Les trois principaux partis à Rodrigues n’ont plus rien à cacher au sujet de leurs options. Serge Clair a toujours prôné l’autonomie sans mentionner le mot indépendance. Le MR de Nicolas Von Mally a été plus consensuel. Le nouveau parti du dissident Johnson Roussety a lui évoqué l’indépendance. Récemment un parti indépendantiste est né.
Malheureusement, les conditions idéales n’ont pas ete réunies pour ce parti indépendantiste de prouver son adhésion populaire en termes de votes. Le parti n’a pu faire le plein de candidats et n’a pas réussi non plus à trouver des candidats engagés sur la liste proportionnelle. Enfin, ce parti n’a pas pu non plus inscrire des agents officiels pour le jour du scrutin et du dépouillement des votes le lendemain.
A moins d’une victoire nette et convaincante du MR, on risque d’assister à des manoeuvres postélectorales qui pourraient donner l’occasion tant à Serge Clair qu’à Johnson Roussety de faire avancer leurs revendications. Et cela pourrait remettre en question les relations consensuelles ayant existé entre Port-Louis et Port Mathurin. Quand Serge Clair régnait en maître à Rodrigues, Paul Bérenger dominait le gouvernement à Maurice. Puisque les relations entre les deux hommes étaient cordiales, on n’a pas assisté à des scènes de tension. Anerood Jugnauth lui-même était devenu plus réceptif au programme de Serge Clair qui a toujours été vu avec suspicion par l’Establishment travailliste et PMSD.
L’arrivée au pouvoir du MR a été bien accueillie à Port-Louis bien que Roussety soit entré en conflit avec Rama Sithanen à un certain moment. La marginalisation subséquente de Roussety a sans doute réconforté l’Establishment à Port-Louis. Par la suite, Navin Ramgoolam prenait la décision bien inspirée de confier à Von Mally non pas seulement le ministère de Rodrigues mais aussi le portefeuille des autres îles du territoire mauricien en sus de l’important secteur de la Pêche. Ce qui a fait de Von Mally un ministre mainstream à dimension mauricienne et non pas un ‘token’ régional.
En cas de défaite du MR, Port-Louis aura des soucis à gérer ses relations avec une nouvelle administration à Rodrigues. Mais Port-Louis devrait aussi réactualiser sa politique par rapport à l’autonomie de Rodrigues et venir avec de nouvelles initiatives pour consolider l’édifice de la république dont l’expression territoriale est conséquente dans l’océan Indien.
Puisque Maurice a reconnu la spécificité de Rodrigues en modifiant la Constitution pour permettre à l’île de bénéficier d’une certaine autonomie et de voter d’après un nouveau système électoral (avec une dose déterminante de proportionnel), le pays devrait songer à élever un représentant de Rodrigues au rang de vice-Premier ministre. A chaque fois que ce v.-PM aura l’occasion d’occuper le siège du Premier ministre, l’honneur rejaillira sur toute la diaspora rodriguaise.





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