M Rafic Soormally (guest)
Born of Hindustani parents, Idrice Soormally and Bibi Rabiah Soormally (born Chaumoo) in Curepipe, and holder of Accounting, Finance, Economics (including Politics), Marketing and Law qualifications, I have been writing since 2000. Several of my articles have been published in Mauritius, Pakistan, Iran, UK. I also write regularly for the Mauritian Abroad Magazine in the UK. Many of my articles have been posted across the web, ranging from the Washington Post to Netherlands Radio Worldwide.
Le terme Créole, connotation de servitude et non de liberté
- By M Rafic Soormally (guest)
- Published 27th April, 2008
En se lançant aveuglément dans une politique politicienne créoliste engendrée par la France et destinée à ses Départements outre mer et, en même temps, importée à Maurice, le prêtre Jocelyn Grégoire démontre clairement son ignorance de ce qu'est un Créole qu'il confond aussi avec la catégorie constitutionnelle de Population Générale. [v. Entrevue du Prêtre Grégoire publiée dans Le Matinal du mercredi 23 avril 2008 : « Il faut affirmer l'identité créole bafouée ».]
Pour les Africains asservis, le terme Créole est un terme raciste concocté par des européens.Ces derniers identifiaient comme Créoles les esclaves qui baragouinaient en une langue à base de français, d'anglais, d'espagnole ou de portugais.Le parler créole des esclaves à Maurice était à base de français.Mais avec l'immigration massive de l'Hindoustan, depuis la conquête de Maurice par les Anglais en 1810, ce créole a longtemps cessé d'être parlé par les Mauriciens. Il n'y a aucune preuve sociologique, linguistique ou phonétique que le créole des esclaves se parle toujours par les dis descendants des esclaves à Maurice, encore moins par tous les Mauriciens.Conséquemment, quand la Constitution fut écrite et décrétée, il n'y a jamais eu de revendications créoliste.L'Île Maurice indépendante, peut-elle retourner à l'esclavage ?
Population Générale
La Constitution
mauricienne déclare : « For the purposes
of this Schedule, the population of Mauritius shall be regarded as including a
Hindu community, a Muslim community and a Sino-Mauritian community; and every
person who does not appear from his way of life, to belong to one or other of
those 3 communities shall be regarded as belonging to the General Population,
which shall itself be regarded as a fourth community. »Il est alors très clair que la catégorie Population Générale n'est qu'une
catégorie résiduelle.La Population
Générale regroupe les athées, les Adventistes, les Bouddhistes, les Mauriciens
d'origine africaine comme européenne sauf ceux, parmi eux, qui préfèrent être
sous les deux catégories religieuses, soit communauté hindoue ou musulmane
malgré que la majorité des Mauriciens d'origine africaine soit des
Catholiques.Le prêtre catholique
Jocelyn Grégoire a tort de croire que « Population Générale » est synonyme de
'Créole'.Il devrait approfondir ses
recherches et se demander pourquoi les Mauriciens d'origine africaine (malgache
comprise) n'ont pasrevendiqué une
'identité créole' pendant plus de 200 ans.Même lors de l'accession de Maurice à l'indépendance, une telle
revendication n'a pas été faite.La
raison est très simple ; c'est parce que le terme créole est ni une race (v. sino-mauricien), ni une religion (v. communauté hindouiste), et il se situe
dans la servitude et non dans la liberté.
« Créole, une mystification
»
Dans son article, « Créole, une
mystification », Robert Fournier de Carleton
University fait état de racisme en évoquant le terme créole et précise que
le créole n'a pas sa place dans le XXIeme siècle.Je reproduis ci-dessous quelques-uns de ses
écrits :
- « Le galvaudage idéologique et scientifique qu'a connu ce concept [créole] et ses dérivés depuis son apparition, il y a maintenant trois siècles, ne devrait pas franchir le seuil du 21e siècle.Même si la question relève davantage de l'histoire farfelue des canulars que d'une réalité palpable, il m'apparaît que revient au petit monde de la sociolinguistique historique le soin d'amorcer le rétablissement des faits, afin d'éviter de perpétuer une idéologie à fondement raciste dépassée qui a pris l'allure ce dernier demi-siècle d'une véritable mystification scientifique. »
- «Je vais aboutir à la conclusion que ces langues qu'on a baptisées «créoles français» sont en fait des langues néo-françaises, ou mieux: du français «naturel». J'adapte ici une formule de Louis-Jean Calvet [4]: «le créole est une langue française comme on dit le français est une langue latine». Enfin, je soupçonne que l'idéologie qui a présidé à la désignation et au maintien du vocable créole pour désigner ces langues est tout bonnement raciste. »
- « Créole est également ce même concept anthropogénétique albocentriste que les mêmes Européens Blancs ne se sont pas privés d'adapter et d'adopter pour faire accroire aux Africains Noirs importés aux Antilles qu'ils ne parlaient pas la même langue qu'eux, c'est-à-dire français, qu'ils étaient incapables de l'apprendre correctement, et qu'ils l'ont apprise, si tant est, qu'avec grande difficulté en la déformant à un point tel que ce n'était plus français mais quelque chose d'autre qu'on a pris l'habitude d'appeler créole. »
- « Cette nouvelle expansion sémantique "naturelle" du terme créole en un concept linguistique est en fait le résultat de l'empressement des Blancs à faire accroire aux Noirs qu'ils parlaient petit-nègre, barag(u)oin, patois, jargon, idiome, pidgin, créole, n'importe quoi sauf du français, et à désigner de façon diminutive ce langage appris par les Nègres aux contacts des Blancs.»
