La compagnie malaise CT Power est venue, de sa propre initiative, tenter sa chance dans le big business qu’est la production d’électricité à Maurice. De ce fait, la compagnie ne doit pas s’attendre à des faveurs de la part de l’Etat.

L’implantation de cette compagnie n’est pas innocente. Elle a été sans doute parrainée par des éléments prétendant avoir accès aux dirigeants du pays. CT Power compte brûler du charbon pour produire de l’électricité. C’est un procédé hautement pollua0nt, proscrit dans les pays civilisés qui misent sur l’énergie propre et renouvelable. Étant donné sa performance économique et surtout avec ses projets IRS et ses deux millions de touristes à venir, Maurice ne peut ne pas prendre l’option d’île propre.

Deux ans après la soumission d’une demande pour un certificat Environmental Impact Assessment (EIA) par CT Power, le gouvernement a pris la décision de faire appel à l’expertise d’un étranger pour se prononcer sur ce dossier. Au fait, on s’attend à une policy decision du gouvernement. Soit on autorise le charbon, soit on l’interdit. Dans ce cas, CT Power doit plier bagage.

Une décision ferme et sans équivoque s’impose. Si le gouvernement utilise des “delaying tactics” dans le cas CT Power pour ne prendre aucune décision, si certains prennent au sérieux les menaces de Paul Bérenger qu’il y a “fermé là-dans”, le grand perdant dans cette manoeuvre sera la population mauricienne. Car plus le temps passe, plus la demande d’électricité s’accroît.

Mais l’infrastructure de production ne connaît pas de nouveaux investissements. Ce qui fait que Maurice pourrait
connaître le même sort que l’Afrique du Sud, la plus grande puissance économique d’Afrique, qui n’a pas su planifier dans le temps sa production d’électricité. On sait que, pour des raisons ‘idéologiques’, le gouvernement travailliste ne compte pas encourager de nouveaux investissements d’envergure des barons sucriers. Le CEB n’a aucun projet d’expansion non plus. Ce qui laisse le pays en situation de vulnérabilité.

Il ne reste plus trop de solutions pour le pays. La solution la plus simple serait la consolidation du CEB en vue de lui donner le rôle de principal fournisseur d’énergie électrique dans le pays. Dans ce cas de figure, des investissements massifs devraient être entrepris par le CEB. Cet organisme n’a heureusement pas eu un colleur d’affiches comme Chairman. Patrick Assirvaden est un homme très compétent qui ne reculera pas devant un tel défi. Si le gouvernement ne compte pas donner davantage de moyens au CEB, l’autre choix serait d’encourager les investissements privés dans ce secteur. Pour qu’il y ait transparence et efficience, il faudra lancer une invitation locale comme internationale pour des expressions d’intérêt. Le gouvernement doit bien préciser le type de technologie qu’il favorise. On s’assurera ainsi de la participation des entreprises les plus performantes et les mieux équipées du secteur.

Les déboires de l’Afrique du Sud devraient nous servir de leçon. Maurice risque bien de chuter dans la catégorie de république bananière si des black-out se produisent à tout moment, comme cela se passe dans les pays les plus pauvres de la planète. La politique de petits copains locaux et étrangers pourrait mener au désastre dans ce business particulier. Après tout, la production d’électricité est loin d’être un business d’allocation de permis pour des échoppes à la plage.