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La fatalité du tribalisme
- By Subash Gobine
- Published 03/13/2010
42 ans après l’Indépendance, le tribalisme règne toujours sur le système politique mauricien. Le pays n’a pas évolué sous ce rapport depuis les élections générales de 1967.
En 1967, une année avant que le pays n’accédât à l’Indépendance, les élections se déroulèrent autour des regroupements de communautés et d’ethnies. Le Parti Travailliste avait perdu sa vocation nationale, incapable de contenir les assauts du PMSD qui voulait regrouper toutes les minorités contre une communauté en particulier. Avec la création du MMM en 1969, un autre modèle de combat politique fut présenté au peuple mauricien. Mais au fil des années, le MMM se vida de son contenu de base et se vit prendre lui aussi dans l’engrenage du tribalisme. Le MMM se vit offrir une occasion historique en 1982 pour un profond changement de mentalités. Ce fut une occasion ratée.
Le Parti Travailliste essaya deux formules différentes de conquête de pouvoir par la suite. Aux élections de 1995, ce fut une coalition de chefs de tribu avec le soutien de Paul Bérenger. Les tribus suivirent ces deux leaders et ce fut une victoire sans appel avec la déroute complète d’un régime qui misa trop sur le développement économique et se rendit ethniquement vulnérable. Aux élections de 2005, Navin Ramgoolam prit un impossible pari, au prix de mécontenter son propre électorat. Son pari s’avéra payant. Comme aux élections de 1959, le Parti Travailliste retrouva sa vocation nationale et Navin Ramgoolam bénéficia d’un large soutien qui dépassa les clivages des communautés.
De 2005 à 2010, Navin Ramgoolam a-t-il réussi à consolider ses assises et à se positionner comme un rassembleur exceptionnel ? Où s’est-il fait grignoter ses acquis de 2005 ?
Aux élections de 2000, Navin Ramgoolam avait refusé l’option facile d’une alliance pour se maintenir au pouvoir. En 2010, il ne prendra pas de risque précisément en raison de ce qui s’était passé en 2000. Il choisira de nouveaux alliés. Il pourrait de ce fait remporter une grande victoire, un 60-0 même. En le faisant, il acceptera de faire une concession majeure. Il ne sera plus le rassembleur, le leader national. Il serait contraint de reconnaître qu’il est chef de tribu contraint de s’appuyer sur un autre chef de tribu pour se maintenir au pouvoir.
Dilemme cornélien pour Ramgoolam : il ne prendra pas le risque d’aller seul aux élections mais avec un allié en particulier, il n’est plus leader national mais chef de tribu.
En 1967, une année avant que le pays n’accédât à l’Indépendance, les élections se déroulèrent autour des regroupements de communautés et d’ethnies. Le Parti Travailliste avait perdu sa vocation nationale, incapable de contenir les assauts du PMSD qui voulait regrouper toutes les minorités contre une communauté en particulier. Avec la création du MMM en 1969, un autre modèle de combat politique fut présenté au peuple mauricien. Mais au fil des années, le MMM se vida de son contenu de base et se vit prendre lui aussi dans l’engrenage du tribalisme. Le MMM se vit offrir une occasion historique en 1982 pour un profond changement de mentalités. Ce fut une occasion ratée.
Le Parti Travailliste essaya deux formules différentes de conquête de pouvoir par la suite. Aux élections de 1995, ce fut une coalition de chefs de tribu avec le soutien de Paul Bérenger. Les tribus suivirent ces deux leaders et ce fut une victoire sans appel avec la déroute complète d’un régime qui misa trop sur le développement économique et se rendit ethniquement vulnérable. Aux élections de 2005, Navin Ramgoolam prit un impossible pari, au prix de mécontenter son propre électorat. Son pari s’avéra payant. Comme aux élections de 1959, le Parti Travailliste retrouva sa vocation nationale et Navin Ramgoolam bénéficia d’un large soutien qui dépassa les clivages des communautés.
De 2005 à 2010, Navin Ramgoolam a-t-il réussi à consolider ses assises et à se positionner comme un rassembleur exceptionnel ? Où s’est-il fait grignoter ses acquis de 2005 ?
Aux élections de 2000, Navin Ramgoolam avait refusé l’option facile d’une alliance pour se maintenir au pouvoir. En 2010, il ne prendra pas de risque précisément en raison de ce qui s’était passé en 2000. Il choisira de nouveaux alliés. Il pourrait de ce fait remporter une grande victoire, un 60-0 même. En le faisant, il acceptera de faire une concession majeure. Il ne sera plus le rassembleur, le leader national. Il serait contraint de reconnaître qu’il est chef de tribu contraint de s’appuyer sur un autre chef de tribu pour se maintenir au pouvoir.
Dilemme cornélien pour Ramgoolam : il ne prendra pas le risque d’aller seul aux élections mais avec un allié en particulier, il n’est plus leader national mais chef de tribu.
Des réformes politiques, pourquoi faire ?
- By Chafeekh Jeeroburkhan
- Published 03/13/2010
En ce 12 mars 2010, la question des Chagos (tout comme celle du Tromelin, quoique dans une moindre mesure), nous rappelle l’étroite marge de manœuvre dont nous disposons pour faire valoir notre souveraineté sur toute l’étendue du territoire de l’Etat mauricien et il aurait convenu que cette question soit traitée en priorité. Toutefois, dans ce qui suit, je vais plutôt me pencher sur des enjeux d’ordre interne et qui vont prendre les devants de la scène une fois les élections générales de 2010 terminées.
Dans le contexte qui prévaut, et en dépit, voire à cause de l’incertitude qui plane sur la configuration politique qui va se dessiner en vue des prochaines élections et après, il importe de s’interroger sur les réformes politiques dont il a été question ces derniers temps et dans lesquelles nous risquons d’être entraînés selon toute probabilité en 2010 et au-delà. Sans une réflexion approfondie en la matière, nous ne pourrons ni juger de la justesse ou de la sagesse de ce qui aura été avancé en guise de réformes constitutionnelles et électorales ni décider de toute action à mener pour ou contre de telles réformes.
Le dévoiement de la dynamique de la lutte pour l’émancipation politique
Il est en général admis qu’à Maurice prévaut un système de démocratie parlementaire à la « Westminster ». C'est-à-dire qu’on dispose d’un régime parlementaire multi partis (avec une majorité qui gouverne et une opposition pouvant prétendre à l’alternance en cas de faillite du gouvernement en place et/ou capable de devenir majoritaire à son tour lors d’une consultation ultérieure) avec un premier ministre, chef de l’exécutif et du parti majoritaire au parlement (l’assemblée législative), et un chef d’Etat sans pouvoir exécutif (car non élu au suffrage universel et n’appartenant à aucun parti politique spécifique), les institutions (gouvernement, parlement, judiciaire) fonctionnant selon les principes de la séparation des pouvoirs et de la prééminence des règles de droit. Un tel système se caractérise par sa stabilité et son efficacité avec les garanties nécessaires quant à la protection des libertés fondamentales et l’« accountability » des responsables des organes de l’Etat.
C’est ce vers quoi le pays devait s’acheminer depuis l’avènement du suffrage élargi en 1947 et du suffrage universel en 1958. Par contre, les luttes populaires qui ont scandé la vie politique mauricienne de 1947 à 1967 se sont soldées par une double partition de la majorité populaire (population indo-mauricienne v/s population générale d’une part et population hindoue v/s population musulmane (à l’intérieure du bloc indo-mauricien) de l’autre. Le pays fut littéralement fragmenté en deux sur la question de l’indépendance (l’unité du bloc indo-mauricien s’étant quant à elle reconstituée à cette occasion) et la tentative de raccommodage qui s’ensuivit, surtout sous le coup de la pression étrangère, n’eut pour résultat que de constituer un vide politique d’où émergea le MMM avec un nouveau discours unificateur national. Sur cet arrière-fond, les partis les plus importants qui sont apparus sur la scène politique (le PMSD dans les années ’60, l’UDM et le PSM dans les années 1970 et le MSM après la cassure du MMM en 1982) ne purent qu’être le représentant (en majorité au moins) de tel ou tel groupe ethnique. Le PTr post 1967 ainsi que le MMM post 1982 se sont trouvés logés à la même enseigne. La toute dernière tentative de reconstitution du PMSD d’antan se situe dans la même logique : se donner un ancrage plus solide au sein de la population générale pour mieux rivaliser avec le MMM d’une part et pour réduire la menace que l’emprise du FCM sur ce même électorat peut représenter de l’autre.
