M Rafic Soormally (guest)
Born of Hindustani parents, Idrice Soormally and Bibi Rabiah Soormally (born Chaumoo) in Curepipe, and holder of Accounting, Finance, Economics (including Politics), Marketing and Law qualifications, I have been writing since 2000. Several of my articles have been published in Mauritius, Pakistan, Iran, UK. I also write regularly for the Mauritian Abroad Magazine in the UK. Many of my articles have been posted across the web, ranging from the Washington Post to Netherlands Radio Worldwide.
Le créolisme menaçant du prêtre Jocelyn Grégoire
- By M Rafic Soormally (guest)
- Published 11th March, 2008
Jocelyn Grégoire nous révèle son manifeste politique et économique dans une entrevue publiée dans l'hebdomadaire Défi Plus du 8 mars 2008, reprenant ses revendications lors de sa manifestation du 28 octobre 2007 aux Champs de Mars, ainsi que celles déjà rendues public [v. par exemple, son entrevue précédente dans le Mauritius Times du 1 février 2008].
Sa passion pour la justice économique, sociale et politique pour les Chrétiens mauriciens d'origine africaine (malgache incluse), qu'il appelle Créoles, est tout à fait légitime.Mais, quel dommage de le voir adopter une identité considérée par bien des gens comme dégradante et sélectivement discriminatoire et qu'il essaie de valoriser à la française et d'imposersur la nation en faisant pression sur le gouvernement mauricien. M.Grégoire veut une reconnaissance des 'Christian Creoles' au niveau constitutionnel et menace d'accaparer les célébrations de la Fête du Travail du 1er mai 2008, en appelant une autre mobilisation.Mais, en tant que prêtre catholique, n'est-ce pas son devoir d'informer le public mauricien s'il a l'approbation de sa hiérarchie ecclésiastique ? Je remercie le Défi Plus de publier cette mise au point.
Identité africaine et non créoleIl est de mon devoir de rappeler aux Mauriciennes et aux Mauriciens le fond de cette triste affaire « créoliste ».Dérivé de l'espagnole criollo ou du portugais crioulo, le terme Créole (confondu souvent à tort avec métis)se dit « d'une personne de pure race blanche » ou d'un « parler né à l'occasion de la traite des esclaves noirs (XVIe-XIXe s.) »À travers ce parler, les esclaves furent identifiés par leurs maîtres comme Créoles eux-mêmes.Comme le terme anglais « Nigger », le terme Créole (Noir) fut toujours considéré comme un terme péjoratif et raciste, ce qui est aussi confirmé par Mme Danielle Palmyre du diocèse de Port-Louis. [v. « Construction et stratégies identitaires pour les Créoles », le Mauricien 31/01/00 et 01/02/00.]
Au niveau du parler, il est à noter que le créole est un patois, mais tous les patois ne sont pas créoles. Suite à la conquête de Maurice par les Anglais en 1810 et l'immigration massive hindoustanaise, par interaction culturelle et linguistique, les Mauriciens commencèrent à communiquer en un différent patois, un sabir qui est une « langue factice composée d'éléments variés ».Les esclaves, enfin libérés, étaient bien sûr ravis de retrouver leurs propres identités africaines, qui sont tant biologiques que culturelles.Mais, le fait demeure que le terme « Créole » dérive bien de la servitude et non de la liberté.
Politique de la créolitéEn dérogation à leur laïcité, les machiavels français et francophones mirent en place une politique « créoliste » pour faire croire aux Créoles non biologiques des Départements français d'outre-mer (comme la Réunion, la Guadeloupe, etc.)que ces derniers devaient défendre leur « créolité » parce qu'ils avaient une « langue créole », une « culture créole » à défendre, à condition, bien sûr, qu'ils soient éternellement reconnaissants à la France de ce cadeau inestimable.Le but était de les faire nier leur identité biologique africaine que la France considère rétrograde.Mais, cette politique « créoliste » ne concerne, bien sûr, que les « Créoles chrétiens » et exclue les Créoles musulmans et hindouistes. Et, nous voyons cette démarche discriminatoire empoisonner en fait d'autres pays 'francophones', notamment l'île Maurice sous forme de créolité ou de créolisme, l'Algérie sous forme de kabylité ou de kabylisme.
