Ciblage ciblé
- By Subash Gobine
- Published 16th February, 2008
Rama Sithanen n’est pas au bout de ses peines malgré les chiffres éloquents qu’il ne manque pas de brandir à chacune de ses sorties publiques. Il a fait l’objet d’une attaque d’une rare violence de la part de sa colistière Nita Deerpalsing dans les colonnes de l’hebdomadaire Mauritius Times du vendredi 15 février.
Contesté déjà par l’Opposition, Sithanen a reconnu mardi sur les ondes de Radio Plus que sa politique ne fait pas l’unanimité au sein du gouvernement. Sithanen a parlé " d’hypocrites ". Entendez par cette expression des camarades de parti qui ne sont pas sincères dans leur soutien.
Outre les backbenchers et les ministres qui se démarquent de certain aspects de la politique Sithanen, il a été évident, depuis quelque temps, que le Premier ministre lui-même n’a jamais pris une position tranchante et sans ambiguïté en faveur de son ministre des Finances. Navin Ramgoolam soigne sa propre cote de popularité. L’on comprend donc pourquoi il l’a jugé sage de ne pas trop de mouiller en faveur de certains ministres, à l’instar de Sithanen, Jeetah et Sinatambou.
Sithanen a réussi jusqu’ici à imposer sa politique sur le démantèlement des subsides – un des fondements du Welfare State. La prochaine initiative – tout à fait logique – de cette politique vise à davantage les subsides quitte à cibler favorablement les plus démunis de la société.
Ainsi, Sithanen a expliqué comment les subsides sur le gaz ménager profitent davantage aux riches, qui utilisent différents appareils, qu’aux pauvres. Logiquement, les subsides devraient être alloués aux pauvres. Cet argument ne plaît pas à Mlle Deerpalsing. Elle a remis en question ce postulat particulier du ministre sur le gaz ménager.
Très adroitement, Nita Deerpalsing introduit l’élément Ramgoolam dans le débat. Elle prend sa défense et affirme que le PM est pris pour cible pour sa mollesse alléguée par les protagonistes de la politique ultra-libérale pratiquée par l’équipe de Sithanen.
Sithanen n’est pas au bout de ses peines. Trois grands défis l’attendent en cette année 2008. Sithanen va bon égrener des chiffres dans des discours politiques, mais il doit nécessairement obtenir le soutien inconditionnel du Premier ministre et de ses camarades de parti. Deuxièmement, comment expliquer aux consommateurs que le Foreign Direct Investment (FDI) a augmenté de façon spectaculaire si les prix ne cessent d’augmenter ne laissant aucun surplus de revenu aux salariés?
Enfin, sur le plan des subsides, une véritable catastrophe attend Maurice avec une hausse projetée, dans les mois à venir, de pas moins de 49% des prix des céréales. Ciblés ou pas, encore et toujours des subsides à la farine et au riz ne vont pas quitter le plat de Sithanen de sitôt. Ce qui remettra en question – et ce de façon fondamentale – sa politique d’efficience économique.
Contesté déjà par l’Opposition, Sithanen a reconnu mardi sur les ondes de Radio Plus que sa politique ne fait pas l’unanimité au sein du gouvernement. Sithanen a parlé " d’hypocrites ". Entendez par cette expression des camarades de parti qui ne sont pas sincères dans leur soutien.
Outre les backbenchers et les ministres qui se démarquent de certain aspects de la politique Sithanen, il a été évident, depuis quelque temps, que le Premier ministre lui-même n’a jamais pris une position tranchante et sans ambiguïté en faveur de son ministre des Finances. Navin Ramgoolam soigne sa propre cote de popularité. L’on comprend donc pourquoi il l’a jugé sage de ne pas trop de mouiller en faveur de certains ministres, à l’instar de Sithanen, Jeetah et Sinatambou.
Sithanen a réussi jusqu’ici à imposer sa politique sur le démantèlement des subsides – un des fondements du Welfare State. La prochaine initiative – tout à fait logique – de cette politique vise à davantage les subsides quitte à cibler favorablement les plus démunis de la société.
Très adroitement, Nita Deerpalsing introduit l’élément Ramgoolam dans le débat. Elle prend sa défense et affirme que le PM est pris pour cible pour sa mollesse alléguée par les protagonistes de la politique ultra-libérale pratiquée par l’équipe de Sithanen.
Sithanen n’est pas au bout de ses peines. Trois grands défis l’attendent en cette année 2008. Sithanen va bon égrener des chiffres dans des discours politiques, mais il doit nécessairement obtenir le soutien inconditionnel du Premier ministre et de ses camarades de parti. Deuxièmement, comment expliquer aux consommateurs que le Foreign Direct Investment (FDI) a augmenté de façon spectaculaire si les prix ne cessent d’augmenter ne laissant aucun surplus de revenu aux salariés?
Enfin, sur le plan des subsides, une véritable catastrophe attend Maurice avec une hausse projetée, dans les mois à venir, de pas moins de 49% des prix des céréales. Ciblés ou pas, encore et toujours des subsides à la farine et au riz ne vont pas quitter le plat de Sithanen de sitôt. Ce qui remettra en question – et ce de façon fondamentale – sa politique d’efficience économique.
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2 Responses to "Ciblage ciblé" 
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said this on 18 Feb 2008 10:52:41 PM MUT
Je ne vois pas pourquoi vous dites que c'est un langage d'une "rare violence". Nita Deerpalsingh sait-elle s'exprimer autrement?
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said this on 17 Feb 2008 1:47:51 AM MUT
A l’approche du prochain budget, Sithanen est devant un dilemne. Soit il maintient le cap de sa politique ultra-libérale avec ses conséquences désastreuses pour la population en termes d’inflation exacerbée, ce qui accenturera les inégalités économiques entre les classes sociales et rendra le gouvernement plus impopulaire. Soit il révise sa politique économique pour y intégrer une forte dose sociale en termes de subventions (riz, farine, droits d’examens de HSC) et d’aides financières directes aux plus pauvres. Les deux choix sont mutuellement exclusifs parce qu’ils se fondent sur des postulats économqiues différents. Avec la sortie de Nita Deerpalsingh contre les TINA-wallahs, il faut s’attendre à une levée des boucliers des parlementaires travaillistes contre Sithanen s’il devait poursuivre sa politique actuelle sans faire de concession ou de compromis. C’est la première fois dans l’histoire de Maurice qu’un ministre des Finances a si peu de crédibilité parmi ses propres partisans. Même Ringadoo avait pu obtenir l’adhésion de la majorité à sa politique de dévaluation de la roupie dans les années 80. A l’époque, SSR était solidement derrière Ringadoo. Or, Navin Ramgoolam ne fait pas montre d’un enthousiasme évident vis-à-vis de la politique de son ministre. Il souffle le chaud et le froid pour calmer ses troupes. Plusieurs fois, il est intervenu pour amortir le choc de mesures budgétaires. Sithanen marche sur la corde raide. Tôt ou tard elle se cassera à moins qu’il ne ravale son amour-propre encore une fois pour garder son portefeuille.
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