appliquées depuis le début de cette année ne peuvent être occultées – la distribution des repas dans les écoles ZEP (qui mérite néanmoins d'être peaufinée afin d’éviter que l’incident survenu récemment à l'école primaire de Bambous A ne se reproduise), une allocation financière pour un maximum de 3 enfants scolarisés aux parents à faibles revenus, désignation de 23 lauréats selon le critère social en sus du mérite. Néanmoins, si la lutte contre la pauvreté doit être efficace, elle doit reposer fondamentalement sur un vrai projet de démocratisation économique. Et non pas sur des mesures superficielles ou ponctuelles qui ne produisent que des résultats éphémères quand elles n'enrichissent pas des activistes politiques.

Dans ce contexte, le rapport de la Commission Justice et Vérité (CJV), qui a englouti d'énormes ressources financières et humaines et qui dort dans un tiroir, aurait pu servir de point de départ pour la mise en place d'un vaste programme visant à promouvoir la mobilité sociale afin que les enfants des familles au bas de l'échelle ne soient pas condamnés à subir le même sort que leurs parents.

Certes, un comité de haute instance a été institué pour se pencher sur les recommandations de la CJV. Mais l'on se demande s'il est vraiment judicieux d'en accorder la présidence à un ministre, de surcroît, celui des Finances, vu l'ampleur de la tâche qu'exige cette fonction. Ce dernier a pu, tout de même, identifier quelques mesures préliminaires : la diversification de la composition des conseils d'administration des corps paraétatiques si plus de 65% de leurs membres sont issus d'un seul groupe ethnique ou religieux, la création d'un « ethnic sensitive service » dans tous les départements du gouvernement.

Cependant, force est de reconnaître que la démocratisation de l'économie ne peut se résumer à des considérations purement ethniques ou de couleur – noir ou blanc –  et encore moins être l'objet de copinage, de favoritisme, de népotisme. Ce sont d'ailleurs les obstacles les plus sûrs à faire dérailler le train de la réforme. Tous les citoyens doivent y avoir accès. Personne ne peut être laissé sur le quai.



Last modified on Sunday, 17 February 2013 08:32
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