Il n’est pas étonnant, dès lors qu’aucun des partis en présence n’ait pu (et ne peut) prétendre accéder au pouvoir tout seul. Les alliances faites, défaites et refaites (et apparemment en cours de négociation actuellement) ne sont que l’expression de cette réalité du terrain. Loin de tenter de renverser la vapeur pour reconstituer des partis nationaux, les responsables politiques ne se sont évertués qu’à capitaliser sur un système dont ils sont maintenant prisonniers. Lorsqu’elles regroupent majoritairement les deux principaux blocs ethniques en présence (le bloc « indo-mauricien » et le bloc « population générale »), ces alliances conduisent (et ont conduit) à la disparition pure et simple de toute opposition digne de ce nom, allant même jusqu’à réduire le nombre de sièges à attribuer en vertu du « Best Loser system » à 4 ! Sachant qu’on peut s’acheminer vers une telle éventualité, les tenants d’une alliance PTr/MMM tentent de légitimer un tel exercice en s’appuyant sur l’argument du « patriotisme » et de la nécessité de mettre l’unité nationale et l’intérêt supérieur du pays au dessus de tout. Que certaines des parties prenantes aux négociations encours se hâtent de rassurer les électeurs qu’un résultat à la 60-0 ne comporte aucun risque pour la démocratie participe de la même démarche. (Faut-il rappeler que les « entrenched » clauses de notre constitution ne peuvent être modifiées que si l’on dispose du vote favorable de trois-quarts de l’assemblée ?)
Dans de telles circonstances, toute ressemblance du dispositif politique mauricien avec un système à la « Westminster » ne peut être que fortuite, selon la formule consacrée de mise en garde figurant dans les génériques de films de fiction !. Bien entendu, il ne s’agit pas de nier qu’une forme de démocratie est à l’œuvre à Maurice, mais ce n’est qu’abusivement qu’on pourrait la désigner comme un système à la « Westminster ». Par contre, il ne s’agit pas de sombrer dans un fétichisme du système « Westminstérien » mais d’en jauger la pertinence pour la société mauricienne.
La logique et la portée des réformes proposées
Sur cet arrière-fond trois des réformes (régime semi-présidentiel, deuxième chambre, « dose » de représentation proportionnelle) dont ont fait état les protagonistes de l’alliance/des alliances en cours dans les journaux et qui méritent qu’on s’y attarde, concernent notre régime politique d’abord et notre système électoral ensuite.
Il va de soi qu’on ne peut opposer à l’idée de la mise en place d’une deuxième chambre le fait qu’il serait contraire au système à la « Westminster ». Par contre, on ne voit pas où se situe la nécessité de multiplier nos instances de délibération par deux sauf si ce n’est pour gonfler outre mesure le personnel politique aux frais du contribuable sans que cela apporte une quelconque amélioration à la marche démocratique de notre société. Il est clair qu’une instance pareille ne pourra être élue au suffrage universel direct car il entrerait alors en conflit avec le parlement. Si elle ne l’est pas, elle ne pourra être que de nature consultative et donc entraîner un coût non seulement difficile à justifier mais encore plus difficile à supporter. (Voir l’analyse et les recommandations du Professeur A. de Smith à ce sujet dans le document C.O./2529/64).
A l’inverse, l’idée de transférer tout ou partie du pouvoir du premier ministre au président est manifestement contraire à l’esprit de « Westminster » et constitue un abandon de notre système républicain à l’indienne, comportant un unique fondé de pouvoir (le premier ministre) dont la légitimité tient au fait qu’il dirige le parti le plus important à l’assemblée, élu au suffrage universel. Déjà le principe du partage du mandat du premier ministre pour satisfaire des velléités sectaires doublées d’ambitions personnelles gourmandes, introduit en 2000, a porté un coup à l’autorité et à la fonction du premier ministre en en faisant l’objet d’un « musical chair » très peu ludique et pas du tout « Westminstérien » ! Si, pour résoudre des problèmes surgissant au niveau du poste du premier ministre, on transfère le pouvoir exécutif au président, on passe purement et simplement du régime parlementaire au régime présidentiel en transférant le(s) problème(s) avec. Si au contraire on tente de partager le pouvoir exécutif entre ces deux personnages, on introduit un facteur de conflit pouvant conduire à la paralysie des institutions.
Lors des tractations pour la mise sur pied de la république, les discussions avaient achoppé, entre autres, sur la question de certains pouvoirs exécutifs dont serait doté le président. Après un intervalle d’environ dix ans, un système républicain à l’indienne avec un chef d’Etat symbolique, sans pouvoir exécutif mais incarnant la continuité de l’Etat et garant du bon fonctionnement des institutions, fut adopté en toute sagesse en 1992 et s’est révélé plus qu’adéquat pour la bonne marche de notre démocratie. Après les élections de 2005, précisément à cause du partage du mandat de premier ministre en 2000, on s’est retrouvé avec un président en déphasage temporel avec son premier ministre. Mais le conflit qui avait apparemment vu le jour à l’époque tenait plus aux personnes en question qu’aux attributs des fonctions en cause. Que les choses soient rentrées dans l’ordre par la suite est un signe que le dispositif actuel remplit correctement son rôle et plaide pour son maintien en place. Chercher à l’améliorer ne pourrait que produire des résultats pervers, permettant de vérifier que le mieux peut être l’ennemi du bien !
Dans la foulée des résultats de type 60-0, l’idée que notre système électoral « First Past The Post (FPTP) » comporte un défaut exigeant correction a fini par s’imposer comme une évidence : le système met la représentativité en défaut dans la mesure où on se retrouve loin de la proportionnalité entre sièges auxquels certains partis pouvaient (peuvent) prétendre et nombre de voix recueillis. La correction consisterait alors en l’« injection » au malade d’une « dose » de proportionnelle, le but étant d’« approfondir » la démocratie !
Le raisonnement s’arrête là. Il n’y de remise en cause ni des « voting patterns » issus de la dérive sectaire décrite plus haut et conséquence directe, dans certains cas, des alliances interethniques conclues de part et d’autres, ni du fait que la « dose » de proportionnelle ne pourrait en fin de compte que conforter ces « voting patterns ». En fait, cette formule a été accueillie avec d’autant plus d’empressement qu’elle permet de faire d’une pierre deux coups : on peut se donner bonne conscience en optant pour l’abolition du Best Loser System (BLS) (on tord le coup au communalisme !) tout en intégrant le choix des candidats sur une base ethnique dans le dispositif de liste ainsi ouvert ! On peut à ce titre citer le rapport Banwell, p2 §8 « They [le PMSD] were opposed to the reservation of seats for any community because they held that under the system which they advocated, parties would be obliged to include in their lists candidates from all communities if they were to have any hope of attracting votes from them all ». Que le BLS puisse faire vase communicant avec le Party List ne comporte aucun mystère !
Que ce même système électoral puisse donner des résultats plus équilibrés (comme en 2005) quand le facteur ethnique passe au second plan est adroitement passé sous silence car il peut tout sauf apporter de l’eau au moulin des tenants de la « dose » de RP ! Qu’un travail colossal est à entreprendre pour bâtir des partis nationaux, capables de hisser le débat au niveau des exigences de l’intérêt général et de l’adéquation autant que possible entre intérêts locaux et intérêt général, que la recherche d’une dynamique féconde d’un « nous » politique, supra-communal s’impose à la place d’expédients techniques qui non seulement n’apportent pas de solution même temporaire au problème posé mais aggravent les choses à long terme, voilà autant d’« évidences » qu’on préfère mettre sous le boisseau car elles vont à l’encontre de la démarche consistant à mettre le système en défaut.
De plus, nul ne semble gêné par le fait qu’on nage en pleine contradiction d’une part en affirmant vouloir « approfondir » la démocratie et de l’autre en renforçant le pouvoir des chefs de parti en leur donnant des moyens de contrôle supplémentaires sur les candidats éventuels devant figurer sur la liste du parti et en les soustrayant à toute homologation ou contestation de la part des mandants locaux identifiés et identifiables. Sans compter, comme je l’ai indiqué plus haut, que dans le cas de coalition entre partis dominants, l’effet « thérapeutique » de la « dose » de RP s’évanouit purement et simplement ! On peut peut-être trouver des solutions techniques pour un financement des partis pour ne pas fausser le jeu démocratique, on peut peut-être limiter la corruption en imposant la déclaration des avoirs des candidats en début de mandat (la commission Goburdhun l’avait préconisé en 1985), mais on ne pourra jamais combler un déficit « démocratique » par un dispositif technique quelconque. La Commission Sachs ne pourra pas faire de miracle (métamorphoser le plomb de la volonté de puissance en or du bien commun) là où la culture et l’exigence démocratiques font défaut.
