A Cocorico Tilt
- By Subash Gobine
- Published 15th June, 2008
La diplomatie mauricienne, c’est maintenant l’affaire du Premier ministre seul. Ce dernier, en visite officielle à Londres et à Paris, n’a même pas pris la peine de se faire accompagner du plus haut fonctionnaire du service diplomatique mauricien, celui-là même qui porte le titre ronflant de ‘Secretary for Foreign Affairs’ et qui s’appelle Anund Priyay Neewoor.
Depuis la révocation du ‘mamou’ qui dirigeait, sans éclat, la diplomatie mauricienne depuis 2005, le Premier ministre met en place ce qui semble être une nouvelle stratégie. Le fait le plus marquant de cette nouvelle orientation, c’est un rapprochement avec la France. Certains événements sont significatifs.
Par exemple, le passage de Mauritius Telecom sous le label Orange n’a pu se faire sans l’assentiment du Premier ministre. Pourtant, ce dernier ne manquait pas de dénoncer Paul Bérenger pour avoir vendu 40% du plus beau fleuron du patrimoine économique du pays à des étrangers. Or, le présent gouvernement est parti beaucoup plus loin dans l’acte de brader les richesses du pays.
Le recours par le Premier ministre aux compétences exceptionnelles de Joël de Rosnay est une autre indication de son rapprochement avec la France. Joël de Rosnay, qui ne manque pas l’occasion d’exprimer sa fierté d’être Mauricien, opère à partir de la France. Il est regrettable que les anciens gouvernements n’aient pas su tirer avantage des offres de collaboration faites par ce génie.
Maintenant que Joël de Rosnay a été nommé conseiller du Premier ministre et que le gouvernement entend mettre des facilites à sa disposition, le pays ne pourrait que profiter de la riche expérience de ce Mauricien de cœur. Surtout dans la tache d’édification de l’Ile Durable.
Ce n’est pas par coïncidence que l’ombre de Joel de Rosnay ait dominé la visite du Premier ministre en France. S’il existe dans le monde un pays qui soit vraiment amoureux de l’île Maurice, c’est bien la France. L’intérêt soutenu qu’elle porte à Maurice est susceptible d’éveiller les soupçons de ceux qui craignent une mainmise ‘impérialiste’.
L’étreinte d’amour de la France pourrait bien nous suffoquer. Mais de tous les pays qui entretiennent des relations étroites avec Maurice, c’est toujours la France qui propose des projets spécifiques, axés sur des secteurs particuliers. Les Britanniques n’ont-ils pas vendu Cable & Wireless ? Les Français, par contre, ont exprimé le souhait d’une participation dans Mauritius Telecom. Les Indiens, eux aussi,
sont présents dans le secteur du téléphone depuis 2004, précisément comme concurrents directs de Mauritius Telecom, mais avec quel impact ?
Lors de la visite du Premier ministre à Paris, des accords de partenariat ont été signés dans des domaines hautement stratégiques, dont la sécurité intérieure, le développement futur de l’aéroport de Plaisance, la création d’une ferme éolienne, la mise en place d’une Cité des Métiers, la gestion des déchets. Les Français sont partie prenante dans la création de l’île Durable.
Et encore, la signature d’un accord à Paris portant sur la livraison de farine française aux Moulins de la Concorde (LMLC) en présence du Premier ministre a eu une portée hautement symbolique. Au début de l’année, prise dans la tourmente d’une politique de ‘White-bashing’, la compagnie LMLC était même menacée de fermeture, surtout que le ministre Jeetah venait de découvrir la panacée de la farine chinoise, avec approvisionnement assuré au moindre coût, assorti du label halal. Navin Ramgoolam aura d’autres couleuvres à avaler pour avoir donné trop de latitude à des ministres comme Jeetah.
La nouvelle orientation de la politique étrangère mauricienne est sans doute justifiée par les nouvelles données économiques internationales. Il n’est plus nécessaire pour Maurice de caresser dans le sens du poil toutes les puissances occidentales en vue d’assurer nos marchés d’exportation. Il ne reste qu’un seul pays qui pourrait nous porter un coup fatal, si jamais nous nous permettons le luxe de blesser son orgueil. Il s’agit de l’Inde dont le gouvernement a jusqu’ici résisté aux demandes pressantes de ses propres citoyens pour qu’on mette un terme au traité de non-double imposition qui le lie à Maurice. Dans la foulée du cadre du ‘tilt’ pro-France de notre diplomatie, l’équation indienne demande à être gérée avec le plus grand tact.