Certains protagonistes prétendent que les dits Créoles d'aujourd'hui incluent les Asiatiques et les Européens avec des facettes multiples, sans spécifier lesquels, et que cette créolité se "réivente toujours", sans expliquer comment non plu [Ref. Jean-Clément Cangy, « Esclavage, Négritude et Créolité », le Mauricien 3 décembre 2007].Ils pensent aussi à tort que les « métissés » sont des Créoles.Il n'est pas surprenant qu'il règne alors une confusion totale.Même le Vicaire Générale, M. Jean Maurice Labour, parle du problème de l'identité des Créoles et dit que Jocelyn Grégoire dérange l'Église.
Pourquoi Jocelyn Grégoire et d'autres veulent-ils une reconnaissance des « Créoles chrétiens » au niveau constitutionnel et non des Chrétiens tout court, dans le même cadre que les Musumans et les Hindouistes?M. Grégoire dit que l'esclavage fut un « crime contre l'humanité », ce qui n'est que pure vérité.Mais, quand ila rassemblé entre 20,000 et 70,000 (?) personnes aux Champs-de-Mars le 28 octobre 2007, ce n'était pas pour revendiquer une reconnaissance constitutionnelle que l'esclavage fut un crime contre l'humanité, mais son agenda est tout autre.« La créolité » est son cheval de Troie tout comme l'autonomie l'est pour les dits Créoles rodriguais.
M. Grégoire se sert de cette stratégie pour forcer l'introduction, dans le Service Civil, d'une certaine forme de discrimination positive (encore une fabrication néo-esclavagiste) pour corriger, d'après lui, une injustice causée par un système discriminatoire à l'encontre des Créoles chrétiens que pratique la Public Service Commission. En même temps, il ne semble pas être concerné par le déséquilibre qui existe dans le secteur privé.Il est aussi fort étrange qu'il ne soit pas non plus concerné par une compensation.Pourquoi ne pas adresser ses réclamations aux Français eux-mêmes, aux descendants des esclavagistes, les architectes de l'esclavage, et mener campagne contre cette nouvelle forme d'esclavage qu'est « la créolité » dont il se fait le porte-parole ?
ConclusionLe « parler créole des esclaves » ne se parle plus à Maurice.Et, il ne peut être prouvé que cette tradition orale et cette culture des esclaves enchaînés perdurent toujours, surtout 173 ans après que les chaînes furent brisées. Il est triste de constater cependant que d'autres chaînes lient toujours certains à leurs anciens maîtres.Quand je dis que je parle patois et non créole, je mets quiconque au défi de me prouver le contraire !
Alors que la langue française identifie comme Créole celui qui parle créole, elle n'identifie pas comme Patois quelqu'un qui parle patois.La langue officielle de l'île Maurice est l'anglais et non le créole ou le patois.Le terme esclavagiste « Créole » dérive de la servitude et non de la liberté.Quand certains écrivent ce 'créole' à travers les médias, le faisant systématiquement passer pour « la langue des Mauriciens », c'est une insulte à notre intelligence !La constitution mauricienne ne peut être manipulée dans le but d'un endoctrinement politique au fil des jours pour inclure une revendication discriminatoire et raciste, voire fictive même.Les Américains d'origine africaine sont fiers d'être des African-Americans et non Créoles?
Admettons que la République mauricienne n'est pas un État laïque et que le religieux Jocelyne Grégoire a tout le droit, avec l'approbation de la hiérarchie de l'Église catholique, de faire des mobilsations et revendications politiques pour ses semblables, est-il justifié de faire une mobilisation créoliste et revendiquer la créolité des Départements français pour empoisonner les célébrations à l'occasion de la Fête du Travail à Maurice?Certainement pas !Des mesures gouvernementales s'imposent !
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8 Responses to "Le créolisme menaçant du prêtre Jocelyn Grégoire" 
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said this on 12 Mar 2008 7:17:35 PM MUT
Si la langue officielle de Maurice est l'anglais, alors les Mauriciens ont pour langue officielle un patois composé d'un mélange de normand, de saxon et de latin. Ce patois n'a évolué au statut de langue que parce que les personnes qui le parlaient se sont émancipés du regard hautain de leurs voisins français qui, puisque leur langue était celle de la royauté, pensaient parler une langue plus pure.
Ce sont les gens qui parlent une langue qui la font vivre et dictent sa destinée, pas les préjugés moyen-âgeux. Le créole appartient à l'avenir des Mauriciens. Vive le créole! |
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said this on 16 Mar 2008 4:15:53 PM MUT
Thank you for your response.
