Bhai Dinesh en héritier ?
- By Subash Gobine
- Published 6th January, 2008
La révélation de Dinesh Ramjuttun selon laquelle il pourrait partager un mandat premier ministériel fifty-fifty avec Paul Bérenger a, sans doute, autant scandalisé qu'amusé les lecteurs, dépendant de leurs préférences politiques.
En d'autres circonstances, on aurait mis pareils propos de Ramjuttun sur le compte d'un bluffeur en mal de publicité, en ce lent démarrage de la nouvelle année. Mais Ramjuttun n'est pas Mahen Napal. C'est un homme crédible, du moins du point de vue du leadership du MMM. Il est un allié du MMM et c'est à ce titre qu'il a récemment dîné avec Paul Bérenger.
Ramjuttun Premier ministre ? Et ce, avec le soutien des militants qui ont bravé coups de feu, matraquages, gaz lacrymogène, tabassages, emprisonnements, licenciements arbitraires et autres brimades encore, depuis 1969 ? Tant de sacrifices pour construire l'édifice du MMM et voilà qu'au bout de 40 ans, c'est Bhai Dinesh qui vient hériter des bijoux de la famille.
Il est fort improbable que Paul Bérenger lui ait fait une telle promesse. Bien que les hommes politiques n'hésitent jamais à brandir une carotte pour faire marcher les bourriques. D'où vient cette profonde conviction de Ramjuttun que Bérenger pourrait partager son mandat avec lui ? Tout comme il l'avait fait avec Anerood Jugnauth.
Une telle affirmation de Ramjuttun vient remettre en question de façon radicale toute possibilité de succession, concernant le leadership, à l'intérieur
même du MMM. Elle rend caduc un éventuel positionnement d'un élément mauve en vue d'une accession au poste de Premier ministre. Sont ainsi arbitrairement éliminés, comme menu fretin, les Jayen Cuttaree, Vishnu Lutchmeenaraidoo, Alan Ganoo, Rajesh Bhagwan, Pradeep Jeeha, Ajay Guness et autres Vijay Makhan.
Ramjuttun élimine d'office également des éléments vaish venus d'ailleurs, dont Ashock Jugnauth, Madun Dulloo, Anil Bachoo et encore Rohit Beedaysee, qui restent théoriquement des futurs alliés de Bérenger. L'humiliation est encore plus marquante pour Ashock Jugnauth, qui a choisi de tourner le dos à sa propre famille, appâté par le fauteuil premier ministériel. Pour Ramjuttun, ils sont tous quantité négligeable.
La déclaration de Ramjuttun élimine aussi le MSM des Jugnauth comme un futur allié. Il est inconcevable que Pravind Jugnauth serve comme ministre des Arts et de la Culture, ou des Coopératives, sous un gouvernement dirigé au départ par Bérenger, ensuite par Ramjuttun.
L'histoire du MMM a été marquée par la fabrication de monstres qui sont venus trahir la confiance des militants, une fois élus avec le soutien de l'électorat mauve. Dans le cas de Ramjuttun, les signes d'une future amère déception pour les militants sont là déjà. Bien avant les élections. Au moins pour une fois, les militants ne pourront venir, à posteriori, pleurer qu'ils ont été roulés dans la farine.
Et ce ne sera certainement pas la farine Made in China de Jeetah et Ah-Fat.
En d'autres circonstances, on aurait mis pareils propos de Ramjuttun sur le compte d'un bluffeur en mal de publicité, en ce lent démarrage de la nouvelle année. Mais Ramjuttun n'est pas Mahen Napal. C'est un homme crédible, du moins du point de vue du leadership du MMM. Il est un allié du MMM et c'est à ce titre qu'il a récemment dîné avec Paul Bérenger.
Ramjuttun Premier ministre ? Et ce, avec le soutien des militants qui ont bravé coups de feu, matraquages, gaz lacrymogène, tabassages, emprisonnements, licenciements arbitraires et autres brimades encore, depuis 1969 ? Tant de sacrifices pour construire l'édifice du MMM et voilà qu'au bout de 40 ans, c'est Bhai Dinesh qui vient hériter des bijoux de la famille.
Il est fort improbable que Paul Bérenger lui ait fait une telle promesse. Bien que les hommes politiques n'hésitent jamais à brandir une carotte pour faire marcher les bourriques. D'où vient cette profonde conviction de Ramjuttun que Bérenger pourrait partager son mandat avec lui ? Tout comme il l'avait fait avec Anerood Jugnauth.
Une telle affirmation de Ramjuttun vient remettre en question de façon radicale toute possibilité de succession, concernant le leadership, à l'intérieur
Ramjuttun élimine d'office également des éléments vaish venus d'ailleurs, dont Ashock Jugnauth, Madun Dulloo, Anil Bachoo et encore Rohit Beedaysee, qui restent théoriquement des futurs alliés de Bérenger. L'humiliation est encore plus marquante pour Ashock Jugnauth, qui a choisi de tourner le dos à sa propre famille, appâté par le fauteuil premier ministériel. Pour Ramjuttun, ils sont tous quantité négligeable.
La déclaration de Ramjuttun élimine aussi le MSM des Jugnauth comme un futur allié. Il est inconcevable que Pravind Jugnauth serve comme ministre des Arts et de la Culture, ou des Coopératives, sous un gouvernement dirigé au départ par Bérenger, ensuite par Ramjuttun.
L'histoire du MMM a été marquée par la fabrication de monstres qui sont venus trahir la confiance des militants, une fois élus avec le soutien de l'électorat mauve. Dans le cas de Ramjuttun, les signes d'une future amère déception pour les militants sont là déjà. Bien avant les élections. Au moins pour une fois, les militants ne pourront venir, à posteriori, pleurer qu'ils ont été roulés dans la farine.
Et ce ne sera certainement pas la farine Made in China de Jeetah et Ah-Fat.









