Festival de Nigauds
- By Subash Gobine
- Published 24th February, 2008
Rama Sithanen pourrait bien être vilipendé pour ses mesures budgétaires. On aura beau mettre tous les malheurs du pays sur son dos, il reste néanmoins un fin manipulateur de l'opinion publique, surclassant même Vishnu Lutchmeenaraidoo.
L’actuel Shadow Minister of Finance du MMM utilisait une recette classique. Avant la présentation du budget Lutchmeenaraidoo, les médias se livraient à de nombreuses spéculations sur des décisions douloureuses à venir, dont l'introduction de nouvelles taxes.
Mais, au moment de la présentation du budget, Lutchmeenaraidoo annonçait le contraire des spéculations auxquelles médias et opposition s'étaient livrés. « No tax budget », annonçait triomphalement Vishnu Lutchmeenaraidoo. C'est par miracle que les tables du Parlement survivaient aux tambourinages des ministres et des backbenchers gouvernementaux.
Sithanen utilise une tactique différente mais pas moins efficace. En février 2007, il annonce sa démission. Pendant plusieurs jours, médias, classe politique, citoyens, ménagères et chômeurs ne parlent que de Sithanen. C'était du cinéma dès le départ. Car la lettre de démission de Sithanen, tel un fantôme exorcisé par un ojha (sorcier) de Lallmatie, était restée coincée dans la poche du ministre.
Les févriers se ressemblent pour Sithanen. La version 2008 de son cinéma annuel s'inspire de la philosophie du ciblage. Nita Deerpalsing a été la première à entrer dans le piège. Les médias et la classe politique ont suivi.
Ce cinéma annuel arrange Sithanen. Les Mauriciens oublient les problèmes plus pressants, les augmentations des prix, l'indisponibilité de certains articles, l'insécurité grandissante et la perte de confiance dans l'avenir du pays.
On ne parle que de Sithanen. Le ciblage devient une question de vie ou de mort. Faut-il allouer la pension de vieillesse à tout le monde ? Faut-il subventionner la farine et le gaz des bourgeois comme des groupes vulnérables ?
On parle de Sithanen. On parle du ciblage dans le paiement des prestations sociales. Mais quid du ciblage dans la ponction des taxes ? Personne ne trouve scandaleux qu'on ne cible plus les compagnies les plus prospères et les hommes d'affaires les plus riches pour qu'ils contribuent davantage au financement des dépenses de l'Etat.
Eux, ils bénéficient de l'enlèvement du mécanisme de ciblage qui leur imposait des taxes de 25%, à un barème différent des autres. Comme le salarié taxable, les super riches paient eux aussi 15 %. On oublie que la roupie faible enrichit démesurément les exportateurs et les propriétaires d'hôtels, alors que cette même roupie diminue dramatiquement le pouvoir d'achat des chefs de famille.
Sithanen s'est maintenant assuré que le ciblage domine les débats jusqu'à la présentation de son budget en juin. Car on va encore spéculer sur ses propositions. Il n'y aura pas de ciblage au-delà de ce qui est déjà ciblé aujourd'hui. Quand il l'annoncera en juin, Sithanen sera alors acclamé comme le sauveur de ce qui reste du Welfare State.
Et que nous réserve Sithanen pour février 2009 ? L'abolition de l'éducation gratuite, sans doute. Les scénarios sont inépuisables.
L’actuel Shadow Minister of Finance du MMM utilisait une recette classique. Avant la présentation du budget Lutchmeenaraidoo, les médias se livraient à de nombreuses spéculations sur des décisions douloureuses à venir, dont l'introduction de nouvelles taxes.
Mais, au moment de la présentation du budget, Lutchmeenaraidoo annonçait le contraire des spéculations auxquelles médias et opposition s'étaient livrés. « No tax budget », annonçait triomphalement Vishnu Lutchmeenaraidoo. C'est par miracle que les tables du Parlement survivaient aux tambourinages des ministres et des backbenchers gouvernementaux.
Sithanen utilise une tactique différente mais pas moins efficace. En février 2007, il annonce sa démission. Pendant plusieurs jours, médias, classe politique, citoyens, ménagères et chômeurs ne parlent que de Sithanen. C'était du cinéma dès le départ. Car la lettre de démission de Sithanen, tel un fantôme exorcisé par un ojha (sorcier) de Lallmatie, était restée coincée dans la poche du ministre.
Les févriers se ressemblent pour Sithanen. La version 2008 de son cinéma annuel s'inspire de la philosophie du ciblage. Nita Deerpalsing a été la première à entrer dans le piège. Les médias et la classe politique ont suivi.
On ne parle que de Sithanen. Le ciblage devient une question de vie ou de mort. Faut-il allouer la pension de vieillesse à tout le monde ? Faut-il subventionner la farine et le gaz des bourgeois comme des groupes vulnérables ?
On parle de Sithanen. On parle du ciblage dans le paiement des prestations sociales. Mais quid du ciblage dans la ponction des taxes ? Personne ne trouve scandaleux qu'on ne cible plus les compagnies les plus prospères et les hommes d'affaires les plus riches pour qu'ils contribuent davantage au financement des dépenses de l'Etat.
Eux, ils bénéficient de l'enlèvement du mécanisme de ciblage qui leur imposait des taxes de 25%, à un barème différent des autres. Comme le salarié taxable, les super riches paient eux aussi 15 %. On oublie que la roupie faible enrichit démesurément les exportateurs et les propriétaires d'hôtels, alors que cette même roupie diminue dramatiquement le pouvoir d'achat des chefs de famille.
Sithanen s'est maintenant assuré que le ciblage domine les débats jusqu'à la présentation de son budget en juin. Car on va encore spéculer sur ses propositions. Il n'y aura pas de ciblage au-delà de ce qui est déjà ciblé aujourd'hui. Quand il l'annoncera en juin, Sithanen sera alors acclamé comme le sauveur de ce qui reste du Welfare State.
Et que nous réserve Sithanen pour février 2009 ? L'abolition de l'éducation gratuite, sans doute. Les scénarios sont inépuisables.





