Suite à l'entretien d'Anjalee Dabee paru à la page 24 dans la rubrique Cahier Fam du 30 mars 2008, je souhaiterai apporter plus de lumière sur la pratique de la « promotion canapé ». En effet, il me semble que l'heure est venue d'évaluer l'émancipation féminine, de dénoncer certains abus et de réagir. Si l'émancipation de la femme présente des effets positifs, elle a aussi des conséquences perverses. L'émancipation féminine a engendré une révolution sexuelle à double face. D'une part, la femme en tire avantage en jouissant de la libre disposition de son corps, et d'autre part, l'usage croissant de la sexualité comme tremplin professionnel menace la dignité de la femme.

Aujourd'hui, certaines femmes n'hésitent pas à avoir recours à la « promotion canapé », c'est-à-dire qu'elles acceptent d'échanger des faveurs sexuelles contre l'obtention d'un avantage dans le monde du travail ou de la politique. Exagération ou réalité ? Favoritismes, promotions miraculeuses, recrutements douteux, salaires injustifiés alimentent nos spéculations sur l'usage du sexe dans le monde des affaires.

« Coucher pour réussir » est effectivement une stratégie adoptée par une section de la population féminine pour le succès professionnel. Un stratagème qui fait le bonheur de certains hommes au pouvoir ! Cependant, il y a maintenant un changement de paradigme. Ce ne sont plus uniquement les hommes qui font des avances sexuelles dans l'univers professionnel. De nos jours il y a des lois qui protègent les femmes contre le harcèlement et la discrimination sexuels. Donc, les hommes n'ont plus la liberté absolue de satisfaire leurs pulsions sexuelles en abusant de leurs positions hiérarchiques. Désormais, la focalisation est moins sur celui qui offre la « promotion canapé », que sur celles qui acceptent ou qui provoquent ce genre de combines. Ces femmes justifient leur méthode en mettant l'accent sur l'appropriation de leur corps, leur liberté sexuelle et leur insouciance face à la stigmatisation sociale…

Il est important de faire ressortir que premièrement, la « promotion canapé » est une arme utilisée par quelques femmes incompétentes qui se sentent obliger de coucher pour réussir. Deuxièmement, il y a aussi d'autres femmes, qualifiées et capables, qui couchent par d'ambition démesurée. Et, troisièmement, une section de la population féminine n'ont pas le choix, elle est obligée à adopter la « promotion canapé » pour des raisons diverses. Néanmoins, l'attitude de ces femmes diverge de l'essence de la lutte des mouvements féministes.

L'école de pensées féministes dénonce le harcèlement sexuel ; refuse que la femme soit perçue en tant qu'objet sexuel ; revendique l'égalité des sexes où la femme est aussi compétente que l'homme dans le domaine professionnel, entre autres. De ce fait, celles qui couchent pour réussir sont en contradiction totale avec les vraies valeurs de la femme émancipée. Elles font mauvais usage de cette liberté conquise pour se transformer volontiers en objet de consommations sexuelles. Au lieu de se monter aussi douées que l'homme au travail, elles acceptent de s'agenouiller, de se proposer comme poupée sexuelle pour acquérir un fauteuil professionnel, politique ou autres.

Si les féministes œuvrent pour rehausser le statut de la femme, en revanche, en pratiquant la « promotion canapé » certaines femmes font fausse route en se rendant coupables d'auto dégradation. Le mal commis par ces femmes arrivistes est bien plus profond car il heurte à la dignité du genre féminin. C'est le principe même l'émancipation féminine qui est mis en doute. Or, l'émancipation a permis aux femmes de prouver leurs capacités en se hissant à des postes clefs et même à conquérir la tête politique des pays, sans coucher sur le canapé. Il est temps de souligner que la véritable force du genre féminin réside dans sa capacité de réussir tout en préservant sa dignité.

En fin de compte, je dirai que l'avenir n'appartient pas à celles qui couchent tôt, mais à celles qui se lèvent tôt (pour travailler)!

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Aansa Bedacee
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