Conclusion
Aux problèmes politiques on ne peut apporter que des solutions politiques. Des solutions techniques ne pourront en aucun cas en tenir lieu. Laissons encore une fois la parole à la Commission Banwell dont les propos prennent tout leur sens quand on considère que ce qu’il est convenu d’appeler le phénomène communal n’a fait que s’aggraver depuis que les mots qui suivent ont été couchés sur papier (février 1966), p4 §16 : « Secondly, we wish to put on record our conviction that whatever the short-run influence on party political fortunes which an electoral system may have, it seldom affects greatly the long-run trends of a country’s politics. This is particularly relevant to the problem of communalism in a country like Mauritius, where the natural social cohesion of communities is apt to be used as a basis for political competition. There is a disposition in some quarters to look to a new electoral system to overcome this tendency. In our view, after considering carefully the possible political implications of a wide range of possible systems, no electoral system can of itself prevent or eliminate the tendency to communal politics. An electoral system – such as communal electoral registers - may certainly aggravate such a tendency; but none is capable of reversing it. The best that can be hoped for is that the electoral system will allow political leaders and voters to organise on non-communal lines, and offer as much encouragement as possible for them to do so…..”.
En d’autres termes, il n’y a pas de substitut à la maturité politique et au vouloir-vivre ensemble. Là où ces facteurs font défaut, loin d’apporter les remèdes recherchés, les réformes institutionnelles préconisées risquent fort de ne produire que des effets pervers.
Dans le contexte qui prévaut, et en dépit, voire à cause de l’incertitude qui plane sur la configuration politique qui va se dessiner en vue des prochaines élections et après, il importe de s’interroger sur les réformes politiques dont il a été question ces derniers temps et dans lesquelles nous risquons d’être entraînés selon toute probabilité en 2010 et au-delà. Sans une réflexion approfondie en la matière, nous ne pourrons ni juger de la justesse ou de la sagesse de ce qui aura été avancé en guise de réformes constitutionnelles et électorales ni décider de toute action à mener pour ou contre de telles réformes.
Le dévoiement de la dynamique de la lutte pour l’émancipation politique
Il est en général admis qu’à Maurice prévaut un système de démocratie parlementaire à la « Westminster ». C'est-à-dire qu’on dispose d’un régime parlementaire multi partis (avec une majorité qui gouverne et une opposition pouvant prétendre à l’alternance en cas de faillite du gouvernement en place et/ou capable de devenir majoritaire à son tour lors d’une consultation ultérieure) avec un premier ministre, chef de l’exécutif et du parti majoritaire au parlement (l’assemblée législative), et un chef d’Etat sans pouvoir exécutif (car non élu au suffrage universel et n’appartenant à aucun parti politique spécifique), les institutions (gouvernement, parlement, judiciaire) fonctionnant selon les principes de la séparation des pouvoirs et de la prééminence des règles de droit. Un tel système se caractérise par sa stabilité et son efficacité avec les garanties nécessaires quant à la protection des libertés fondamentales et l’« accountability » des responsables des organes de l’Etat.
C’est ce vers quoi le pays devait s’acheminer depuis l’avènement du suffrage élargi en 1947 et du suffrage universel en 1958. Par contre, les luttes populaires qui ont scandé la vie politique mauricienne de 1947 à 1967 se sont soldées par une double partition de la majorité populaire (population indo-mauricienne v/s population générale d’une part et population hindoue v/s population musulmane (à l’intérieure du bloc indo-mauricien) de l’autre. Le pays fut littéralement fragmenté en deux sur la question de l’indépendance (l’unité du bloc indo-mauricien s’étant quant à elle reconstituée à cette occasion) et la tentative de raccommodage qui s’ensuivit, surtout sous le coup de la pression étrangère, n’eut pour résultat que de constituer un vide politique d’où émergea le MMM avec un nouveau discours unificateur national. Sur cet arrière-fond, les partis les plus importants qui sont apparus sur la scène politique (le PMSD dans les années ’60, l’UDM et le PSM dans les années 1970 et le MSM après la cassure du MMM en 1982) ne purent qu’être le représentant (en majorité au moins) de tel ou tel groupe ethnique. Le PTr post 1967 ainsi que le MMM post 1982 se sont trouvés logés à la même enseigne. La toute dernière tentative de reconstitution du PMSD d’antan se situe dans la même logique : se donner un ancrage plus solide au sein de la population générale pour mieux rivaliser avec le MMM d’une part et pour réduire la menace que l’emprise du FCM sur ce même électorat peut représenter de l’autre.
Il n’est pas étonnant, dès lors qu’aucun des partis en présence n’ait pu (et ne peut) prétendre accéder au pouvoir tout seul. Les alliances faites, défaites et refaites (et apparemment en cours de négociation actuellement) ne sont que l’expression de cette réalité du terrain. Loin de tenter de renverser la vapeur pour reconstituer des partis nationaux, les responsables politiques ne se sont évertués qu’à capitaliser sur un système dont ils sont maintenant prisonniers. Lorsqu’elles regroupent majoritairement les deux principaux blocs ethniques en présence (le bloc « indo-mauricien » et le bloc « population générale »), ces alliances conduisent (et ont conduit) à la disparition pure et simple de toute opposition digne de ce nom, allant même jusqu’à réduire le nombre de sièges à attribuer en vertu du « Best Loser system » à 4 ! Sachant qu’on peut s’acheminer vers une telle éventualité, les tenants d’une alliance PTr/MMM tentent de légitimer un tel exercice en s’appuyant sur l’argument du « patriotisme » et de la nécessité de mettre l’unité nationale et l’intérêt supérieur du pays au dessus de tout. Que certaines des parties prenantes aux négociations encours se hâtent de rassurer les électeurs qu’un résultat à la 60-0 ne comporte aucun risque pour la démocratie participe de la même démarche. (Faut-il rappeler que les « entrenched » clauses de notre constitution ne peuvent être modifiées que si l’on dispose du vote favorable de trois-quarts de l’assemblée ?)
Dans de telles circonstances, toute ressemblance du dispositif politique mauricien avec un système à la « Westminster » ne peut être que fortuite, selon la formule consacrée de mise en garde figurant dans les génériques de films de fiction !. Bien entendu, il ne s’agit pas de nier qu’une forme de démocratie est à l’œuvre à Maurice, mais ce n’est qu’abusivement qu’on pourrait la désigner comme un système à la « Westminster ». Par contre, il ne s’agit pas de sombrer dans un fétichisme du système « Westminstérien » mais d’en jauger la pertinence pour la société mauricienne.
La logique et la portée des réformes proposées
Sur cet arrière-fond trois des réformes (régime semi-présidentiel, deuxième chambre, « dose » de représentation proportionnelle) dont ont fait état les protagonistes de l’alliance/des alliances en cours dans les journaux et qui méritent qu’on s’y attarde, concernent notre régime politique d’abord et notre système électoral ensuite.
Il va de soi qu’on ne peut opposer à l’idée de la mise en place d’une deuxième chambre le fait qu’il serait contraire au système à la « Westminster ». Par contre, on ne voit pas où se situe la nécessité de multiplier nos instances de délibération par deux sauf si ce n’est pour gonfler outre mesure le personnel politique aux frais du contribuable sans que cela apporte une quelconque amélioration à la marche démocratique de notre société. Il est clair qu’une instance pareille ne pourra être élue au suffrage universel direct car il entrerait alors en conflit avec le parlement. Si elle ne l’est pas, elle ne pourra être que de nature consultative et donc entraîner un coût non seulement difficile à justifier mais encore plus difficile à supporter. (Voir l’analyse et les recommandations du Professeur A. de Smith à ce sujet dans le document C.O./2529/64).
A l’inverse, l’idée de transférer tout ou partie du pouvoir du premier ministre au président est manifestement contraire à l’esprit de « Westminster » et constitue un abandon de notre système républicain à l’indienne, comportant un unique fondé de pouvoir (le premier ministre) dont la légitimité tient au fait qu’il dirige le parti le plus important à l’assemblée, élu au suffrage universel. Déjà le principe du partage du mandat du premier ministre pour satisfaire des velléités sectaires doublées d’ambitions personnelles gourmandes, introduit en 2000, a porté un coup à l’autorité et à la fonction du premier ministre en en faisant l’objet d’un « musical chair » très peu ludique et pas du tout « Westminstérien » ! Si, pour résoudre des problèmes surgissant au niveau du poste du premier ministre, on transfère le pouvoir exécutif au président, on passe purement et simplement du régime parlementaire au régime présidentiel en transférant le(s) problème(s) avec. Si au contraire on tente de partager le pouvoir exécutif entre ces deux personnages, on introduit un facteur de conflit pouvant conduire à la paralysie des institutions.
Lors des tractations pour la mise sur pied de la république, les discussions avaient achoppé, entre autres, sur la question de certains pouvoirs exécutifs dont serait doté le président. Après un intervalle d’environ dix ans, un système républicain à l’indienne avec un chef d’Etat symbolique, sans pouvoir exécutif mais incarnant la continuité de l’Etat et garant du bon fonctionnement des institutions, fut adopté en toute sagesse en 1992 et s’est révélé plus qu’adéquat pour la bonne marche de notre démocratie. Après les élections de 2005, précisément à cause du partage du mandat de premier ministre en 2000, on s’est retrouvé avec un président en déphasage temporel avec son premier ministre. Mais le conflit qui avait apparemment vu le jour à l’époque tenait plus aux personnes en question qu’aux attributs des fonctions en cause. Que les choses soient rentrées dans l’ordre par la suite est un signe que le dispositif actuel remplit correctement son rôle et plaide pour son maintien en place. Chercher à l’améliorer ne pourrait que produire des résultats pervers, permettant de vérifier que le mieux peut être l’ennemi du bien !
