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Sunday, 17 February 2013 06:59

Notre vulnérabilité face aux intempéries

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Notre économie résiste bien à la crise financière qui secoue le monde, mais nous sommes vulnérables face aux changements climatiques. L’expérience de mercredi, encore une fois, nous ramène à cette dure réalité.
Heureusement que personne n’a perdu la vie, mais on a frôlé le chaos. Maisons inondées, plantations détruites, embouteillages monstres et… le réseau mobile d’Orange saturé, ce qui est nouveau.

Aucun gouvernement n’est responsable des intempéries, tous les pays du monde, même les plus développés, ne peuvent rien face aux caprices du climat, aux forces de la nature. Inondations, tsunamis, tempêtes de neige, cyclones… même les plus grandes puissances du monde sont désarmées face à ces catastrophes naturelles qui réclament des vies, causent des centaines de milliers de sans-abris, des dégâts matériels considérables, des coupures d’électricité, d’eau, de communication... Mais la différence entre les pays développés et nous, c’est la manière dont ces catastrophes sont gérées. Dans les pays développés, les aides et les secours aux sinistrés sont beaucoup mieux organisés. Mieux encore, on prépare le peuple à affronter les catastrophes naturelles. On s’organise, on apprend des erreurs du passé, on sollicite l’avis des experts pour avertir le peuple du danger et, plus tard, pour remettre le pays en marche.

À Maurice, des experts ont soumis des rapports sur les constructions sauvages, sur l’excès de béton à Port-Louis, sur les drains inexistants ou bouchés en de nombreux endroits. Avec quels résultats ? Après les pluies torrentielles de mars 2008, qui avaient entraîné quatre décès, le gouvernement avait réagi en instituant un Fact-Finding Committee pour ensuite… l’ignorer. Une recommandation urgente de mettre sur pied un Disaster Management Centre, afin de préparer le pays au pire et ainsi réduire l’impact des catastrophes naturelles a, elle aussi, été ignorée. Cinq ans plus tard, ce centre n’existe toujours pas. Maintenant, après le quasi chaos de mercredi, on apprend que le texte sera réexaminé à l’Assemblée nationale au mois d’avril. C’est ce que laisse, en tout cas, entendre une source au gouvernement. Espérons qu’après quelques mois, on n’oubliera pas ce mercredi noir du 13 février 2013 et que le fameux Natural Disaster Committee ne soit pas relégué aux oubliettes…

Saluons nos différentes unités d’intervention, comme le Samu, la police et les pompiers, qui ont abattu un travail formidable. Mais beaucoup de ces peines auraient pu être évitées si notre station météorologique nous avait averti de l’arrivée des pluies torrentielles un peu plus tôt. Les gens auraient ainsi eu le temps de prendre certaines précautions ou de décider de rester chez eux.

À la moindre grosse averse, le rond-point du Caudan et les artères de Port-Louis, comme la rue Lord Kitchener, sont inondés. Ce sont des désagréments qui ne datent pas d’hier. Pourtant, aucune solution n’a été trouvée par les autorités, qui dépensent des millions, sinon des milliards, en infrastructures. Soit il y a un vrai problème de compétence à ce niveau, soit on ne peut vraiment rien contre les inondations.

Ceux qui sont restés bloqués sur le port dans leurs voitures à moitié sous l’eau, ceux qui ont été bloqués dans des embouteillages monstres et qui n’arrivaient pas à communiquer avec des membres de leurs familles, ont vécu un cauchemar. Mauritius Telecom qui, comme beaucoup de nos services publics, fait d’énormes profits, n’arrive pas à offrir un service adéquat quand on a le plus besoin de communiquer. Tout cela démontre l’amateurisme de ceux placés à la tête de nos institutions. Ils pèchent terriblement par leur manque de prévoyance. Prenons le cas du Central Electricity Board. Les responsables n’ont pas jugé bon d’interrompre la fourniture d’électricité, par mesure de précaution, dans les régions inondées.

Il ne convient pas de faire de la politique sur un sujet aussi important. Ceux au pouvoir aujourd’hui ne sont pas les seuls responsables de nos manquements au niveau du service public. On peut toujours se demander ce que les précédents gouvernements ont fait, eux. Espérons que le pays sera doté d’une cellule composée, de manière permanente, de spécialistes capables de mettre en place des stratégies pour la prévention de catastrophes naturelles. Une évaluation des risques de catastrophes naturelles qui peuvent toucher le pays est importante.

Si nous voulons maintenir le développement du pays, nous devons apprendre à réduire l’impact des catastrophes naturelles. Cela passe par une meilleure formation et une meilleure information. Une meilleure planification et des infrastructures bien pensées et fiables assureront la sécurité du peuple.



Last modified on Sunday, 17 February 2013 08:33
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