À travers le monde, le 1er mai est synonyme de jour de fête pour les travailleurs. Le principe veut que ce soit les syndicats qui organisent des rassemblements afin de faire entendre la voix des travailleurs. Mais, à Maurice, c’est loin d’être le cas. Peut-on dire qu'on célèbre vraiment la fête du Travail chez nous ? Certainement pas. Chaque année, on a plutôt droit au concert des meetings politiques, à la bataille pour attirer la plus grosse foule.

Depuis quelques semaines déjà, des ministres, députés et agents influents sillonnent leurs circonscriptions respectives afin de mobiliser le maximum de gens possibles pour le 1er mai. On se souviendra qu'en 2007, Pravind Jugnauth, le leader du Mouvement socialiste mauricien (MSM), avait demandé une rectification ainsi que des excuses au rédacteur en chef d’un quotidien qui avait écrit que l’Alliance sociale avait réuni 500 personnes de plus dans son meeting du 1er mai que le MSM. On ne peut que déplorer que Monsieur Jugnauth Junior soit monté au créneau pour dire que ce journal avait volontairement manipulé les chiffres. Miroir, miroir... T'es le seul à savoir où était la plus grosse foule ce jour-là ?

Sur le terrain, à deux semaines du 1er mai, affiches et oriflammes sont les preuves d’un travail déjà bien entamé par les agents des grands partis politiques. Mais sur les travailleurs que nenni ! A croire que ce n'est plus leur fête.

Les travailleurs peuvent-ils toujours attendre quelque chose des politiciens ? En fin de compte, peut-être qu'au détour d’une phrase, l'un d'eux parlera dans l’intérêt des travailleurs mauriciens. Et si on évoquait l’aspect financier du 1er mai. Je me souviens d'un article d'Ehshan Kodarbux, le directeur général du Défi Media Group, sur le mécanisme de la flambée du prix du papier dans le monde. Et
je me dis qu'il y a pas mal de sous qui sont dépensés chaque1er mai en affiches et oriflammes. Il y a aussi les autobus que louent les partis politiques pour véhiculer les gens à leur rassemblement. Je préfère m’abstenir sur les autres dépenses telles que les decks de briani et les boissons gazeuses qui sont distribuées généreusement. C'est carrément un pique-nique pour ceux qui savent en profiter ! Petite anecdote qui ne manquera pas de faire rire. Il est courant de voir trois ou quatre personnes dans un autobus qui se rend à un meeting. C'est à se demander si louer autant d'autobus sert à quelque chose. Mesure-t-on la force d'un parti sur le nombre d'autobus qu'il loue pour le 1er mai ? Décidément, nos politiciens se trompent lourdement dans leur calcul.

Le mois dernier, le pays a été sous le choc suite aux inondations qui ont causé des pertes de vie humaines et détruit nombre de maisons. Mais au risque de me tromper, je voudrais faire remarquer qu'aucun parti politique n’a pleinement contribué financièrement à aider les sinistrés. Mais, par contre, ils ont profité de ces évènements pour tirer un capital politique de la souffrance de ces pauvres gens. À contrario, on peut dire un grand bravo aux radios privées comme Radio Plus qui ont mobilisé la population et le secteur privé afin de donner un peu de soulagement à ces familles en détresse. Sur les ondes de Radio Plus, on a pu entendre le cri de détresse d’une mère de famille qui a remercié cette radio qui lui est venue en aide – “Juste Radio Plus ki fine vine guette nou ek aide nou pas fine trouve aucun député dans l’endroit ki fine vine guetté dans ki situation nou été…

Alors Messieurs les politiciens, pensez-vous vraiment que cette année vous aurez la grosse foule à vos meetings ? On le saura très bientôt. Avec vous, c'est tout le temps la même rengaine : "Moi ki fine gagne plis ki toi". Attendons voir le 1er mai.