I stated that English is the “official language” of Mauritius; I did not say that it is the spoken language of Mauritians. “Down to Earth” misunderstands the meaning of “official language”. « An official language is a language that is given a special legal status in a particular country, state, or other territory. Typically a nation's official language will be the one used in that nation's courts, parliament and administration. » His misunderstanding has led him to conclude wrongly that « les Mauriciens ont pour langue officielle un patois composé d'un mélange de normand, de saxon et de latin ». I can only refer him back to my article where I clearly stated that « Au niveau du parler, il est à noter que le créole est un patois, mais tous les patois ne sont pas créoles. Suite à la conquête de Maurice par les Anglais en 1810 et l'immigration massive hindoustanaise, par interaction culturelle et linguistique, les Mauriciens commencèrent à communiquer en un différent patois, un sabir qui est une « langue factice composée d'éléments variés » ». This Mauritian patois contains many Hindustani, Tamil, English and French words and varies from region to region. “Down to earth” is not even able to explain what he understands by ‘Creole’ and where it comes from. But he makes a sweeping statement that « Le créole appartient à l'avenir des Mauriciens ». Therefore, he (or she) wants to include in the Mauritian Constitution a ‘Creole’ which has neither a past nor a present but an unknown future. Let me assure him that no Mauritian in his right mind can subscribe to such a futuristic Creole. The vast majority of Mauritians do not have a slave ancestry. Creole is a European term which belongs in slavery and this is where it should remain. |
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said this on 16 Mar 2008 4:31:45 PM MUT
"Creole is a European term which belongs in slavery and this is where it should remain." - Totally agree with you there. At last I've found someone who shares my point of view. :)
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said this on 12 Mar 2008 8:18:09 PM MUT
what a same my dear for what you write father Gregoire have all the right to stand and fight for creole because we did not belong to any politician why are you shouting and crying whats about voice of hindu union musulman and others .
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said this on 16 Mar 2008 4:30:19 PM MUT
As far as the comments of “geto” are concerned, I accept that the priest Jocelyn Grégoire has the right to speak for the welfare of his fellow Christians in terms of their welfare. But he is making the same mistake as “Down to earth” by trying to force something he does not even know and understand but merely because his masters have told him so. Laïcité is a political concept which does not recognise religion, race or community. France decided to derogate from this principle in order to ‘recognise’ the ‘Creole communities’ in her overseas departments and in France proper in an attempt to prevent them from looking for their true African identities which she considers as backward. This view is shared by many people of African origins too. Those who are ashamed of their true identities are like those who are ashamed of their mothers’ wombs.
Mauritius is not a French Department, but this politics have been exported to us as well. Over 50% of Mauritians of African origins were Swahili Muslims from Mozambique who became Catholics as per the religion of their masters. Many have become Muslims again, and, to my dislike, they are often referred to as « Créoles lascar ». Grégoire’s ‘Creole’ can only be Christian, which is a very racist approach. Today’s Creole is a political racist Creole which no one wants, except pro-French racists themselves. Be proud to be an AFRICAN-MAURITIAN ! |
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said this on 16 Mar 2008 4:34:43 PM MUT
You couldn't have explained it any better Mr Rafic. But unfortunately for some of them creole-extremists (speaking of the language here), you've used the wrong language to do it. ;-)
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said this on 17 Mar 2008 1:36:46 AM MUT
Dear M. Soormally,
please make sure that your facts are right or at least that you cite your sources. I have singled out three excerpts from your article that I find questionable. "Over 50% of Mauritians of African origins were Swahili Muslims from Mozambique who became Catholics as per the religion of their masters." According to wikipedia, Muslims in contemporary Mozambique do not exceed 20%. Granted that there was a higher proportion of Muslims at the time of the slave trade, your claim that all of them were Muslims is nevertheless exaggerated. Secondly, the term 'Swahili Muslims' is bizarre: Swahili is a language, not usually associated with an ethnic group. A number of people whose first language is different speak Swahili as a second language, or lingua franca. There are around 40 languages in Mozambique, so the term 'Swahili Muslims' is even more far-fetched. « Au niveau du parler, il est à noter que le créole est un patois, mais tous les patois ne sont pas créoles. » Please define the term 'patois' with respect to Creole : you will find that their definitions overlap. Patois is a non-standard variety of a language spoken locally within a delimited geographical area : it is mostly used for forms of French dialects in rural communities. The term Creole, which you have rightly pointed out, comes from Spanish, applies to people and to languages. Creole languages is used in academic circles worldwide to