Si Maurice a bien ouvert ses portes à la France, en contrepartie, la proposition du président Nicolas Sarkozy portant sur une cogestion franco-mauricienne de Tromelin constitue une avancée positive dans ce contentieux. En effet, si la France accepte une cogestion, c’est qu’elle reconnaît que Maurice dispose d’un locus standi dans sa revendication de cette île. Maurice se voit maintenant offrir le choix d’accepter cette proposition ou d’insister sur la souveraineté totale. Puisque nous avons sollicité l’assistance française pour traquer des assassins et des violeurs dans le pays, ce n’est pas demain que la marine mauricienne sera en mesure d’éjecter des occupants étrangers qui squattent les îles lointaines faisant partie du territoire mauricien.
Depuis la révocation du ‘mamou’ qui dirigeait, sans éclat, la diplomatie mauricienne depuis 2005, le Premier ministre met en place ce qui semble être une nouvelle stratégie. Le fait le plus marquant de cette nouvelle orientation, c’est un rapprochement avec la France. Certains événements sont significatifs.
Par exemple, le passage de Mauritius Telecom sous le label Orange n’a pu se faire sans l’assentiment du Premier ministre. Pourtant, ce dernier ne manquait pas de dénoncer Paul Bérenger pour avoir vendu 40% du plus beau fleuron du patrimoine économique du pays à des étrangers. Or, le présent gouvernement est parti beaucoup plus loin dans l’acte de brader les richesses du pays.
Le recours par le Premier ministre aux compétences exceptionnelles de Joël de Rosnay est une autre indication de son rapprochement avec la France. Joël de Rosnay, qui ne manque pas l’occasion d’exprimer sa fierté d’être Mauricien, opère à partir de la France. Il est regrettable que les anciens gouvernements n’aient pas su tirer avantage des offres de collaboration faites par ce génie.
Maintenant que Joël de Rosnay a été nommé conseiller du Premier ministre et que le gouvernement entend mettre des facilites à sa disposition, le pays ne pourrait que profiter de la riche expérience de ce Mauricien de cœur. Surtout dans la tache d’édification de l’Ile Durable.
Ce n’est pas par coïncidence que l’ombre de Joel de Rosnay ait dominé la visite du Premier ministre en France. S’il existe dans le monde un pays qui soit vraiment amoureux de l’île Maurice, c’est bien la France. L’intérêt soutenu qu’elle porte à Maurice est susceptible d’éveiller les soupçons de ceux qui craignent une mainmise ‘impérialiste’.
L’étreinte d’amour de la France pourrait bien nous suffoquer. Mais de tous les pays qui entretiennent des relations étroites avec Maurice, c’est toujours la France qui propose des projets spécifiques, axés sur des secteurs particuliers. Les Britanniques n’ont-ils pas vendu Cable & Wireless ? Les Français, par contre, ont exprimé le souhait d’une participation dans Mauritius Telecom. Les Indiens, eux aussi,
Lors de la visite du Premier ministre à Paris, des accords de partenariat ont été signés dans des domaines hautement stratégiques, dont la sécurité intérieure, le développement futur de l’aéroport de Plaisance, la création d’une ferme éolienne, la mise en place d’une Cité des Métiers, la gestion des déchets. Les Français sont partie prenante dans la création de l’île Durable.
Et encore, la signature d’un accord à Paris portant sur la livraison de farine française aux Moulins de la Concorde (LMLC) en présence du Premier ministre a eu une portée hautement symbolique. Au début de l’année, prise dans la tourmente d’une politique de ‘White-bashing’, la compagnie LMLC était même menacée de fermeture, surtout que le ministre Jeetah venait de découvrir la panacée de la farine chinoise, avec approvisionnement assuré au moindre coût, assorti du label halal. Navin Ramgoolam aura d’autres couleuvres à avaler pour avoir donné trop de latitude à des ministres comme Jeetah.
La nouvelle orientation de la politique étrangère mauricienne est sans doute justifiée par les nouvelles données économiques internationales. Il n’est plus nécessaire pour Maurice de caresser dans le sens du poil toutes les puissances occidentales en vue d’assurer nos marchés d’exportation. Il ne reste qu’un seul pays qui pourrait nous porter un coup fatal, si jamais nous nous permettons le luxe de blesser son orgueil. Il s’agit de l’Inde dont le gouvernement a jusqu’ici résisté aux demandes pressantes de ses propres citoyens pour qu’on mette un terme au traité de non-double imposition qui le lie à Maurice. Dans la foulée du cadre du ‘tilt’ pro-France de notre diplomatie, l’équation indienne demande à être gérée avec le plus grand tact.
