Avec la réforme projetée du système électoral, il semblerait que la mainmise des dirigeants actuels sur la vie parlementaire du pays est assurée pour quelques décennies encore, sans que le pays ne puisse assister à un renouvellement d’acteurs principaux.
La réforme comme convenue plus ou moins par les forces en présence permettra aux dirigeants de contourner le verdict de l’électorat en s’imposant sur la base de la représentation proportionnelle et, ce faisant, assurer aussi la présence de leurs mignons et bailleurs de fonds au Parlement.
Dans le système actuel, les électeurs se voient offrir la possibilité de désavouer un candidat qui leur est imposé. Une fois battu, ce candidat ne peut entrer au Parlement que s’il est qualifié, à partir des critères communaux, pour obtenir un siège de best loser. A l’avenir, il suffirait de contrôler les partis pour contrôler les destinées des Mauriciens. Les dirigeants auront la possibilité de faire nommer 33 % des députés sans passer par le verdict direct des électeurs. Le système permettrait à deux partis de partager le pouvoir sans être vraiment contestés.
Dans la certitude d’une mainmise des dirigeants actuels tant côté gouvernement que de l’Opposition grâce à la réforme du système électoral, le seul moyen d’assurer qu’il y ait alternance réelle, c’est de limiter le mandat des dirigeants. Dans les démocraties avancées, les dirigeants partent de leur propre gré après un certain temps. Aux Etats-Unis, par contre, la Constitution limite le Président à deux mandats. C’est ainsi que Bill Clinton et George W. Bush se sont retirés après avoir complété deux mandats.
Si la réforme électorale à Maurice n’est pas assortie d’une provision limitant le mandat des dirigeants, on risque bien de revivre un système de gérontocratie qui avait dominé la Chine et la Corée du Nord. Un genre de Kim Il Sung revisited mais à dimension mauricienne.





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