Dans la foulée des résultats de type 60-0, l’idée que notre système électoral « First Past The Post (FPTP) » comporte un défaut exigeant correction a fini par s’imposer comme une évidence : le système met la représentativité en défaut dans la mesure où on se retrouve loin de la proportionnalité entre sièges auxquels certains partis pouvaient (peuvent) prétendre et nombre de voix recueillis. La correction consisterait alors en l’« injection » au malade d’une « dose » de proportionnelle, le but étant d’« approfondir » la démocratie !
Le raisonnement s’arrête là. Il n’y de remise en cause ni des « voting patterns » issus de la dérive sectaire décrite plus haut et conséquence directe, dans certains cas, des alliances interethniques conclues de part et d’autres, ni du fait que la « dose » de proportionnelle ne pourrait en fin de compte que conforter ces « voting patterns ». En fait, cette formule a été accueillie avec d’autant plus d’empressement qu’elle permet de faire d’une pierre deux coups : on peut se donner bonne conscience en optant pour l’abolition du Best Loser System (BLS) (on tord le coup au communalisme !) tout en intégrant le choix des candidats sur une base ethnique dans le dispositif de liste ainsi ouvert ! On peut à ce titre citer le rapport Banwell, p2 §8 « They [le PMSD] were opposed to the reservation of seats for any community because they held that under the system which they advocated, parties would be obliged to include in their lists candidates from all communities if they were to have any hope of attracting votes from them all ». Que le BLS puisse faire vase communicant avec le Party List ne comporte aucun mystère !
Que ce même système électoral puisse donner des résultats plus équilibrés (comme en 2005) quand le facteur ethnique passe au second plan est adroitement passé sous silence car il peut tout sauf apporter de l’eau au moulin des tenants de la « dose » de RP ! Qu’un travail colossal est à entreprendre pour bâtir des partis nationaux, capables de hisser le débat au niveau des exigences de l’intérêt général et de l’adéquation autant que possible entre intérêts locaux et intérêt général, que la recherche d’une dynamique féconde d’un « nous » politique, supra-communal s’impose à la place d’expédients techniques qui non seulement n’apportent pas de solution même temporaire au problème posé mais aggravent les choses à long terme, voilà autant d’« évidences » qu’on préfère mettre sous le boisseau car elles vont à l’encontre de la démarche consistant à mettre le système en défaut.
De plus, nul ne semble gêné par le fait qu’on nage en pleine contradiction d’une part en affirmant vouloir « approfondir » la démocratie et de l’autre en renforçant le pouvoir des chefs de parti en leur donnant des moyens de contrôle supplémentaires sur les candidats éventuels devant figurer sur la liste du parti et en les soustrayant à toute homologation ou contestation de la part des mandants locaux identifiés et identifiables. Sans compter, comme je l’ai indiqué plus haut, que dans le cas de coalition entre partis dominants, l’effet « thérapeutique » de la « dose » de RP s’évanouit purement et simplement ! On peut peut-être trouver des solutions techniques pour un financement des partis pour ne pas fausser le jeu démocratique, on peut peut-être limiter la corruption en imposant la déclaration des avoirs des candidats en début de mandat (la commission Goburdhun l’avait préconisé en 1985), mais on ne pourra jamais combler un déficit « démocratique » par un dispositif technique quelconque. La Commission Sachs ne pourra pas faire de miracle (métamorphoser le plomb de la volonté de puissance en or du bien commun) là où la culture et l’exigence démocratiques font défaut.
Conclusion
Aux problèmes politiques on ne peut apporter que des solutions politiques. Des solutions techniques ne pourront en aucun cas en tenir lieu. Laissons encore une fois la parole à la Commission Banwell dont les propos prennent tout leur sens quand on considère que ce qu’il est convenu d’appeler le phénomène communal n’a fait que s’aggraver depuis que les mots qui suivent ont été couchés sur papier (février 1966), p4 §16 : « Secondly, we wish to put on record our conviction that whatever the short-run influence on party political fortunes which an electoral system may have, it seldom affects greatly the long-run trends of a country’s politics. This is particularly relevant to the problem of communalism in a country like Mauritius, where the natural social cohesion of communities is apt to be used as a basis for political competition. There is a disposition in some quarters to look to a new electoral system to overcome this tendency. In our view, after considering carefully the possible political implications of a wide range of possible systems, no electoral system can of itself prevent or eliminate the tendency to communal politics. An electoral system – such as communal electoral registers - may certainly aggravate such a tendency; but none is capable of reversing it. The best that can be hoped for is that the electoral system will allow political leaders and voters to organise on non-communal lines, and offer as much encouragement as possible for them to do so…..”.
En d’autres termes, il n’y a pas de substitut à la maturité politique et au vouloir-vivre ensemble. Là où ces facteurs font défaut, loin d’apporter les remèdes recherchés, les réformes institutionnelles préconisées risquent fort de ne produire que des effets pervers.
Competition Act: Collusive and non-collusive horizontal agreements
- By Kanen Chelumbrum
- Published 03/11/2010
Tote Lepep part de nouveau en guerre et, une fois encore, on peut dire qu’elle est justifiée. Si ce que dit Michel Lam dans son interview à l’effet que les directeurs d’ASL ont agi de mauvaise foi est vrai, on doute fort que le ministère des Finances puisse donner son assentiment pour officialiser cette association ASL et Amtote dans le cadre du ‘commingling’ des ‘pools’ à moins que le syndrome ‘Black Paul’ refait surface.
D’un point de vue légal, s’il existe effectivement un contrat d’exclusivité entre ASL et Amtote International, il peut être déclaré caduc devant une Cour de justice en vertu des clauses de la Competition Act 2007 dont nous publions certains extraits :
Section 41(3.3): Any agreement, or provision of such agreement, which is collusive under this section is prohibited and void and that an agreement is collusive if;
(3.3.1): it exists between enterprises that supply goods or services of the same description, or acquire goods or services of the same description;
(3.3.2): it has the object or effect of, in any way - (a) fixing the selling or purchase prices of the goods or services (b) sharing the markets or sources of the supply of the goods or services; or (c) restriction the supply of the goods or services to, or the acquisition of them from, any person; and (3.3.3): significantly prevents, restricts or distorts competition.
L’autre volet qui nous intéresse dans ce ‘commingling’ c’est cette relation Phumelela/ASL. Une enquête nous montre que Phumelela Gold Enterprises (Mauritius) Limited, dont Phumelela Gold de l’Afrique du Sud est l’unique actionnaire, détient à hauteur de 20 % d’actions au sein de l’Automatics Systems Ltd. En remontant un peu plus loin, on constate que Phumelela Gold, qui a été créé à la suite d’une fusion entre Phumelela Games & Leisure Ltd et Gold Circle, est le propriétaire de la chaîne privée Telly Track qui diffuse depuis quelques années les courses mauriciennes en Afrique du Sud.
Il n’est un secret qu’il y a eu un fort lobby durant l’intersaison des représentants sud-africains avec des menaces de retrait de la scène locale. Cette démarche avait pour but de donner un coup d’accélérateur à ce dossier de ‘commingling’ entre ASL et Phumelela Gold. Il y a eu aussi une réunion à l’Hôtel du Gouvernement pour faire de ce projet une réalité.
Forcément, on comprend mieux cette soudaine montée d’adrénaline hors du Champ-de-Mars. Détrompez-vous, il n’y a pas que le ‘commingling’ qui est synonyme d’un exode de nos roupies mais aussi le fameux dossier du ‘Hedging’. Ici aussi, on ne comprend pas trop cet empressement à concrétiser ce projet. Nous n’avons rien contre le système mais nous sommes contre le fait que des étrangers vont gérer le système et ‘charged’ des commissions sur les transactions dans une situation de monopole encore une fois. L’entrée en opération de cette compagnie est synonyme d’un nouvel exode de notre devise en sus de ce qui est déboursé pour assurer les services des jockeys sud-africains et l’achat des chevaux de l’Afrique du Sud. C’est trop demandé à une industrie qui doit faire face à une forte concurrence à travers le jeu Lotto et les paris sur le foot.
Pour nous, c’est clair ! Le pays de Nelson Mandela deviendra dans quelques jours le plus gros bénéficiaire de notre industrie hippique. Bref, on pilotera tout de là-bas…et on encaissera !