describe languages that have emerged after colonisation : there are Spanish Creoles, English Creoles, Portuguese Creoles and more. The use of the word Creole in Mauritius to refer to a particular ethnic group is rather a local phenomenon. « Suite à la conquête de Maurice par les Anglais en 1810 et l'immigration massive hindoustanaise, par interaction culturelle et linguistique, les Mauriciens commencèrent à communiquer en un différent patois, un sabir qui est une « langue factice composée d'éléments variés ». » You seem to suggest that the contemporary Creole developed out of a sabir (another term for mixed language) that evolved after Indian immigration : so in what language would the slaves hava been speaking prior to the arrival of the indentured labourerers ? French ? Scholars tend to agree that Mauritian Creole developed well before Indian labourers were brought in : court proceedings from early 19th century (and even before I think) show evidence of statements given in Creole. You might even find short sentences in Creole. |
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said this on 17 Mar 2008 8:39:35 PM MUT
REPLY TO ‘MUSH ALI’
If you have singled out 3 excepts from my article that you find « questionable », I take it that you do not find the rest questionable. Since, like the other contributors, you have taken the trouble to post a reply, the least I can do is address your questions. 1. You question the 50% Swahili Muslims who I argue were among the slaves who were brought to Mauritius by the slavers. You also find the term ‘Swahili Muslims’ « bizarre ». (a) Swahili is Arabic for « coastal dweller ». Hence, Swahilis are coastal dwellers on the east coast of Africa ranging from Mozambique to Somalia, and forming part of the Swahili civilisation. Those Swahilis spoke a language also called Swahili, a language derived from Arabic, like Bantu. The majority of Swahilis were Muslims. Hence, there were Swahili Muslims, Swahili Christians. There is nothing bizarre about those terms. If you wish to refer to the Swahili slaves as ‘Creoles’, then there were also Christian Creoles and Muslim Creoles. To your displeasure, Swahilis do not only denote ethnicity based upon language and culture, they are also part of a civilisation. Swahili towns are the products of a Persian and Arab Diaspora that had spread around the Indian Ocean. Although the Swahili civilisation has been destroyed by slavers, the Swahili language is still widely spoken in Tanzania and Kenya and used as a medium of instruction in Tanzanian schools and colleges, and as the language of official government business in both countries. (b) In questioning the 50% figure concerning the Muslim slaves who were brought to Mauritius, you refer to ‘Wikipedia’ as mentioning 20% of Muslims in contemporaty Mozambique but accept that there was a higher proportion of Muslims in Mozambique at the time of slavery. Therefore, you are effectively agreeing with me. Now, Wikipedia is an online encyclopedia which may contain many facts, but it is one of the most unreliable sources that exist. I would rather you quote a Swahili source. 2. If you accept that the word « Creole » comes from Spanish, then you must stick to the proper definition of the word. Firstly, it refers to a White European born in European colonies, a reference which those whites reject anyway. Secondly, it refers to a person identified by a spoken language born in slavery. The French used to call the creole languate a « baragouin ». All those creoles which you mention, Spanish Creole, Portuguese Creole, English Creole, French Creole, are all patois and referred to as the language of the street. They are never used in academic circles. But there are also other types of patois, such as Arabic patois, Chinese patois, Russian patois, but they are not referred to as creoles because they were not born in slavery. Those patois are sometimes used in academic circles. 3. Prior to the arrival of indentured labourers in Mauritius, slaves used to speak in a French-based creole, which a child could have deduced from what I stated. Court statements were phonetically recorded in the creole spoken language, as you correctly state, in early 19th century, at the time when slavery was just or in the process of being abolished and immigration from the Indian subcontinent engaged. In fact, you are not questioning what I said, but merely confirming it. However, you have obliterated the evolution of the language of communication in Mauritius since the abolition of slavery. The contemporary language of Mauritians is a patois (a sabir) and not a creole. Creole is found in slavery and not in freedom. Professor David B. Lingiah states in no uncertain terms that (i) « There are no professional oral historians to collect and interpret the rich oral tradition that exists among the population of Afro-Malagasy descent »; (ii) « No archaeologists are available to investigate slave sites to enable better understanding of the culture and sociology of slavery and marronage »; (iii) « There are no historical anthropologists to collect ethnographic information on musical and dance traditions derived from slaves ». What we are witnessing in Mauritius is a racist political creole imported from France. This is a most bizarre creole which no one can define but which is being imposed upon the Mauritian people through sheer propaganda. It is a fascist and supremacist creole. The creole language and culture of slaves have long been dead. Mauritius should forge ahead in freedom and not in the bondage of ‘créolité’. |
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