Si Maurice a bien ouvert ses portes à la France, en contrepartie, la proposition du président Nicolas Sarkozy portant sur une cogestion franco-mauricienne de Tromelin constitue une avancée positive dans ce contentieux. En effet, si la France accepte une cogestion, c’est qu’elle reconnaît que Maurice dispose d’un locus standi dans sa revendication de cette île. Maurice se voit maintenant offrir le choix d’accepter cette proposition ou d’insister sur la souveraineté totale. Puisque nous avons sollicité l’assistance française pour traquer des assassins et des violeurs dans le pays, ce n’est pas demain que la marine mauricienne sera en mesure d’éjecter des occupants étrangers qui squattent les îles lointaines faisant partie du territoire mauricien.
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7 Responses to "A Cocorico Tilt" 
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said this on 27 Jun 2008 2:00:57 PM MUT
Wonder why?
Quelle est l'attitude de la France face à la démocratisation ? Achille Mbembe, Professeur à l'université de Johannesburg: Elle l'accepte seulement du bout des lèvres. Dans son pré carré, elle s'y oppose avec ténacité depuis 1960. La France est connue pour prodiguer un soutien indéfectible aux régimes les plus corrompus du continent et aux satrapes les plus tordus. Il faut souhaiter qu'elle se désengage véritablement du continent. Les autres puissances ne s'opposent pas autant à la démocratisation. Cynisme et hypocrisie suffisent largement – encore que de nombreuses institutions privées américaines apportent une aide multiforme à la consolidation de la société civile. Cela dit, si les Africains veulent la démocratie, c'est à eux d'en payer le prix. Personne ne le fera à leur place. Ils ne l'obtiendront pas non plus à crédit. |
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said this on 22 Jun 2008 2:39:14 AM MUT
La question parlementaire de Bérenger sur Agaléga et les informations fournies par le PM sur les projets qui sont envisagés pour cette dépendance de Maurice sont révélatrices des intentions gouvernementales. Après que le groupe mauricien IBL eût été privé de l’opportunité de lancer un projet touristique dans cette île dans le cadre du « white-bashing » entrepris par les travaillistes, le gouvernement a finalement révélé qu’il préférait s’en remettre à des étrangers pour le développement de l’île. C’est une firme sud-africaine qui convoite l’île pour un projet d’envergure sur 400 hectares de terres. Décidément, le capitalisme sud-africain a la cote plus forte auprès du gouvernement que le capitalisme local (on se souvient de l’assassinat planifié de la firme Desbro par le ministère du Commerce suivi de son rachat par une compagnie sud-africaine). Le seul hic dans cette affaire, c’est l’étendue de la surface demandée par les sud-africains, laquelle est jugée trop élevée à ce stade. Mais si le gouvernement a généreusement cédé 500 arpents aux chinois dans le Nord, il est possible qu’il en donne autant aux sud-africains à Agaléga. Sinon, les Indiens sont toujours disponibles pour développer l’île.
En effet, le PM n’a pas exclu l’alternative indienne au cas où les négociations avec la firme sud-africaine n’aboutissent pas. Il se chuchotait récemment que l’Inde voulait avoir un bail à long terme sur Agaléga pour un projet d’envergure et le journal indien « Times of India » en avait parlé. Le gouvernement avait alors démenti toute rumeur de cession de l’île à l’Inde. Quoi qu’il en soit, le PM a dit que le recours à l’aide indienne pour le développement de l’île est sérieusement envisagé. Une présence indienne à Agaléga n’est donc pas exclue. Quelle forme cette présence prendra-t-elle ? On n’en sait pas encore, mais d’ores et déjà on constate que le territoire mauricien, vu sa position stratégique dans l’océan Indien, est convoité de toutes parts par des puissances mondiales ou régionales qui veulent consolider leurs zones d’influence dans le monde. Malgré les liens d’amitié du PM avec Gordon Brown, Sarkozy et Manmohan Singh, ces derniers ne sont pas des samaritains qui aideront Maurice sans recevoir rien en retour. Tony Blair n’avait pas changé d’un iota sa position sur la souveraineté britannique sur l’archipel des Chagos, cédé par SSR aux Anglais en 1967. Il n’était nullement sensible aux professions d’amitié que le PM lui faisait. Gordon Brown ne sera pas plus magnanime que son prédécesseur. La formule de cogestion de l’île Tromelin offerte par la France n’est qu’un déni de la souveraineté mauricienne sur cette île. Seuls des partisans naïfs y verront un changement dans la position française. Les américains ne quitteront jamais Diégo Garcia en raison des visées expansionnistes de la Chine qui établit des bases d’opération partout en Afrique et en Asie. La « menace chinoise » a déjà été évoquée lors de la présente campagne électorale aux Etats-Unis. Conscientes de la valeur de la zone marine exclusive de 200 milles autour de ces îles en vertu du droit de la mer, toutes ces puissances sont trop intéressées à tirer profit du potentiel de ressources qu’elles recèlent pour y renoncer. Les ignares de la politique internationale voient dans les démarches du PM autour des dossiers Chagos et Tromelin du progrès. Le réveil leur sera brutal lorsqu’ils réaliseront dans l’avenir combien le gouvernement a cédé aux étrangers chinois et sud-africains aux dépens des fils du sol qui ne manquent pas d’idées et de projets pour le développement de leur pays. Quelque chose de profond se passe à Maurice qui dépasse l’entendement des esprits simplistes. |
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said this on 19 Jun 2008 2:36:03 PM MUT
Joy, do not over-ride your passions of anti-Madan Dulloo.
