Rama Sithanen a sciemment organisé deux crises cette année. Une première fois, il a soumis sa démission comme ministre, attirant sur lui maintes prises de position.
 
Puisqu'il n'avait pas adressé sa lettre de démission au Speaker ou au Président de la République – il n'est pas bête du tout –, il a regagné son bureau tranquillement. Non sans avoir laissé des plumes dans l'épreuve. Car le Premier ministre a maintenu sa décision de nommer Manou Bheenick à la tête de la Banque de Maurice. Et ce Bheenick se comporte maintenant de plus en plus comme le policy maker en matière de finances publiques.
 
Deuxième humiliation pour Sithanen : son poulain, Rajah Ramdaursing, attend toujours d'être nommé à la présidence du conseil d’administration de la State Bank.

La deuxième crise a été orchestrée en début de semaine. La non-participation de Sithanen a quelques conférences internationales a été présentée comme un drame national. Un peu comme un 11 septembre à la mauricienne. Le ministre a finalement récolté son per diem, collecté son billet d'avion et pris le
chemin de l'aéroport. Le 11 septembre mauricien a été évité de justesse.

Merci Rama.

Le deuxième numéro de cinéma a tourné à l'avantage de Sithanen. Les mesures fiscales touchant les contribuables ont été maintenues, y compris la taxe résidentielle et l'impôt sur les intérêts bancaires – deux mesures particulièrement contestées par l'électorat travailliste. De plus, Sithanen n'aura aucun compte à rendre à Ramjuttun. Au contraire, le Premier ministre lui a exprimé son soutien total.
 
Ce n'est que partie remise pour Sithanen. Car il sera une nouvelle fois au centre de l'actualité, le mois prochain, quand l’Assemblée nationale va se réunir pour approuver le budget supplémentaire de l'État. Son coup de force de lundi dernier a été bien conçu. Car avec les critiques internes sur son budget, la contestation aurait pris le chemin de l'escalade avant de déboucher sur le budget supplémentaire de novembre.
 
En obtenant le soutien sans réserves du Premier ministre, Sithanen met fin à la contestation interne pour pouvoir mieux affronter l'opposition. Surtout une opposition parlementaire dirigée dorénavant par le pugnace Paul Bérenger. Un Bérenger soutenu dans la rue sous peu par le corrosif et dévastateur Dinesh Ramjuttun.