Des mesures gouvernementales s'imposent afin que la Fête du Travail ne soit pas piratée et perturbée par le mouvement créoliste dit mobilisateur du prêtre Jocelyn Grégoire. Le terme « Créole » dérive bien de la servitude et non de la liberté.

Jocelyn Grégoire nous révèle son manifeste politique et économique dans une entrevue publiée dans l'hebdomadaire Défi Plus du 8 mars 2008, reprenant ses revendications lors de sa manifestation du 28 octobre 2007 aux Champs de Mars, ainsi que celles déjà rendues public [v. par exemple, son entrevue précédente dans le Mauritius Times du 1 février 2008].

Sa passion pour la justice économique, sociale et politique pour les Chrétiens mauriciens d'origine africaine (malgache incluse), qu'il appelle Créoles, est tout à fait légitime.Mais, quel dommage de le voir adopter une identité considérée par bien des gens comme dégradante et sélectivement discriminatoire et qu'il essaie de valoriser à la française et d'imposersur la nation en faisant pression sur le gouvernement mauricien. M.Grégoire veut une reconnaissance des 'Christian Creoles' au niveau constitutionnel et menace d'accaparer les célébrations de la Fête du Travail du 1er mai 2008, en appelant une autre mobilisation.Mais, en tant que prêtre catholique, n'est-ce pas son devoir d'informer le public mauricien s'il a l'approbation de sa hiérarchie ecclésiastique ? Je remercie le Défi Plus de publier cette mise au point.

Identité africaine et non créole

Il est de mon devoir de rappeler aux Mauriciennes et aux Mauriciens le fond de cette triste affaire « créoliste ».Dérivé de l'espagnole criollo ou du portugais crioulo, le terme Créole (confondu souvent à tort avec métis)se dit « d'une personne de pure race blanche » ou d'un « parler né à l'occasion de la traite des esclaves noirs (XVIe-XIXe s.) »À travers ce parler, les esclaves furent identifiés par leurs maîtres comme Créoles eux-mêmes.Comme le terme anglais « Nigger », le terme Créole (Noir) fut toujours considéré comme un terme péjoratif et raciste, ce qui est aussi confirmé par Mme Danielle Palmyre du diocèse de Port-Louis. [v. « Construction et stratégies identitaires pour les Créoles », le Mauricien 31/01/00 et 01/02/00.]

Au niveau du parler, il est à noter que le créole est un patois, mais tous les patois ne sont pas créoles. Suite à la conquête de Maurice par les Anglais en 1810 et l'immigration massive hindoustanaise, par interaction culturelle et linguistique, les Mauriciens commencèrent à communiquer en un différent patois, un sabir qui est une « langue factice composée d'éléments variés ».Les esclaves, enfin libérés, étaient bien sûr ravis de retrouver leurs propres identités africaines, qui sont tant biologiques que culturelles.Mais, le fait demeure que le terme « Créole » dérive bien de la servitude et non de la liberté.

Politique de la créolité

En dérogation à leur laïcité, les machiavels français et francophones mirent en place une politique « créoliste » pour faire croire aux Créoles non biologiques des Départements français d'outre-mer (comme la Réunion, la Guadeloupe, etc.)que ces derniers devaient défendre leur « créolité » parce qu'ils avaient une « langue créole », une « culture créole » à défendre, à condition, bien sûr, qu'ils soient éternellement reconnaissants à la France de ce cadeau inestimable.Le but était de les faire nier leur identité biologique africaine que la France considère rétrograde.Mais, cette politique « créoliste » ne concerne, bien sûr, que les « Créoles chrétiens » et exclue les Créoles musulmans et hindouistes. Et, nous voyons cette démarche discriminatoire empoisonner en fait d'autres pays 'francophones', notamment l'île Maurice sous forme de créolité ou de créolisme, l'Algérie sous forme de kabylité ou de kabylisme.

Certains protagonistes prétendent que les dits Créoles d'aujourd'hui incluent les Asiatiques et les Européens avec des facettes multiples, sans spécifier lesquels, et que cette créolité se "réivente toujours", sans expliquer comment non plu [Ref. Jean-Clément Cangy, « Esclavage, Négritude et Créolité », le Mauricien 3 décembre 2007].Ils pensent aussi à tort que les « métissés » sont des Créoles.Il n'est pas surprenant qu'il règne alors une confusion totale.Même le Vicaire Générale, M. Jean Maurice Labour, parle du problème de l'identité des Créoles et dit que Jocelyn Grégoire dérange l'Église.

Pourquoi Jocelyn Grégoire et d'autres veulent-ils une reconnaissance des « Créoles chrétiens » au niveau constitutionnel et non des Chrétiens tout court, dans le même cadre que les Musumans et les Hindouistes?M. Grégoire dit que l'esclavage fut un « crime contre l'humanité », ce qui n'est que pure vérité.Mais, quand ila rassemblé entre 20,000 et 70,000 (?) personnes aux Champs-de-Mars le 28 octobre 2007, ce n'était pas pour revendiquer une reconnaissance constitutionnelle que l'esclavage fut un crime contre l'humanité, mais son agenda est tout autre.« La créolité » est son cheval de Troie tout comme l'autonomie l'est pour les dits Créoles rodriguais.

M. Grégoire se sert de cette stratégie pour forcer l'introduction, dans le Service Civil, d'une certaine forme de discrimination positive (encore une fabrication néo-esclavagiste) pour corriger, d'après lui, une injustice causée par un système discriminatoire à l'encontre des Créoles chrétiens que pratique la Public Service Commission. En même temps, il ne semble pas être concerné par le déséquilibre qui existe dans le secteur privé.Il est aussi fort étrange qu'il ne soit pas non plus concerné par une compensation.Pourquoi ne pas adresser ses réclamations aux Français eux-mêmes, aux descendants des esclavagistes, les architectes de l'esclavage, et mener campagne contre cette nouvelle forme d'esclavage qu'est « la créolité » dont il se fait le porte-parole ?

Conclusion

Le « parler créole des esclaves » ne se parle plus à Maurice.Et, il ne peut être prouvé que cette tradition orale et cette culture des esclaves enchaînés perdurent toujours, surtout 173 ans après que les chaînes furent brisées. Il est triste de constater cependant que d'autres chaînes lient toujours certains à leurs anciens maîtres.Quand je dis que je parle patois et non créole, je mets quiconque au défi de me prouver le contraire !

Alors que la langue française identifie comme Créole celui qui parle créole, elle n'identifie pas comme Patois quelqu'un qui parle patois.La langue officielle de l'île Maurice est l'anglais et non le créole ou le patois.Le terme esclavagiste « Créole » dérive de la servitude et non de la liberté.Quand certains écrivent ce 'créole' à travers les médias, le faisant systématiquement passer pour « la langue des Mauriciens », c'est une insulte à notre intelligence !La constitution mauricienne ne peut être manipulée dans le but d'un endoctrinement politique au fil des jours pour inclure une revendication discriminatoire et raciste, voire fictive même.Les Américains d'origine africaine sont fiers d'être des African-Americans et non Créoles?

Admettons que la République mauricienne n'est pas un État laïque et que le religieux Jocelyne Grégoire a tout le droit, avec l'approbation de la hiérarchie de l'Église catholique, de faire des mobilsations et revendications politiques pour ses semblables, est-il justifié de faire une mobilisation créoliste et revendiquer la créolité des Départements français pour empoisonner les célébrations à l'occasion de la Fête du Travail à Maurice?Certainement pas !Des mesures gouvernementales s'imposent !