Please go to the 10 Downing Street website and look at the photo galleries for June 2008. Your joy will wither! You will see Gordon Brown warmly welcoming Jakaya Kikwete, President of Tanzania, before a meeting of Commonwealth leaders in 10 Downing Street on 9 June 2008, attended by Navin Ramgoolam as Mauritian Minister of Foreign Affairs. It is normal that a host may be at the door to welcome your guests ... but fooling a country, a nation ... it shows to what extent Navin scorns Mauritians ...! Does that fulfill your joys? Navin Ramgoolam was not at 10 Downing Street in special audience with the Prime Minister of Great Britain! Oh shame! Another white lie of the duo Navin Ramgoolam - Rama Sithanen! Further, there was no discussions on Diego Garcia or any urgent dossier otherwise the press team of 10 Downing Street would have made mentions and Gordon Brown Office would have submitted a note of mention to the parliamentary committee of Foreign Affairs. Normally the note of mention is available for consultation at the Westminister Parliament by anyone. A journalist of Times newspaper has gratefully accepted to check this information on my behalf. There is no mention of a face to face meeting with the PM of Mauritius. Notes of mention have been sent for meeting with six other Commonwealth leaders who were at 10 Downing Street for the meeting and who had face to face meeting with Gordon Brown. Mauritians, once again, are taken for a ride by a liar, a habitual lie-criminal. |
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said this on 19 Jun 2008 6:38:40 AM MUT
Ramgoolam a fait sienne la philosophie de Bérenger de privilégier les relations avec les pays qui ont servi de source de peuplement à l’île Maurice, avec la différence qu’il va au-delà de la rhétorique émotionnelle pour prendre des engagements qui ont une influence certaine sur l’avenir économique et géo-politique du pays. L’ancien Premier ministre Bérenger, soucieux sans doute du caractère multiculturel du pays, se gardait de préférer un pays à un autre en maintenant un équilibre juste dans ses relations avec tous ces pays. L’actuel PM ne lésine pas sur les moyens de s’attirer les faveurs des pays de peuplement afin d’assurer l’aide étrangère essentielle au développement du pays et d’accroître l’investissement direct extérieur (IDE) à Maurice.