« Idéologie à fondement
raciste »
Le prêtre Jocelyn Grégoire importe tout simplement une politique raciste de
la France qu'il essaie d'imposer sur les Mauriciens à travers la mobilisation
des Mauriciens d'origine africaine, mobilisation qui peut facilement déraper en
violence.Il se noie dans la contradiction
quand il veut être un groupe de pression (lobby),
et en même temps apolitique.Il veut
forcer le gouvernement mauricien à reconnaître une communauté dite 'Créole
chrétienne' au niveau constitutionnel, c'est-à-dire, une catégorie non
seulement fictive, mais aussi basée sur le racisme et la discrimination
religieuse, car il existe bien des Mauriciens d'origine africaine qui sont de
foi islamique ou hindouiste.
Mais, dans son entrevue dans l'Express dimanche du 27 avril 2008 (« L'Évènement – Le phénomène Grégoire »), contrairement à ses revendications du 28 octobre 2007 aux Champs de Mars, le prêtre Grégoire ne semble plus insister sur l'inclusion de 'Créole chrétien' dans la Constitution mauricienne, mais de 'Créole' tout court, un terme qu'il n'arrive même pas à définir.Si le prêtre Grégoire a changé de ton, il a le devoir d'expliquer de quel 'Créole' il s'agit – catholique, musulman, hindou, athée ? Ou, parle-t-il d'un Franco-Mauricien de race blanche, ou d'un métis, voulant dire entre blanc et noir issu du colonialisme ?
Néanmoins, cette déviation, aussi adoptée par l'historien Benjamin Moutou, ne fait pas du 'Créole' un terme moins raciste.Benjamin Moutou, de toutes les personnes, aurait dû certifier que le terme Créole est un terme raciste de fabrication inventé, qui n'est que pure vérité, mais non la déformer et la corrompre dans le but d'induire les Mauriciens en erreur.Il n'explique pas, non plus, ce qu'il veut dire par « un demi-siècle de frustration » par ladite communauté créole car le terme Créole date de plusieurs siècles.Robert Fournier est bien plus véridique dans ses analyses et, tout en rétablissant les faits, il dit bien qu'il faut « éviter de perpétuer une idéologie à fondement raciste dépassée qui a pris l'allure, ce dernier demi-siècle, d'une véritable mystification scientifique. »« L'espérance »,dont parle le prêtre Grégoire, veut dire plutôt que les dits descendants des esclaves, chrétiens ou pas, doivent nécessairement se libérer de la créolité.
Conclusion
Par ailleurs, le gouvernement ne devrait pas avoir de problème à
reconnaître une catégorie « Afro-mauricienne », soit « AFRICAN-MAURITIAN », ou
une « communauté chrétienne ».Maurice
n'a jamais été un État laïque, car il reconnaît les religions et les origines
du peuple.La créolité est une politique
raciste et anticonstitutionnelle, et qui ne peut en aucun cas former parti dans
la Constitution mauricienne.L'arrogance
des propos du prêtre qui ne sait ou donner de la soutane, ainsi de l'extrémisme
de son manifeste politique, ne font de lui qu'un autre politicien à la
recherche de sa place au sein de l'arène politique mauricienne en se servant de
l'Église catholique.
M Rafic Soormally
Londres
Ce dimanche, 27 avril 2008
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1 Response to "Le terme Créole, connotation de servitude et non de liberté" 
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said this on 28 Apr 2008 12:40:15 PM MUT
I like the drive and coherence of Rafic Soormally. Just a proof of how one is never emancipated enough: the use of "hindouiste" instead of "hindou". Beware the traps Sir. Apart from that please continue to give us your perspective which is so refreshing in an era of "pensée unique" which is often westoxicated, or rather "beaufisé" should I say in our context.
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