D’un point de vue légal, s’il existe effectivement un contrat d’exclusivité entre ASL et Amtote International, il peut être déclaré caduc devant une Cour de justice en vertu des clauses de la Competition Act 2007 dont nous publions certains extraits :
Section 41(3.3): Any agreement, or provision of such agreement, which is collusive under this section is prohibited and void and that an agreement is collusive if;
(3.3.1): it exists between enterprises that supply goods or services of the same description, or acquire goods or services of the same description;
(3.3.2): it has the object or effect of, in any way - (a) fixing the selling or purchase prices of the goods or services (b) sharing the markets or sources of the supply of the goods or services; or (c) restriction the supply of the goods or services to, or the acquisition of them from, any person; and (3.3.3): significantly prevents, restricts or distorts competition.
L’autre volet qui nous intéresse dans ce ‘commingling’ c’est cette relation Phumelela/ASL. Une enquête nous montre que Phumelela Gold Enterprises (Mauritius) Limited, dont Phumelela Gold de l’Afrique du Sud est l’unique actionnaire, détient à hauteur de 20 % d’actions au sein de l’Automatics Systems Ltd. En remontant un peu plus loin, on constate que Phumelela Gold, qui a été créé à la suite d’une fusion entre Phumelela Games & Leisure Ltd et Gold Circle, est le propriétaire de la chaîne privée Telly Track qui diffuse depuis quelques années les courses mauriciennes en Afrique du Sud.
Il n’est un secret qu’il y a eu un fort lobby durant l’intersaison des représentants sud-africains avec des menaces de retrait de la scène locale. Cette démarche avait pour but de donner un coup d’accélérateur à ce dossier de ‘commingling’ entre ASL et Phumelela Gold. Il y a eu aussi une réunion à l’Hôtel du Gouvernement pour faire de ce projet une réalité.
Forcément, on comprend mieux cette soudaine montée d’adrénaline hors du Champ-de-Mars. Détrompez-vous, il n’y a pas que le ‘commingling’ qui est synonyme d’un exode de nos roupies mais aussi le fameux dossier du ‘Hedging’. Ici aussi, on ne comprend pas trop cet empressement à concrétiser ce projet. Nous n’avons rien contre le système mais nous sommes contre le fait que des étrangers vont gérer le système et ‘charged’ des commissions sur les transactions dans une situation de monopole encore une fois. L’entrée en opération de cette compagnie est synonyme d’un nouvel exode de notre devise en sus de ce qui est déboursé pour assurer les services des jockeys sud-africains et l’achat des chevaux de l’Afrique du Sud. C’est trop demandé à une industrie qui doit faire face à une forte concurrence à travers le jeu Lotto et les paris sur le foot.
Pour nous, c’est clair ! Le pays de Nelson Mandela deviendra dans quelques jours le plus gros bénéficiaire de notre industrie hippique. Bref, on pilotera tout de là-bas…et on encaissera !
Bhojpuri - Not merely a spoken language like creole
- By M Rafic Soormally (guest)
- Published 03/11/2010
Creole was the spoken language of Black slaves. Even though the slaves may have had their own mother tongues, such as Swahili, Bantu and Malagasy, the fact that they spoke creole, whether it be based on Spanish, Portuguese, French or English, depending who the slave masters were, the slave masters referred to them as « Creoles », meaning those who speak creole. The creole spoken language is necessarily based on a European language of the slave masters, hence, French creole, English creole. Although one often speaks of patois créole, which it is, a patois may evolve from any language and does not necessarily have a slave connotation. A patois too is a spoken language of communication and, like creole, it can only be written phonetically. But usage wants it that a person who speaks patois is not identified as a ‘Patois’ like in the case of Creole. The slave masters invented the term « Creole », as in the person, in order to steal the African identities of slaves. Creole is a by-product of slavery. The Mauritian Constitution protects us against any form of slavery. Hence, it is out of question for ‘Creole’ to be recognized in our Constitution either as a language or as a person, although people are free to call themselves what they like.
Bhojpuri
On the other hand, Bhojpuri is neither a language born in slavery nor a patois. Bhojpuri is often referred to as a dialect of Hindi, which is a language of civilization for over a millennium. In the 1960’s, Bhojpuri was the mother tongue of around 60% of Mauritians while many Mauritians spoke patois, which is a mixture of languages spoken differently in different regions of the country. The damage came with the political invention of French-based militant creole imported from the then French colonies and with an equally invented way of writing (which is still being invented) which infringes the pronunciation, spelling, grammar and rules of the mother language and imposed on the people through a complicit media. To make it more acceptable, the protagonists of this form of creole, which they wrongly spell ‘Kreol’, have been trying to compare Bhojpuri with creole, and several Mauritians of Bhojpuri origin seem to fall into this trap and used by Créolistes to foster their political ambition.
Bhojpuri shares its vocabulary with Sanskrit, Hindi, Urdu and related to several languages such as Maithili and Bangla. The Government of India has agreed to give Bhojpuri statutory recognition as a language in its own right. Also written in Kaithi and Nasta’liq scripts, Bhojpuri is normally written in the Devanagri script like Hindi. Most Bhojpuri literature in India and outside India is in Devanagri script. There are also several Bhojpuri dialects. Lal Bahadur Shastri and Chandra Shekar are famous Bhojpuri personalities, amongst so many others. There are also very many famous Bhojpuri writers, such as Viveki Rai, and Bhojpuri cinema needs no introduction. If Bhojpuri were a ‘creole’, it would have never been officially recognized in India. Mauritian militant linguists have invented a creole script which they call « graphie l’harmonie », wrongly spelt as « grafi larmoni », inspired from Haitian creole and where Shakespeare’s Macbeth is spelt and pronounced « Makbess », and Trajedy as « Trazedji » [ref. Dev Veerasawmy], and for which they are demanding statutory recognition. In the language of IT, one would call this GIGO – Garbage In Garbage Out !
The vast majority of Mauritians I know who speak to one another in what is commonly referred to as ‘creole’ only do so outside their homes. They certainly do no write to one another in ‘creole’ which is neither their mother tongue nor the life-blood of their Mauritian identity. Hence, Mr Surendra Bissoondoyal’s contentions that Bhojpuri is a spoken language like creole and that « All the components of the Mauritian population have adopted Kreol to communicate among themselves, which is a very important element of the Mauritian identity », are empirically unsubstantiated and totally misguided. [Ref. l’Express 04 March 2010 : « The underprivileged and the language issue »]. However, he rightly points out that the poor performance of under privileged children « cannot be just a question of the medium of instruction ». But high failure rate amongst under privileged children is a worldwide phenomenon, and the solution (even in part) is certainly not in teaching them in the language of slaves simply because some of their ancestors were enslaved. It is up to the relevant governments to ensure that children do not live in ghettos, that they have enough to eat and live for, while the rich live in palaces and indulge in gargantuan banquets.
The Mauritian unifying identity flows from the fact that the citizen is a holder of a Mauritian passport, not from a language once spoken by slaves. The life-blood of the true Mauritian identity draws from the origin, culture and religious belief of that Mauritian, hence the term « L’unité dans la diversité ». Mauritians of Indian cultures and traditions should avoid falling into the trap of slavery and its by-products, as well as the self-inflicted identity crisis which many have been led to believe they suffer from when they have their proper African identities and languages, and those Mauritian-Indians should preserve their true identities by speaking their own languages just like many Africans speak Swahili, for example. This does not prevent a Swahili or English speaking African from being an African nor does it prevent a Bhojpuri or French speaking Mauritian from being a Mauritian.
Bhojpuri
On the other hand, Bhojpuri is neither a language born in slavery nor a patois. Bhojpuri is often referred to as a dialect of Hindi, which is a language of civilization for over a millennium. In the 1960’s, Bhojpuri was the mother tongue of around 60% of Mauritians while many Mauritians spoke patois, which is a mixture of languages spoken differently in different regions of the country. The damage came with the political invention of French-based militant creole imported from the then French colonies and with an equally invented way of writing (which is still being invented) which infringes the pronunciation, spelling, grammar and rules of the mother language and imposed on the people through a complicit media. To make it more acceptable, the protagonists of this form of creole, which they wrongly spell ‘Kreol’, have been trying to compare Bhojpuri with creole, and several Mauritians of Bhojpuri origin seem to fall into this trap and used by Créolistes to foster their political ambition.
Bhojpuri shares its vocabulary with Sanskrit, Hindi, Urdu and related to several languages such as Maithili and Bangla. The Government of India has agreed to give Bhojpuri statutory recognition as a language in its own right. Also written in Kaithi and Nasta’liq scripts, Bhojpuri is normally written in the Devanagri script like Hindi. Most Bhojpuri literature in India and outside India is in Devanagri script. There are also several Bhojpuri dialects. Lal Bahadur Shastri and Chandra Shekar are famous Bhojpuri personalities, amongst so many others. There are also very many famous Bhojpuri writers, such as Viveki Rai, and Bhojpuri cinema needs no introduction. If Bhojpuri were a ‘creole’, it would have never been officially recognized in India. Mauritian militant linguists have invented a creole script which they call « graphie l’harmonie », wrongly spelt as « grafi larmoni », inspired from Haitian creole and where Shakespeare’s Macbeth is spelt and pronounced « Makbess », and Trajedy as « Trazedji » [ref. Dev Veerasawmy], and for which they are demanding statutory recognition. In the language of IT, one would call this GIGO – Garbage In Garbage Out !
