Tout le monde tombe à bras rac­cour­cis actuellement sur le mouvement Voice of Hindu (VoH). L’estocade a été portée par le Président de la République qui a pris position sur l’essentiel : personne ne peut impunément prendre la loi entre ses mains.

Le mouvement a été accusé de beaucoup de maux et les qualificatifs n’ont pas manqué : violent, terroriste, sectaire et …mercenaire. En effet, selon les affirmations de Harish Boodhoo, la principale activité de la VoH consiste à chasser des contrats et elle a été gratifiée sous cet aspect par l’ancien régime MSM-MMM. Comme cela se passe généralement quand le changement de saisons politiques déclenche la migration des carapates, la VoH roule pour le présent gouvernement après juillet 2005.

Mouvement terroriste et sectaire ? Pour se faire accepter par les puissants du jour, la VoH se trouve dans l’obligation de prouver qu’elle dispose d’une redoutable force de frappe. D’où ses interventions musclées quand une occasion propice se présente. Généralement la VoH évite les autres groupes organisés, se contentant de s’en prendre à des soft targets.

La VoH au service d’une communauté ? Autant qu’on le sache, la VoH n’a pas monté des programmes de conscientisation pour combattre les ravages de  l’alcoolisme et de la drogue, surtout chez les jeunes, dans les milieux qu’elle prétend défendre. Rien non plus pour amener les gens à se lancer dans l’entrepreneuriat et de cesser de courir après des jobs qui n’existent pas dans le gouvernement.

La VoH a été très sélective dans le choix des victimes d’injustice. Ainsi, quand l’opération de «lev paké allé» a été déclenchée par le présent gouverne­ment, à aucun moment la VoH n’a protesté contre le limogeage de Mmes Jyoti Jeetun et Soorya Gayan, dont la compétence n’a jamais été remise en question, même pas par le gouvernement. La VoH a par contre défendu un directeur financier
menacé de limogeage.

Ce directeur avait alloué de juteux contrats à des éléments de VoH, notamment la location d’une voiture Contract avec chauffeur pendant une année entière. Suivant un fort lobby de la VoH, l’homme n’a pas été limogé. Il a été tout simplement suspendu. Il touche son salaire et ses allocations et bénéficie toujours de sa voiture de fonction. Puisqu’il a pris de l’emploi ailleurs, l’homme empoche deux salaires grâce à la VoH.

Contrairement à ce directeur financier, Mmes Gayan et Jeetun ne signaient aucun chèque destiné à un ‘contracteur’ de la VoH. Elles ne savaient pas que la voix du paissa l’emporte sur toutes les autres considérations.

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