Tianli et la brède locale
- By Subash Gobine
- Published 14th June, 2008
Quarante mille emplois directs et indirects créés par le projet Tianli dans le Nord du pays ? Des investissements de Rs 300 milliards ? Qui a dit que le père Noël est né au pôle Nord et non pas en Chine ?
Le projet Tianli a fait l’objet d’une PNQ de Paul Bérenger durant la semaine, suivie d’allégations de China-bashing contre le leader du MMM. Au fait, ce projet semble trop grandiose pour ne pas éveiller des soupçons.
Il est utile de le préciser dès le départ qu’il ne s’agit pas d’un projet du gouvernement chinois mais bien de capitalistes chinois. Le ministre Rama Sithanen a reconnu que certains aspects de l’affaire restent confidentiels. Saura-t-on jamais si ce projet ne cache pas des sleeping partners bien de chez nous, authentiquement Made in Mauritius ?
L’Etat chinois a été extrêmement généreux dans le passé envers maints pays africains, y compris Maurice, faisant don de réseaux ferroviaires, d’aéroports, de stades. Pas de générosité dans le cas de Tianli ! Ces capitalistes de Tianli qui prétendent être capables d’investir Rs 300 milliards demandent néanmoins aux autorités mauriciennes d’investir Rs 700 millions dans les infrastructures. Les contribuables mauriciens sont finalement appelés à casquer pour aider ces capitalistes. Dans le moindre projet de morcellement à Maurice, ne demande-t-on pas aux promoteurs de financer de leurs propres fonds les travaux d’infrastructure ?
Les Rs 700 millions, ce n’est rien face au cadeau de 500 arpents de terre. Tianli paiera Rs 21 100 annuellement pour le bail. La terre est l’une des ressources les plus rares de Maurice. Le Mauricien moyen éprouve toutes les difficultés du monde pour pouvoir financer l’achat d’un lopin de terre de 90 toises. Et voilà que 500 arpents sont alloués à des étrangers dont nous ne connaissons pas la véritable identité. Ils peuvent bien vendre leurs actions
à d’autres personnes avec les 500 arpents en prime. Ils peuvent tout aussi bien ne s’engager que dans l’immobilier et le tourisme, montant un vaste complexe d’hôtels de luxe, de villas et d’appartements et récolter ainsi des milliards.
Les promoteurs vont-ils implanter des usines et des unités de transformation de produits pour être exportés ? Vont-ils employer 40 000 personnes dont des Mauriciens ? Logiquement, il reviendra à moins cher aux entrepreneurs de Tianli de produire en Chine et d’exporter dans le reste du monde. D’ailleurs, il n’existe aucun pays qui pourrait produire à meilleur marché que la Chine. Tianli fera-t-il exception à la règle, avec des Chinois allant à produire à moindre coût à Maurice qu’en Chine ? C’est de la fabulation. Actuellement, des milliers d’ouvriers chinois travaillent dans les usines et sur des chantiers à Maurice. Les entrepreneurs de Tianli vont-ils faire une surprenante découverte, c’est-à-dire que les Mauriciens sont plus productifs et moins coûteux que les Chinois ?
Tianli pourrait s’avérer essentiellement un projet sino-chinois, avec un spin-off marginal pour Maurice. Une centaine d’années de cela, les Britanniques avaient pris de force Hong Kong, un petit village de pêcheurs chinois. Hong Kong est devenu plus tard le moteur de l’économie chinoise. Le gouvernement mauricien donne l’occasion maintenant à des Chinois de créer un Hong Kong du 21e siècle à Maurice. C’est un énorme pari, avec des risques certains. Il se peut que Tianli soit l’investissement le plus important que le pays ait connu. Un investissement qui transformerait le pays de façon radicale. Il se peut aussi que Tianli soit une vaste escroquerie, Maurice perdant sur toute la ligne, y compris ses 500 arpents de terre. Dans le pire des cas toutefois, même si la main-d’oeuvre, les équipements, les intrants, les aliments, le papier toilette, bref, tout est importé de Chine, Maurice aura quand même l’occasion de vendre de la brède chinoise fraîche aux occupants de la colonie de Tianli. Tout espoir n’est pas perdu.