L’ironie dans toute cette démarche, c’est que Ramgoolam n’hésite pas à renier ses critiques d’antan ou ses promesses pour parvenir à ses fins. Pour preuve, les relations qui s’approfondissent entre Maurice et la France étaient autrefois vues d’un mauvais œil par les travaillistes. La vente de 40% d’actions de Mauritius Telecom à France Telecom sous le gouvernement MMM-MSM fut critiquée par le Ptr comme une braderie, avec une allusion aux blancs français qui voulaient accaparer notre patrimoine national. Cette allégation joua électoralement en faveur du Ptr. Maintenant, le Ptr va plus loin dans la voie de la braderie en permettant à Orange d’imposer ses marques de commerce sur la compagnie locale. Si Bérenger avait sollicité l’aide du scientifique franco-mauricien Joel de Rosnay aussi fortement que Ramgoolam le fait pour la mise en œuvre du projet « Ile Durable », les travaillistes y auraient vu « une complicité entre cousins ». Pour redorer leur blason auprès des franco-mauriciens qu’ils avaient tant vilipendés depuis 2000 à la faveur du deal Illivo, ils glorifient l’aide française, d’où qu’elle vienne. Comme quoi la politique étrangère du régime a une influence certaine sur des composantes spécifiques de l’électorat mauricien. Prenons un autre exemple : celui de la présence chinoise à Maurice. On imagine facilement avec quelle violence les travaillistes auraient réagi si le gouvernement MMM-MSM avait dépouillé des planteurs hindous de leurs terres pour céder 500 arpents de terre à des capitalistes chinois. L’électorat sino-mauricien est évidemment enchanté du rapprochement entre la Chine et Maurice, lequel s’appuie sur une politique d’ouverture qui profitera largement aux entrepreneurs chinois, étrangers aussi bien que locaux. Il y a là un dividende électoral certain pour le Ptr. D’ailleurs, lorsque Bérenger a posé une question parlementaire sur le projet Tianli, Sithanen n’a pas manqué de crier au « China-bashing », avec un clin d’œil évident à l’électorat sino-mauricien. Au-delà de ces considérations électoralistes, le projet de zone économique exclusive chinoise à Maurice pose toute la problématique d’une présence étrangère massive sur le sol mauricien jamais vue dans notre histoire. Il y a toujours eu des investisseurs étrangers à Maurice dans la zone franche et le tourisme. Ils viennent et repartent quand bon leur semble. Mais jusqu’ici l’Etat mauricien n’avait pas permis l’implantation d’une zone économique exclusive sur une étendue de 500 arpents qui soit réservée à des étrangers pour la production et l’exportation de marchandises vers l’Afrique. De cet investissement extérieur de Rs 20 milliards à Maurice, la Chine gagnera une base d’opération régionale dans le cadre de sa stratégie d’expansion mondiale. Mais le pays ne gagnera que quelques emplois indirects dans la sous-traitance de services ou la fourniture de produits de consommation à la colonie chinoise. La zone économique va sans aucun doute employer de la main d’œuvre chinoise directe, beaucoup plus productive que les mauriciens. Les milliards de roupies d’investissement n’entreront pas dans les poches de l’Etat ; ils serviront à acheter des matériaux et des équipements qui seront tous importés de Chine. Pour quelques emplois indirects, le gouvernement dépensera Rs 700 millions pour pourvoir la zone économique de l’infrastructure nécessaire. Nous voyons là une variante du modèle IRS (Integrated Resort Scheme) où toutes les recettes en provenance de l’achat de villas de luxe par des étrangers vont dans les poches d’opérateurs privés alors que l’Etat ne récolte qu’une maigre pitance en termes de taxes diverses sur les transactions immobilières. L’apartheid qui fut associé au projet IRS par les travaillistes se manifestera avec une colonie chinoise qui va opérer en vase clos dans l’économie. L’émergence de la Chine comme une puissance économique mondiale avec ses tentacules dispersés en Afrique et en Asie éveille des inquiétudes en Asie du Sud où l’équilibre régional semble rompu. L’Inde, en particulier, est incapable de concurrencer la capacité manufacturière de la Chine qui envahit le marché mondial avec ses produits bon marché. La Chine a accumulé autant de réserves de devises fortes qu’elle se permet de soutenir tous les régimes dictatoriaux dans les pays (Soudan, Birmanie, Zimbabwe) qui lui fournissent des matières premières. L’axe Chine-Pakistan est un épouvantail pour l’Inde qui craint un encerclement pernicieux. L’Inde a toujours vu en l’île Maurice un allié qui a soutenu sa position à l’ONU au sujet du traité de non-prolifération nucléaire. En retour, l’Inde tient à bout de bras le centre offshore de Maurice par le biais de l’accord de double imposition qui permet aux compagnies enregistrées à Maurice d’investir en Inde sans payer la taxe sur les gains en capital. En contrepartie de cette faveur, l’Inde exigera-t-elle un bail à long terme sur une partie du territoire mauricien pour mieux asseoir son influence dans l’océan Indien ? Sans s’en rendre compte, la politique d’ouverture tous azimuts du gouvernement a probablement empêtré l’île Maurice dans une stratégie géo-politique plus vaste où les ficelles seront tirées par des puissances régionales en proie à une guerre d’influence sournoise. On voit mal la France renoncer à Tromelin après toute sa générosité envers Maurice. Les anglais et les américains rouleront l’île Maurice dans la farine tant qu’ils auront besoin de l’archipel des Chagos pour la défense de l’Occident. |
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said this on 18 Jun 2008 7:33:03 PM MUT
The editorial of Suhash Gobine is very thematic at a time when we need to ask ourself where is Mauritius heading as a country.
