Classification ethnique
Au moins, on l’aura entendu. Un chef de gouvernement mauricien qui affirme qu’il est grand temps d’abolir la classification ethnique, c’est du jamais vu ! SSR était le Père de la nation, son fils sera peut-être le Père du début de la construction du mauricianisme. Il était grand temps d’en finir avec ce legs, hérité des Britanniques. D’ailleurs, de plusieurs secteurs, des voix s’élevaient pour réclamer la fin de la classification ethnique des Mauriciens. Mais certaines étaient beaucoup plus symboliques. Les juges Seetulsingh et Balancy ont d’ailleurs préconisé cette abolition dans leurs jugements respectifs. Le premier avait précisé qu’il y a « une façon de vivre à la mauricienne qui transcende les communautés ». Le second, quant à lui, avait estimé que le caractère démocratique était si important dans la Constitution que le fait de ne pas décliner sa communauté en se portant candidat à des législatives ne devait pas constituer un obstacle. Mais plus de classification ethnique, plus de best loser system. Cela donne donc une idée de la réforme majeure qu’a proposée le Premier ministre en disant qu’il était dépassé, après quarante ans d’indépendance, du fait d’avoir à dire qu’on est Chinois, Hindou, Musulman ou de la Population générale. Une tâche herculéenne qui peut venir à bout de la meilleure volonté du monde !

Pari risqué
La Fédération créoles mauriciens (FCM) a décidé de tenir un grand rassemblement le 1er mai. Il en a le droit. D’ailleurs, le père Jocelyn Grégoire souligne fort justement, dans son interview à notre confrère Le Défi-Plus, que Maurice est une démocratie. N’empêche, sa démarche risque d’embarrasser les politiques. Tous les partis. Même s’il est vrai que certains pourraient souffrir davantage que d’autres. D’ailleurs, il se chuchote qu’un parti politique a déjà dépêché des émissaires pour tenter de discuter avec le Singing Priest. Si cette tentative échoue, il faudra s’attendre à des représailles de la part des politiques. On tentera de discréditer Grégoire et ses idéaux. D’ailleurs, le principal concerné semble être parfaitement conscient des risques auxquels il s’expose. Mais s’attaquer à Grégoire n’est pas sans risques. Car le phénomène Grégoire n’attire pas que les Créoles qui se rendent habituellement aux meetings le 1er mai. Il transcende les classes sociales. D’ailleurs, il séduit même ceux qui ne sont pas des habitués de la  messe dominicale. Alors, Grégoire ou meetings le 1er mai ?

La
bonne idée

Une rose à chaque femme que l’on croise dans la rue. Pourquoi pas ? Effectivement, au lieu des discours et des activités ennuyantes, où l’on pense au départ à peine arrivé, pourquoi pas une rose ? C’est symbolique et ne coûte pas énormément en même temps. Sans compter que cela évite d’avoir à trop parler et à bafouiller. Enfin, ça résume tout le bien et la reconnaissance qu’on devrait avoir envers la femme. D’ailleurs, si l’on dit que la photo vaut mille mots, la rose doit valoir un million de mots. Alors, qui a eu cette merveilleuse idée de distribuer des roses aux représentantes de la gent féminine ? Non, pas le gouvernement. Pas les politiciens chevronnés, non plus. Ce sont tout simplement les représentants de la Youth League et de l’Aile féminine du PMSD qui y ont pensé. Celui/celle qui l’a évoqué a certainement dû se faire chambrer. Mais il s’avère que cette idée de la bande à Yan Vincent Seetaram (photo) est excellente. Il y a juste à regretter que cette distribution de roses n’ait eu lieu que dans l’arrondissement No 2 de Rose-Hill vendredi. Mais il fallait quand même y penser. Alors l’année prochaine, une rose à chaque Mauricienne !

La récompense, etc
Le MMM compte un nouveau secrétaire général adjoint. Il s’agit, bien entendu, de Deven Nagalingum. Juste récompense pour l’un des meilleurs ‘jeunes’ – il est tout de même quadra – du MMM. N’empêche, pendant un moment, Deven Nagalingum, que ce soit à BB/RH ou au No 8, a représenté une bouffée d’air frais au sein d’une classe politique non aérée. Cette semaine, nous avons aussi appris, de la bouche de Guy Ollivry, entre autres, que le PMSD de la fin des années 60 était pour l’indépendance. Mais pas en 1967. Les bleus pensaient qu’il était trop tôt et qu’il aurait peut-être mieux valu profiter des bienfaits de l’association avec la Grande-Bretagne. Cette semaine encore, les spéculations ont continué autour de Ramanooj Gopalsingh. Le CP, qui se remet d’une intervention, est rentré au pays et a pris quelques jours de congé supplémentaires. Et c’est reparti. D’ailleurs, l’aile féminine du MMM a tellement défendu Gopalsingh, jeudi, qu’on aurait pu se demander si le principal concerné n’était pas un mauve caché dans la bergerie des Line Barracks. « Mon Dieu, protégez-moi de mes amis ! Mes ennemis, je m’en charge », a dû se dire Ramanooj. Mais à toute chose malheur est bon. On va s’intéresser, pour ce 12 mars 2008, à l’homme en uniforme qui marche derrière le Président et le Premier ministre, lors de la cérémonie officielle du lever de drapeau. Jusqu’à présent, on prêtait si peu attention à lui et à son identité. Ce n’était que le chef de la police. Mercredi prochain, le fait qu’il s’appelle Rampersad ou Gopalsingh comptera !