Le projet Tianli a fait l’objet d’une PNQ de Paul Bérenger durant la semaine, suivie d’allégations de China-bashing contre le leader du MMM. Au fait, ce projet semble trop grandiose pour ne pas éveiller des soupçons.
Il est utile de le préciser dès le départ qu’il ne s’agit pas d’un projet du gouvernement chinois mais bien de capitalistes chinois. Le ministre Rama Sithanen a reconnu que certains aspects de l’affaire restent confidentiels. Saura-t-on jamais si ce projet ne cache pas des sleeping partners bien de chez nous, authentiquement Made in Mauritius ?
L’Etat chinois a été extrêmement généreux dans le passé envers maints pays africains, y compris Maurice, faisant don de réseaux ferroviaires, d’aéroports, de stades. Pas de générosité dans le cas de Tianli ! Ces capitalistes de Tianli qui prétendent être capables d’investir Rs 300 milliards demandent néanmoins aux autorités mauriciennes d’investir Rs 700 millions dans les infrastructures. Les contribuables mauriciens sont finalement appelés à casquer pour aider ces capitalistes. Dans le moindre projet de morcellement à Maurice, ne demande-t-on pas aux promoteurs de financer de leurs propres fonds les travaux d’infrastructure ?
Les Rs 700 millions, ce n’est rien face au cadeau de 500 arpents de terre. Tianli paiera Rs 21 100 annuellement pour le bail. La terre est l’une des ressources les plus rares de Maurice. Le Mauricien moyen éprouve toutes les difficultés du monde pour pouvoir financer l’achat d’un lopin de terre de 90 toises. Et voilà que 500 arpents sont alloués à des étrangers dont nous ne connaissons pas la véritable identité. Ils peuvent bien vendre leurs actions
Les promoteurs vont-ils implanter des usines et des unités de transformation de produits pour être exportés ? Vont-ils employer 40 000 personnes dont des Mauriciens ? Logiquement, il reviendra à moins cher aux entrepreneurs de Tianli de produire en Chine et d’exporter dans le reste du monde. D’ailleurs, il n’existe aucun pays qui pourrait produire à meilleur marché que la Chine. Tianli fera-t-il exception à la règle, avec des Chinois allant à produire à moindre coût à Maurice qu’en Chine ? C’est de la fabulation. Actuellement, des milliers d’ouvriers chinois travaillent dans les usines et sur des chantiers à Maurice. Les entrepreneurs de Tianli vont-ils faire une surprenante découverte, c’est-à-dire que les Mauriciens sont plus productifs et moins coûteux que les Chinois ?
Tianli pourrait s’avérer essentiellement un projet sino-chinois, avec un spin-off marginal pour Maurice. Une centaine d’années de cela, les Britanniques avaient pris de force Hong Kong, un petit village de pêcheurs chinois. Hong Kong est devenu plus tard le moteur de l’économie chinoise. Le gouvernement mauricien donne l’occasion maintenant à des Chinois de créer un Hong Kong du 21e siècle à Maurice. C’est un énorme pari, avec des risques certains. Il se peut que Tianli soit l’investissement le plus important que le pays ait connu. Un investissement qui transformerait le pays de façon radicale. Il se peut aussi que Tianli soit une vaste escroquerie, Maurice perdant sur toute la ligne, y compris ses 500 arpents de terre. Dans le pire des cas toutefois, même si la main-d’oeuvre, les équipements, les intrants, les aliments, le papier toilette, bref, tout est importé de Chine, Maurice aura quand même l’occasion de vendre de la brède chinoise fraîche aux occupants de la colonie de Tianli. Tout espoir n’est pas perdu.
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3 Responses to "Tianli et la brède locale" 
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said this on 19 Jun 2008 7:10:43 PM MUT
Ene ti commission 1% faire 3 milliard. Li ti bon conné tou banne ki finne participe dans ça deal la.
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said this on 17 Jun 2008 4:15:41 PM MUT
Un projet de 500 arpents de terre signé avec un groupe de capitaliste etrangers privés, sans transparence complete, ne peut que cacher des saletés. Ne prend pas les enfants du bon dieu pas des canards boiteux Rama. Tout le monde sait dans quelles conditions les pauvres ouvriers chinois travaillent pour ces gros capitalistes sur le continents africain dans des conditions inhumain avec mort d'homme. Ce sont pas des enfants de choeur...
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