Reading the comments of INSAF, I wonder whether our politicians today understand anything in politics. It seems that many highly commendable "prises de position" of Mauritius are simply ignored today. For example, SSR was offered on many occasions joint management of Ile Tromelin. If SSR accepted joint technical works on climatic conditions and oceanography, he has never accepted "gestion conjointe" of Ile Tromelin. His successors, SAJ and Berenger have also stood firm on this issue of sole sovereignty of Mauritius on Tromelin. What a shame Navin Ramgoolam, son of SSR, is giving away Mauritian sovereignty on Tromelin. Shame is not a vain word but perhaps too soft to qualify treachery toward the Mauritian nation. |
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said this on 18 Jun 2008 4:31:34 PM MUT
He achieved more than Madan Dulloo. PM should have revoked Madan long time back.
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said this on 18 Jun 2008 6:33:16 AM MUT
Est-ce un exercice sain pour la démocratie que la diplomatie mauricienne soit dirigée personnellement par le PM?
S’il est vrai que tout Premier ministre doit porter un intérêt particulier aux dossiers relevant de la politique étrangère, il n’en demeure pas moins que le cumul de trois postes importants (ministre de l’Intérieur, ministre des Affaires étrangères et de chef de gouvernement) par une seule personne comporte un risque de surmenage qui peut brouiller les priorités, obscurcir la réflexion et favoriser la pensée unique. Si le PM veut s’imposer en jonglant avec des dossiers complexes et différents que seul un esprit éclectique peut maîtriser, il se trompe. Loin d’être une prouesse intellectuelle, cette démarche trahit une tendance à vouloir tout contrôler, laquelle est inhérente aux dirigeants qui se méfient de leur entourage. Dans une monarchie, le roi prend toutes les décisions. Tantôt il agit seul, tantôt il consulte ses conseillers. En revanche, dans une démocratie parlementaire, c’est le conseil des ministres qui prend les décisions après un débat d’idées ouvert entre les ministres qui permette l’émergence d’une opinion majoritaire. Une fois qu’une décision est prise, la responsabilité collective des ministres est engagée. Les décisions du conseil sont alors exécutées par les ministres en vertu de la délégation des pouvoirs qui permet au PM de distribuer les responsabilités du pouvoir parmi eux. Une concentration de responsabilités entre les mains d’une personne entraîne nécessairement une concentration du pouvoir. De récents événements indiquent que c’est le bureau du PM plutôt que le conseil des ministres qui prend les décisions importantes. Lors des négociations avec la MSPA sur le plan de réforme de l’industrie sucrière, les ministres des Finances et de l’Agriculture furent relégués au second plan pour permettre au PM de conclure un accord. Les avis des conseillers du PM, pourtant non redevables de leurs actes auprès du public, avaient eu raison des points de vue de ces ministres. Alors que le ministre des Finances avait subi seul tout l’opprobre entourant ses deux premiers budgets, le troisième budget du gouvernement, sans doute plus alléchant que ses prédécesseurs, a été présenté comme l’œuvre du PM. Aujourd’hui, tous les ministres ne jurent que par le chef. Fort de cette fidélité, le PM n’estime pas nécessaire, à court terme, de nommer le titulaire du poste de chef de la diplomatie. Leader incontestable au pays, le PM se veut l’interlocuteur unique des pays étrangers sur les dossiers importants. Si cela arrange les chancelleries étrangères de discuter directement avec l’autorité supérieure de chez nous, il n’est pas évident que le PM gagne en efficience en matière de résolution de problèmes, même si ses pourparlers directs avec les pays étrangers rehaussent son rayonnement international. Au plan local, le « law and order » est le talon d’Achille du PM. Au plan international, en agissant seul sans l’avis d’un chef de la diplomatie chevronné, il risque de perdre des plumes dans les négociations avec les Gordon Brown et Sarkozy autour des contentieux aussi complexes que la cogestion de l’île Tromelin et la rétrocession de Diégo Garcia. Sur ces questions fondamentales, ce n’est pas le « chemistry » entre les hommes qui compte, mais une vision claire des enjeux géo-politiques et des intérêts d’Etat. Déjà, le dossier de la cession de 500 arpents de terre aux capitalistes chinois pour l’implantation d’une zone économique exclusive chinoise à Maurice est pleine de zones d’ombre. |
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