The vast majority of Mauritians I know who speak to one another in what is commonly referred to as ‘creole’ only do so outside their homes. They certainly do no write to one another in ‘creole’ which is neither their mother tongue nor the life-blood of their Mauritian identity. Hence, Mr Surendra Bissoondoyal’s contentions that Bhojpuri is a spoken language like creole and that « All the components of the Mauritian population have adopted Kreol to communicate among themselves, which is a very important element of the Mauritian identity », are empirically unsubstantiated and totally misguided. [Ref. l’Express 04 March 2010 : « The underprivileged and the language issue »]. However, he rightly points out that the poor performance of under privileged children « cannot be just a question of the medium of instruction ». But high failure rate amongst under privileged children is a worldwide phenomenon, and the solution (even in part) is certainly not in teaching them in the language of slaves simply because some of their ancestors were enslaved. It is up to the relevant governments to ensure that children do not live in ghettos, that they have enough to eat and live for, while the rich live in palaces and indulge in gargantuan banquets.
The Mauritian unifying identity flows from the fact that the citizen is a holder of a Mauritian passport, not from a language once spoken by slaves. The life-blood of the true Mauritian identity draws from the origin, culture and religious belief of that Mauritian, hence the term « L’unité dans la diversité ». Mauritians of Indian cultures and traditions should avoid falling into the trap of slavery and its by-products, as well as the self-inflicted identity crisis which many have been led to believe they suffer from when they have their proper African identities and languages, and those Mauritian-Indians should preserve their true identities by speaking their own languages just like many Africans speak Swahili, for example. This does not prevent a Swahili or English speaking African from being an African nor does it prevent a Bhojpuri or French speaking Mauritian from being a Mauritian.
Eager bride, undecided groom
- By Sobhanund Seeparsad
- Published 03/11/2010
The Leader of the Opposition MMM is behaving like the bride who is eager to tie the knot to what looks like an undecided Labour groom who continues to remain evasive on the question of matrimony. While it's mum's the word for the groom, the bride is going round telling neighbours, prospective witnesses and guests that “we have agreed on key issues” but there are still “areas to discuss” and only “time will tell” if the marriage will be blessed.
The situation looks pretty confusing because the “yes” is only from one side. The bride's side. Meanwhile, the one-way flirting and wooing move is becoming increasingly embarrassing with a third suitor promising unflinching loyalty to the groom and calling the bride all names, including “beggar”, and “liar” and accusing the bride of engaging herself in a shameless “striptease.”
I am told, like in India, both parties, the suitor and the bride, are ready to accept all proposals from the groom—even the number of seats available to each family. Though the bride has been talking of at least 25, which remains to be confirmed, the suitor will be happy with what it gets as long it has one seat at the head of the table and the bride-to-be is booted out.
On the other hand, the bride finds the suitor ridiculous. She refuses even to talk about him and calls him “peti crétin” (little moron). For her, the suitor does not exist and will not be able to change the wedding plan or seduce the groom. The only one who seems to give her sleepless nights are two blue-eyed boys of the PMSD who are said to be very chummy with the groom.
“I don't see how we are going to co-exist with these kinds of people,” says the bride, adding, they are “disgusting”, “hysterical” , “ridiculous”, with the pill-popping crowd that hang around them. None of the two guys has to be around when she gets intimate with the groom, she keeps telling her kith and kin, her close confidantes, and matchmakers. There's always hope, and one has to be hopeful, as long as the groom doesn't give his final reply. Hasn't Abraham Lincoln said :"Determine that the thing shall be done, and then we shall find the way?"
The bride looks determined. She even takes the liberty of whispering around that in the last five years, the groom has messed up things, from worse to worst, and she is ready with a plan to change him and his habits. What she does not know is what she whispers in private echoes quite loudly in the groom's parlour and may push him to the point of saying an emphatic NO and leave her high and dry.
The situation looks pretty confusing because the “yes” is only from one side. The bride's side. Meanwhile, the one-way flirting and wooing move is becoming increasingly embarrassing with a third suitor promising unflinching loyalty to the groom and calling the bride all names, including “beggar”, and “liar” and accusing the bride of engaging herself in a shameless “striptease.”
I am told, like in India, both parties, the suitor and the bride, are ready to accept all proposals from the groom—even the number of seats available to each family. Though the bride has been talking of at least 25, which remains to be confirmed, the suitor will be happy with what it gets as long it has one seat at the head of the table and the bride-to-be is booted out.
On the other hand, the bride finds the suitor ridiculous. She refuses even to talk about him and calls him “peti crétin” (little moron). For her, the suitor does not exist and will not be able to change the wedding plan or seduce the groom. The only one who seems to give her sleepless nights are two blue-eyed boys of the PMSD who are said to be very chummy with the groom.
“I don't see how we are going to co-exist with these kinds of people,” says the bride, adding, they are “disgusting”, “hysterical” , “ridiculous”, with the pill-popping crowd that hang around them. None of the two guys has to be around when she gets intimate with the groom, she keeps telling her kith and kin, her close confidantes, and matchmakers. There's always hope, and one has to be hopeful, as long as the groom doesn't give his final reply. Hasn't Abraham Lincoln said :"Determine that the thing shall be done, and then we shall find the way?"
The bride looks determined. She even takes the liberty of whispering around that in the last five years, the groom has messed up things, from worse to worst, and she is ready with a plan to change him and his habits. What she does not know is what she whispers in private echoes quite loudly in the groom's parlour and may push him to the point of saying an emphatic NO and leave her high and dry.
The new PRB or Pol Rodère Boute
- By Bhishmadev Seebaluck
- Published 03/11/2010
Who would have ever, in the remotest recesses of his fertile imagination, created the picture of Paul Raymond Berenger with a bowl in his hand, begging for a coalition from Navin Ramgoolam? Who would have ever believed that from the height of his 40 years he would one day fall to the status of a nomad in the desert?
It may be true that everything is possible in politics, or that nothing is impossible, whichever way you want to look at it, but I had always thought that indecency had a limit, even in politics.
Ditto for l’amour-propre, or self respect if you prefer. But who bothers about self-respect anyway, or dignity? Certainly not PRB, or Pol Rodère Boute.
And to show his good faith, he is now in the process of rehearsing ways to whitewash the devil that he has been painstakingly painting black for the whole of the past decade and more. And all of a sudden, Sithanen’s hair won’t look like a laké sat (cat’s tail) in the bargain. To demonise somebody for decades and then suddenly to declare that he is the Holy Spirit in person, you really need to belong to a special sort of breed, have the necessary training, and power of licking back your own saliva.
PRB must be seeing a Deputy Prime Minister staring at him each time he peers into a mirror, and Navin Ramgoolam must be laughing his guts out whenever he casts his eyes on the leader of the opposition who wants to become the next Deputy Prime Minister by all means, any means.
We are told that Bérenger and Ramgoolam are engaged in talks of electoral alliance. But we presume it’s a one-way dialogue with Bérenger talking and Ramgoolam taking him for a ride. And Berenger has been enjoying the trip to the extent that he thinks he can now even dictate terms–he doesn’t want the PMSD in the yet-to –be concluded alliance.
How beggars can dream to be choosers is quite baffling.
It may be true that everything is possible in politics, or that nothing is impossible, whichever way you want to look at it, but I had always thought that indecency had a limit, even in politics.
Ditto for l’amour-propre, or self respect if you prefer. But who bothers about self-respect anyway, or dignity? Certainly not PRB, or Pol Rodère Boute.
And to show his good faith, he is now in the process of rehearsing ways to whitewash the devil that he has been painstakingly painting black for the whole of the past decade and more. And all of a sudden, Sithanen’s hair won’t look like a laké sat (cat’s tail) in the bargain. To demonise somebody for decades and then suddenly to declare that he is the Holy Spirit in person, you really need to belong to a special sort of breed, have the necessary training, and power of licking back your own saliva.
PRB must be seeing a Deputy Prime Minister staring at him each time he peers into a mirror, and Navin Ramgoolam must be laughing his guts out whenever he casts his eyes on the leader of the opposition who wants to become the next Deputy Prime Minister by all means, any means.
We are told that Bérenger and Ramgoolam are engaged in talks of electoral alliance. But we presume it’s a one-way dialogue with Bérenger talking and Ramgoolam taking him for a ride. And Berenger has been enjoying the trip to the extent that he thinks he can now even dictate terms–he doesn’t want the PMSD in the yet-to –be concluded alliance.
How beggars can dream to be choosers is quite baffling.
Still a long way to go
- By Nandini Bhautoo-Dewnarain
- Published 03/11/2010
It is impossible not be to cynical about the profusion of platitudes coming from the most improbable circles on the occasion of woman's day.
