A Vacuum; A Preacher
- By Subash Gobine
- Published 9th March, 2008
Le père Jocelyn Grégoire se joint à la bataille des foules le 1er mai. Il a déjà à son crédit le plus grand rassemblement non politique de ces dernières années. Il avait attiré une foule de 70 000 personnes au Champ-de-Mars le 27 octobre 2007.
Dans l’île Maurice post-indépendante, Jocelyn Grégoire n’est pas le premier prêtre à s’aventurer sur le terrain de la revendication des droits des créoles du pays. Les pères Filip Fanchette et Roger Cerveaux l’avaient précédé dans cette voie. Fort de son expérience américaine où les prédicateurs sont extrêmement efficaces sur le champ politique, Jocelyn Grégoire a fait montre d’une finesse tactique admirable.
Il a pris la précaution de ne pas se mettre à dos l’establishment de l’Eglise. Après tout, la majorité des fidèles ne s’intéressent pas au power game dans une institution. Ils suivent fidèlement les traditions qui ont subi l’épreuve des siècles. Ainsi, le jeune prêtre a évité de devenir un sujet de controverse et de division à l’intérieur même de l’Eglise.
C’est donc en rassembleur plutôt qu’en contestataire qu’il s’est engagé dans la revendication d’un nouveau rôle pour les Créoles mauriciens. Un rôle qui tire sa légitimité dans le poids historique de cette communauté dans la société mauricienne. Au fait, cette communauté se trouve dépourvue d’instruments d’accès aux leviers du pouvoir. Le système électoral particulier de Maurice favorise les segments de la population dont la répartition géographique est panachée de façon à leur permettre d’influencer le vote dans une majorité de circonscriptions.
Quand Gaëtan Duval prit la décision en 1969 d’abandonner
l’opposition et de partager le pouvoir avec sir Seewoosagur Ramgoolam, une nouvelle formule entra dans l’équation politique mauricienne. Duval ne devint pas l’homme le plus populaire dans son propre électorat pour sa décision historique. Un vide se créa alors sur la représentation politique des créoles. Le MMM finit par combler ce vide. Duval et son fils devaient à différents moments s’engager dans cette formule de partage de pouvoir. Paul Bérenger resta, lui, un outil de prise de pouvoir. Un outil qui n’est efficace qu’en de rares occasions.
Presque 40 ans après la décision historique de Duval, un sentiment de vide se dégage encore une fois. L’ensemble de la population créole ne se retrouve ni dans le Parti travailliste, ni dans le MSM. Le MMM, lui, court tellement après les Lutchmeenaraidoo, Bissoondoyal, Makhan, Ramjuttun, Dulloo, Bachoo et Reza Issack que cette démarche renforce le sentiment que le parti prend ses partisans créoles pour acquis.
Au fait, le MMM est condamné dans sa quête du soutien hindou à éviter la moindre perception qu’il pourrait être tenté de jouer la carte créole. Le parti donne l’impression qu’il a d’autres priorités, qu’il souffre de l’obsession hindoue. C’est bien cette approche du MMM qui lui a valu l’aliénation de ses partisans musulmans. En attirant 70 000 personnes au Champ-de-Mars, le père Grégoire a prouvé qu’il existait un élément d’insuffisance dans les moyens politiques traditionnels d’exprimer des revendications. Si le père Grégoire reste aussi efficace dans son œuvre de mobilisation, il pourrait éventuellement structurer et instrumentaliser une nouvelle force de frappe politique et électorale.
Une nouvelle force qui rendrait obsolète le mode d’opération des partis politiques traditionnels du pays. 40 ans après l’Indépendance, nous assistons peut-être à une mutation politique profonde dans une composante qui représente presque un tiers de la population mauricienne.
Dans l’île Maurice post-indépendante, Jocelyn Grégoire n’est pas le premier prêtre à s’aventurer sur le terrain de la revendication des droits des créoles du pays. Les pères Filip Fanchette et Roger Cerveaux l’avaient précédé dans cette voie. Fort de son expérience américaine où les prédicateurs sont extrêmement efficaces sur le champ politique, Jocelyn Grégoire a fait montre d’une finesse tactique admirable.
Il a pris la précaution de ne pas se mettre à dos l’establishment de l’Eglise. Après tout, la majorité des fidèles ne s’intéressent pas au power game dans une institution. Ils suivent fidèlement les traditions qui ont subi l’épreuve des siècles. Ainsi, le jeune prêtre a évité de devenir un sujet de controverse et de division à l’intérieur même de l’Eglise.
C’est donc en rassembleur plutôt qu’en contestataire qu’il s’est engagé dans la revendication d’un nouveau rôle pour les Créoles mauriciens. Un rôle qui tire sa légitimité dans le poids historique de cette communauté dans la société mauricienne. Au fait, cette communauté se trouve dépourvue d’instruments d’accès aux leviers du pouvoir. Le système électoral particulier de Maurice favorise les segments de la population dont la répartition géographique est panachée de façon à leur permettre d’influencer le vote dans une majorité de circonscriptions.
Quand Gaëtan Duval prit la décision en 1969 d’abandonner
Presque 40 ans après la décision historique de Duval, un sentiment de vide se dégage encore une fois. L’ensemble de la population créole ne se retrouve ni dans le Parti travailliste, ni dans le MSM. Le MMM, lui, court tellement après les Lutchmeenaraidoo, Bissoondoyal, Makhan, Ramjuttun, Dulloo, Bachoo et Reza Issack que cette démarche renforce le sentiment que le parti prend ses partisans créoles pour acquis.
Au fait, le MMM est condamné dans sa quête du soutien hindou à éviter la moindre perception qu’il pourrait être tenté de jouer la carte créole. Le parti donne l’impression qu’il a d’autres priorités, qu’il souffre de l’obsession hindoue. C’est bien cette approche du MMM qui lui a valu l’aliénation de ses partisans musulmans. En attirant 70 000 personnes au Champ-de-Mars, le père Grégoire a prouvé qu’il existait un élément d’insuffisance dans les moyens politiques traditionnels d’exprimer des revendications. Si le père Grégoire reste aussi efficace dans son œuvre de mobilisation, il pourrait éventuellement structurer et instrumentaliser une nouvelle force de frappe politique et électorale.
Une nouvelle force qui rendrait obsolète le mode d’opération des partis politiques traditionnels du pays. 40 ans après l’Indépendance, nous assistons peut-être à une mutation politique profonde dans une composante qui représente presque un tiers de la population mauricienne.





