Paul et Madan
Madan Dulloo est en négociations avec le MMM. Il a même rencontré l’envoyé spécial de Paul Bérenger. Sûrement pas pour parler des Comores ou du Zimbabwe, mais plutôt des modalités d’un éventuel départ du leader du MMSM du gouvernement. Deux ans en tant que Premier ministre – les trois autres années allant à Bérenger – constituerait l’appât des mauves pour harponner Madan Dulloo, qui rêve probablement, tout comme Sarkozy à l’époque, du poste suprême « en se rasant le matin ». L’histoire nous joue de drôles de tours. Il y a 10 ans, c’est le même Paul Bérenger qui avait mis un terme au rêve de Madan Dulloo de devenir Premier ministre. C’était l’époque de la défunte Alliance Nationale – formation regroupant le MMM, le RPR (du tandem Sithanen/Bappoo), le MMSM et le PMSD. Le leader du MMSM, candidat à la partielle du No 9, espérait faire son entrée à l’Assemblée nationale et être le candidat du MMM au poste de Premier ministre. Mais, vers la fin de la campagne, alors que le candidat du PTr faisait figure d’épouvantail, Paul Bérenger s’est mis à courtiser ouvertement sir Anerood Jugnauth, l’autre candidat. À tel point que Madan Dulloo s’est vu forcé de critiquer le gouvernement et le MSM, afin de saboter l’opération de Paul Bérenger. Et ce dernier, le jour des élections, a dirigé les opérations par télécommande depuis chez lui. Mais, depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Et, à l’Assemblée nationale, entre 2000 et 2005, il y a eu de nombreux éloges du leader du MMM à l’égard de Dulloo. Le PM Bérenger trouvait même que Dulloo était consciencieux. C’est merveilleux que Paul ravive le rêve de Madan, ancien de l’aile gauche du MMM.

Kadress bis
C’est un secret de polichinelle que tous ses ministres n’ont pas accès facile à Navin Ramgoolam. C’est le reproche que faisaient Kadress Pillay et d’autres ministres de l’ère 95-2000 à Navin Ramgoolam. Le pauvre Kadress faisait souvent le pied de grue à l’Hôtel du gouvernement en espérant obtenir un rendez-vous. Pourtant, il occupait alors l’un des portefeuilles les plus importants de la République : celui de l’Éducation. Et souvent, en voyant des inconnus obtenir audience, alors que lui, ancien directeur de l’Audit, attendait avec une bougie rouge, l’ami Kadress devait, comme l’a si bien chanté Francis Cabrel, avoir « l’envie de tout foutre en l’air ». Même certains de ses plus farouches opposants se désolaient pour lui. C’est le même reproche que font Madan Dulloo – selon son entourage (Reza Issack le dit subtilement dans ses déclarations de presse) –, et d’autres ministres encore à l’actuel Premier ministre. Sur ce plan, Navin Ramgoolam a un style bien à lui, qui contraste singulièrement avec celui des deux autres Premier ministres encore vivants. Sous son prédécesseur immédiat,
les ministres n’avaient même pas à demander des rendez-vous. Ils défilaient à toute heure du jour au bâtiment du Trésor.

Idées novatrices
Succès sur toute la ligne. Les célébrations du quarantième anniversaire de l’accession de Maurice à l’indépendance ont été grandioses. Le gouvernement le voulait ainsi. Il a mis le paquet en faisant venir des artistes et il a réussi son pari. Le spectacle qui a suivi la cérémonie protocolaire a été très apprécié. À tel point que des Mauriciens sont restés jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’aux petites heures de jeudi, pour écouter Atif Aslam chanter ses tubes. Chapeau donc à Mahen Gowressoo ! Mais ce qui est beaucoup plus important, c’est que ces célébrations ont été l’occasion pour certains de venir de l’avant avec des projets de société, des idées novatrices. Beaucoup de choses ont été dites. Par exemple, Jack Bizlall a lancé l’idée d’une Deuxième république. Il doit maintenant venir expliquer à la masse ce qu’il entend par cela. Vidula Nababsingh a, elle, suggéré que les partis politiques signent un pacte contre le communalisme. Cassam Uteem et Nita Deerpalsingh ont, eux, fait un appel pour l’élimination des « bases » durant les campagnes électorales. D’autres idées encore ont été émises et c’est tant mieux ! Le président de la République, pour sa part, a fait un plaidoyer lors de son message à la nation pour l’égalité des chances et l’unité nationale, qui ne devrait pas, selon lui, « n’être qu’un slogan ». Et enfin, le projet le plus important a été évoqué par le Premier ministre. Il entend faire s’asseoir petits et grands partis politiques à une seule table pour parler de la réforme électorale et de certains amendements dans la Constitution. Que l’acte suive la parole…

L’après-midi
Il n’y aura pas de guerre de foules entre le père Grégoire et les partis politiques. La Fédération des créoles mauriciens (FCM) décidé de tenir son rassemblement dans l’après-midi du 1er mai, et non pas le matin. Une nouvelle qui doit réjouir quelques dirigeants politiques. Concession de la part de Jocelyn Grégoire et de ses amis ? Filip Fanchette soutient que la décision avait été prise dès le départ de tenir ce rassemblement dans l’après-midi. Peu importe ! Résistans ek alternativ, de son côté, a déjà devancé tout le monde en obtenant quarante signatures sur une pétition en faveur du mauricianisme. Rundheersingh Bheenick, qui n’a pas de bedside manners alléguée à son palmarès, est accusé d’utiliser un langage grossier et non-justifié. Tandis que Yahya Parouty se prépare à une nouvelle confrontation avec le ministre de l’Éducation. Cette fois-ci, sur le dossier du redéploiement des enseignants des collèges privés obligés de fermer leurs portes. Enfin, le Empowerment Programme a lancé sa plateforme interactive pour mieux renseigner les demandeurs d’emploi. Au moins, une plateforme qui sera d’une grande utilité !