J'ai fait un rêve... C'était riche, en termes de générosité, mais c'était pour les pauvres. Oui, mon rêve réunissait plusieurs associations et personnalités, qui sont appelés à passer la nuit au Champ-de-Mars, Port-Louis, afin d'attirer l'attention sur le sort des sans abris (SDF) et des mal-logés et, surtout, le manque d'engagement de l'État. Dans mon rêve, le slogan de cette manifestation était " Tous solidaires pour le logement ".

Les Mauriciens, une fois de plus, sont venus en grand nombre afin d'épauler les plus démunis de la société. Mais, je ne voyais pas les membres du gouvernement ni ceux de l'opposition. Par contre, il y avait beaucoup de religieux. Ils donnaient, chacun, des conseils à ces malheureux qui n'ont pas un toit sur leur tête, qui avaient droit aussi à leurs bénédictions. On a senti un grand élan de fraternité. Il n'y avait plus de barrières religieuses. Nous étions tous humains et, surtout, Mauriciens.

Puis un nombre impressionnant d'artistes - chanteurs, danseurs et imitateurs - mettait un peu de joie en faisant vibrer la scène. Pour nous, c'était comme du déjà-vu – sur nos télévisions plasma de 30 pouces grâce auxquelles nous regardons les émissions des chaînes satellites. Mais, pour eux, c'était peut-être le premier et dernier spectacle auquel ils assistaient. Munis chacun d'un 'take-away' et d'une boisson gazeuse, ils avaient les yeux rivés sur les artistes.

Un peu plus loin, il y avait des conteneurs qui se remplissaient graduellement avec des aliments non périssables, des vêtements chauds pour l'hiver ou encore des jouets. Quelle générosité de la part du peuple admirable ? L'image qui m'a plus touché, c'était cette grand-mère, qui ne pouvait se déplacer qu'avec une canne, qui a tenu à faire sa petite contribution : une boîte de sardines. À l'autre extrémité, quelques médecins sont en train d'ausculter et de prodiguer des soins aux SDF, tandis que des coiffeurs leur offraient gratuitement une coupe et un rasage.

Aie… Je me suis fait piquer par un moustique... je suis à nouveau dans le monde réel où ces SDF dorment toujours à la belle étoile. Où ces squatters dorment toujours avec la crainte qu'à l'aube, des policiers, avec leurs grosses machines jaunes, vont venir démolir les quelques feuilles en tôle rouillée qui leur servent de toit. Et dire que chaque matin ils voient déambuler de belles voitures luxueuses - qui coûtent des millions - sur la Nationale à hauteur de Karo Kaliptis, entre le rond-point de Riche-Terre et celui de Baie-du-Tombeau ! Quel contraste !

Et dire aussi que notre Premier ministre bien-aimé avait promis de changer notre vie en 100 jours ! Dans plusieurs de ses meetings et réunions, pendant la campagne électorale de 2005, le Dr Navinchandra Ramgoolam avait promis que chaque Mauricien aurait un chez-lui. Hélas ! Il n'a pas tenu parole. Alors que la plupart des appartements construits – à coups de millions – pour abriter les athlètes des Jeunes des Iles de 2004 sont toujours sans occupants.

À entendre le ministre des Terres et du Logement, l'honorable Asraf Dulull, lors de ses premières déclarations officielles, on était persuadé que le problème allait être réglé en un tour de main. Lui aussi avait promis qu'il ferait mieux que son prédécesseur sur le dossier brûlant des squatters. Concernant les fausses promesses, Monsieur Asraf Dulull n'a rien à envier à son leader. Dire que ce même gouvernement s'était fixé pour objectif de permettre à chaque famille mauricienne d'avoir un ordinateur. Mais, à quoi sert-il d'avoir un ordinateur et d'être branché si l'on n'a pas un toit sur sa tête ? C'est la question que nos décideurs devraient se poser !

Hélas, tout cela n'était qu'un rêve que vendait l'Alliance sociale pour obtenir nos votes.

Je préfère de loin mon rêve!!!