But beyond paying lip service to the notion of gender equality, our nation still has a long way to go before internalising the social reality of gender equality on a day to day basis, not just in the space of a celebration. Many of my students are girls from modest families. I see them hesitant to express themselves in class, hesitant to question the 'information' that is given to them, hesitant even to say their names out loud. I would like to see them more assertive in expressing their ideas, in challenging assumptions presented to them in class, assertive in expressing their opinions. But this is a tall order.
Because for the most part they come from families which have, unconsciously, from early on socialised them into deference and submission to the will of others. Is it not the popular belief that to be a good girl is to obey the will of others, whereas to try to have your way, to challenge 'elders' is a sure way to be slotted into the category 'bad'?
These families are perpetuating a state of affairs which has lasted for centuries- the patriarchal assumptions which control the freedom of woman and subordinate them to discourses of authority. After decades of socialisation into deference, perpetuated by social assumptions about proper behaviour, wherein they have to always defer to the will of others,, we expect these young adults to take their destiny in hand? How? These are the girls who will be the victims of all forms of social harrassment later in their adult life.
Be it the tyranny of married life with its perpetuation of discriminatory modes of behaviour, through different scales of expectations or be it in the work place, where often they fail to assert themselves and initiate a complex cycle of victimisation and internalised inferiority, which gets translated into their behaviour and sometimes in their very body language.
And yet side by side with this we know that it is the will, endurance and strength of women which lie behind all form of social progress- as they bring up children, they form the bulwark of the family. Despite all this, the modes of perception of women's identity remain very much tied to traditional assumptions and modes of social control. A small percentage of women are lucky to break out of the mould.
But it has to be ensured that this possibility is brought to the majority of women. That they learn self-assertiveness, despite or against the tyranny of the private and the public realms, it is imperative for upon this depends the social transformation that we wish to see in our nation.
But beyond paying lip service to the notion of gender equality, our nation still has a long way to go before internalising the social reality of gender equality on a day to day basis, not just in the space of a celebration. Many of my students are girls from modest families. I see them hesitant to express themselves in class, hesitant to question the 'information' that is given to them, hesitant even to say their names out loud. I would like to see them more assertive in expressing their ideas, in challenging assumptions presented to them in class, assertive in expressing their opinions. But this is a tall order.
Because for the most part they come from families which have, unconsciously, from early on socialised them into deference and submission to the will of others. Is it not the popular belief that to be a good girl is to obey the will of others, whereas to try to have your way, to challenge 'elders' is a sure way to be slotted into the category 'bad'?
These families are perpetuating a state of affairs which has lasted for centuries- the patriarchal assumptions which control the freedom of woman and subordinate them to discourses of authority. After decades of socialisation into deference, perpetuated by social assumptions about proper behaviour, wherein they have to always defer to the will of others,, we expect these young adults to take their destiny in hand? How? These are the girls who will be the victims of all forms of social harrassment later in their adult life.
Be it the tyranny of married life with its perpetuation of discriminatory modes of behaviour, through different scales of expectations or be it in the work place, where often they fail to assert themselves and initiate a complex cycle of victimisation and internalised inferiority, which gets translated into their behaviour and sometimes in their very body language.
And yet side by side with this we know that it is the will, endurance and strength of women which lie behind all form of social progress- as they bring up children, they form the bulwark of the family. Despite all this, the modes of perception of women's identity remain very much tied to traditional assumptions and modes of social control. A small percentage of women are lucky to break out of the mould.
But it has to be ensured that this possibility is brought to the majority of women. That they learn self-assertiveness, despite or against the tyranny of the private and the public realms, it is imperative for upon this depends the social transformation that we wish to see in our nation.
Celebration Time
- By Bhishmadev Seebaluck
- Published 03/11/2010
My dear Billy,
In Mauritius we are blessed to be able to celebrate both Women’s Day and Independence Day within just a few days, as both events do mark the lives of each and every individual. While everybody agrees that independence celebrations do arouse a spirit of patriotism among the whole population, it would be wrong to think that Women’s Day is the exclusivity of the feminine kind.
In the same way, had there been a Man’s Day, it would have involved the participation of women as well. But then, isn’t every day Man’s Day? Formerly they used to say that every dog has his day. So does he up to this day.
We are 42 years independent today, and we rejoice at it, because independence is God’s next best gift to that of life. It is also a positive sign that almost everybody in the country is making good use of our independence, although the word independence may mean so many different things to so many people.
Women are working towards more and more independence, to the point that quite often it’s the menfolk who are becoming dependent on the daughters of Venus.
In fact, in the history of mankind, never was there a time when men were not dependent on women. The general belief was that only woman was dependent on man because he was the one who went out to work in order to earn money for the family.But wasn’t the man also dependent on the woman who stayed back at home to prepare food for the family, wash their clothes, raise the children and do all the household chores for free?
Today we are talking of woman empowerment and applauding more and more women who are going out to work and becoming entrepreneurs. But right from the days of slavery, women have been toiling hard in the conditions that we know. Even later, in the days of indentured labour and afterwards, the labourers’ womenfolk have been working in the sugar cane fields, collecting fodder for the animals and wood for fuel, besides accomplishing all the household work.
Chinese women have been contributing in the shops while looking after the children, while almost every week their menfolk would go to the capital to buy the weekly supplies and spend the rest of the day gambling and taking opium.
While the labourers’ wives would work for lower wages in the sugarcane fields and also do the chores around the house, their husbands, in many cases, would spend their evenings in the shop drinking and would come home at dusk, often beat their wives, and throw away the food that they had prepared.
Of course, things have changed, but probably not the mentality in most instances.
Education has been highly instrumental in that change, and it is important to note that greater access to education has been made possible since independence. The moral progression of a people can scarcely begin till they are independent, both at individual and national levels. The word independence is united to the ideas of dignity and virtue; the word dependence, to the ideas of inferiority and corruption. Independence is the greatest of all human benefits without which no other can be truly enjoyed.
And so, my dear Billy, it is a very great leap forward that women in general have been making in the world as a whole and in Mauritius in particular. More and more women are coming up and showing their mettle by handling things that were hitherto left to men only. It’s no longer a man’s world - nor woman’s. God in His wisdom, has created both man and woman, to be complementary to each other. He never created one superior and one inferior.
Men and women have equal rights. It’s a pity that women should have had to fight for what is legitimately theirs.
In Mauritius we are blessed to be able to celebrate both Women’s Day and Independence Day within just a few days, as both events do mark the lives of each and every individual. While everybody agrees that independence celebrations do arouse a spirit of patriotism among the whole population, it would be wrong to think that Women’s Day is the exclusivity of the feminine kind.
In the same way, had there been a Man’s Day, it would have involved the participation of women as well. But then, isn’t every day Man’s Day? Formerly they used to say that every dog has his day. So does he up to this day.
We are 42 years independent today, and we rejoice at it, because independence is God’s next best gift to that of life. It is also a positive sign that almost everybody in the country is making good use of our independence, although the word independence may mean so many different things to so many people.
Women are working towards more and more independence, to the point that quite often it’s the menfolk who are becoming dependent on the daughters of Venus.
In fact, in the history of mankind, never was there a time when men were not dependent on women. The general belief was that only woman was dependent on man because he was the one who went out to work in order to earn money for the family.But wasn’t the man also dependent on the woman who stayed back at home to prepare food for the family, wash their clothes, raise the children and do all the household chores for free?
Today we are talking of woman empowerment and applauding more and more women who are going out to work and becoming entrepreneurs. But right from the days of slavery, women have been toiling hard in the conditions that we know. Even later, in the days of indentured labour and afterwards, the labourers’ womenfolk have been working in the sugar cane fields, collecting fodder for the animals and wood for fuel, besides accomplishing all the household work.
Chinese women have been contributing in the shops while looking after the children, while almost every week their menfolk would go to the capital to buy the weekly supplies and spend the rest of the day gambling and taking opium.
While the labourers’ wives would work for lower wages in the sugarcane fields and also do the chores around the house, their husbands, in many cases, would spend their evenings in the shop drinking and would come home at dusk, often beat their wives, and throw away the food that they had prepared.
Of course, things have changed, but probably not the mentality in most instances.
Education has been highly instrumental in that change, and it is important to note that greater access to education has been made possible since independence. The moral progression of a people can scarcely begin till they are independent, both at individual and national levels. The word independence is united to the ideas of dignity and virtue; the word dependence, to the ideas of inferiority and corruption. Independence is the greatest of all human benefits without which no other can be truly enjoyed.
And so, my dear Billy, it is a very great leap forward that women in general have been making in the world as a whole and in Mauritius in particular. More and more women are coming up and showing their mettle by handling things that were hitherto left to men only. It’s no longer a man’s world - nor woman’s. God in His wisdom, has created both man and woman, to be complementary to each other. He never created one superior and one inferior.
Men and women have equal rights. It’s a pity that women should have had to fight for what is legitimately theirs.
Quack doctors : Will Hon. Jeetah inquire ?
- By Ahmad Macky
- Published 03/10/2010
We often hear and read cases of alleged medical negligence by certain doctors (I say certain not all) these days in certain of our hospitals where patients suffer tremendously and some at the expense of their lives. It is high time that the Minister of Health starts making inquiries and probing into the qualifications of certain doctors in certain of our hospitals and medical centres in the rural areas.
On the other hand, the Medical Council of Mauritius needs to be reformed thoroughly. We all know that in the past, when two former Health Ministers, namely Kishore Deerpalsingh and Prem Nababsing interfered, they were advised by capable and enlightened officers of the National Accreditation Equivalence Council not to put the Medical Council in the position of Judge and party. Prior to this interference, everything was alright in the Health Sector. What has happened to the National Accreditation Equivalence Council? Was it too strict because he was doing a very good job in the past, that ‘vested’ interest conspired to phase it out and to distribute its power to various organizations such as MQA (Mauritius Qualification Authority), TEC, Engineering Council, Research Council, etc.? This ‘laissez-faire’ attitude of the government is already having its nefarious effects. One wonders how many bogus qualifications are around and the activities of diploma mills as well as distance education institutions of doubtful nature are flourishing. Already we heard many rumours that some quack doctors are already working in our hospitals and private clinics where their qualifications have been taken for granted.
The phenomenon of quack doctors is said to be more widespread in rural areas, where access to better medical facilities is rather difficult for the villagers due to cost and transport factors. This is where the quack doctors literally exploit the ignorance and poverty of innocent villagers. We should stigmatize the attitude of the Public Service Commission. Who appoints medical officers? The Minister of Health, Hon Jeetah needs to make few inquiries in some of our hospitals, medical centres and many “medical clinics”, which have been mushrooming over night that employed non-qualified medical staff who are allowed to give treatment, medicines and injection to patients who pay lots of monies
for their health care.
On the other hand, the Medical Council of Mauritius needs to be reformed thoroughly. We all know that in the past, when two former Health Ministers, namely Kishore Deerpalsingh and Prem Nababsing interfered, they were advised by capable and enlightened officers of the National Accreditation Equivalence Council not to put the Medical Council in the position of Judge and party. Prior to this interference, everything was alright in the Health Sector. What has happened to the National Accreditation Equivalence Council? Was it too strict because he was doing a very good job in the past, that ‘vested’ interest conspired to phase it out and to distribute its power to various organizations such as MQA (Mauritius Qualification Authority), TEC, Engineering Council, Research Council, etc.? This ‘laissez-faire’ attitude of the government is already having its nefarious effects. One wonders how many bogus qualifications are around and the activities of diploma mills as well as distance education institutions of doubtful nature are flourishing. Already we heard many rumours that some quack doctors are already working in our hospitals and private clinics where their qualifications have been taken for granted.
The phenomenon of quack doctors is said to be more widespread in rural areas, where access to better medical facilities is rather difficult for the villagers due to cost and transport factors. This is where the quack doctors literally exploit the ignorance and poverty of innocent villagers. We should stigmatize the attitude of the Public Service Commission. Who appoints medical officers? The Minister of Health, Hon Jeetah needs to make few inquiries in some of our hospitals, medical centres and many “medical clinics”, which have been mushrooming over night that employed non-qualified medical staff who are allowed to give treatment, medicines and injection to patients who pay lots of monies
for their health care.
Le drame de la pauvreté
- By Dr Diplal Maroam
- Published 03/10/2010
Le séisme qui a frappé Haïti le 12 janvier dernier est qualifié par les Nations unies comme le pire désastre humanitaire auquel l’Organisation a été confrontée jusqu’ici. Certes, le tsunami du 26 décembre 2004 en Asie a aussi été dévastateur, emportant des dizaines de milliers de vies mais les infrastructures, dans leur grande majorité, n’avaient pas été détruites. Premier État noir à accéder à l’Indépendance – en 1804 précisément –, la république d’Haïti a connu coups d’État et dictatures qui, associés aux malversations administratives, ont considérablement handicapé son décollage économique.
Aujourd’hui, beaucoup d’observateurs avancent que la catastrophe d’Haïti, c’est le drame de la pauvreté. Les images satellitaires qui ont fait le tour du monde sont épouvantables. C’est effectivement le manque de moyens financiers qui n’avaient pas permis la démolition des bâtiments vétustes pour les remplacer par des structures antisismiques comme avaient suggéré les experts quelques années de cela en se basant sur la ligne de rencontre des plaques caribéenne et américaine.
Si les pays riches – les États-Unis, la France, le Canada, etc. – ont été en première ligne pour venir en aide aux 3 millions de sinistrés – initiative hautement salutaire –, il convient toutefois de reconnaître qu’une assistance adéquate permettant à Haïti de sortir de son état de pauvreté et aussi de mettre en pratique les recommandations des experts aurait été beaucoup plus utile car elle aurait évité l’ampleur de la tragédie que le pays a connue. Ainsi, la proposition de Christine Lagarde, ministre français de l’Économie et des Finances, de rayer les dettes de Haïti aurait été beaucoup plus appropriée si elle avait été faite bien avant le séisme car le pays est le plus pauvre du continent américain et l’un des plus pauvres de la planète.
Aujourd’hui, beaucoup d’États sous-développés, particulièrement en Asie et en Afrique sont constamment exposés aux calamités naturelles, à la famine, aux maladies, etc. Mais fallait-il que des catastrophes se manifestent faisant des dizaines de milliers de victimes pour qu’une volonté concertée des pays riches se traduisent en une mobilisation de grande envergure pour venir en aide aux États concernés ? Nicolas Sarkozy a suggéré l’organisation d’une conférence internatio-nale pour la reconstruction de Haïti alors que le président Obama parle de l’une des plus grandes opérations de secours des Etats-Unis.
Aujourd’hui, un sixième de l’humanité souffre de sous-alimentation et 75% des victimes de SIDA sont africaines. Sans compter que 1,5 milliard de personnes sont touchées par un déficit chronique en eau potable et utilisent de l’eau impropre à la consommation. Alors que des milliards de dollars sont promptement soulevés pour maintenir sous perfusion un système économique qui a montré ses limites, dans ses rapports annuels, l’Unicef formule très souvent, de sévères critiques eu égard au faible taux de l’aide publique au développement accordée par les pays donateurs.
Car les premières victimes de la précarité et la pauvreté sont, bien évidemment, les enfants.
Aujourd’hui, beaucoup d’observateurs avancent que la catastrophe d’Haïti, c’est le drame de la pauvreté. Les images satellitaires qui ont fait le tour du monde sont épouvantables. C’est effectivement le manque de moyens financiers qui n’avaient pas permis la démolition des bâtiments vétustes pour les remplacer par des structures antisismiques comme avaient suggéré les experts quelques années de cela en se basant sur la ligne de rencontre des plaques caribéenne et américaine.
Si les pays riches – les États-Unis, la France, le Canada, etc. – ont été en première ligne pour venir en aide aux 3 millions de sinistrés – initiative hautement salutaire –, il convient toutefois de reconnaître qu’une assistance adéquate permettant à Haïti de sortir de son état de pauvreté et aussi de mettre en pratique les recommandations des experts aurait été beaucoup plus utile car elle aurait évité l’ampleur de la tragédie que le pays a connue. Ainsi, la proposition de Christine Lagarde, ministre français de l’Économie et des Finances, de rayer les dettes de Haïti aurait été beaucoup plus appropriée si elle avait été faite bien avant le séisme car le pays est le plus pauvre du continent américain et l’un des plus pauvres de la planète.
Aujourd’hui, beaucoup d’États sous-développés, particulièrement en Asie et en Afrique sont constamment exposés aux calamités naturelles, à la famine, aux maladies, etc. Mais fallait-il que des catastrophes se manifestent faisant des dizaines de milliers de victimes pour qu’une volonté concertée des pays riches se traduisent en une mobilisation de grande envergure pour venir en aide aux États concernés ? Nicolas Sarkozy a suggéré l’organisation d’une conférence internatio-nale pour la reconstruction de Haïti alors que le président Obama parle de l’une des plus grandes opérations de secours des Etats-Unis.
Aujourd’hui, un sixième de l’humanité souffre de sous-alimentation et 75% des victimes de SIDA sont africaines. Sans compter que 1,5 milliard de personnes sont touchées par un déficit chronique en eau potable et utilisent de l’eau impropre à la consommation. Alors que des milliards de dollars sont promptement soulevés pour maintenir sous perfusion un système économique qui a montré ses limites, dans ses rapports annuels, l’Unicef formule très souvent, de sévères critiques eu égard au faible taux de l’aide publique au développement accordée par les pays donateurs.
Car les premières victimes de la précarité et la pauvreté sont, bien évidemment, les enfants.






