No State Funding, please
- By Subash Gobine
- Published 6th July, 2008
Il serait souhaitable que la condamnation générale des lobbies sectaires, suivant l’intervention de la Voice of Hindu à Candos, débouche sur une remise en question des organisations socioculturelles et de la responsabilité de l’Etat dans le financement des institutions religieuses du pays.
La société mauricienne n’a pas atteint le degré de sophistication culturelle de certaines nations avancées d’Europe et il ne saurait être question d’évacuer de notre système toutes ces organisations socioculturelles qui se targuent de promouvoir un agenda confessionnel ou linguistique particulier. D’ailleurs, la Constitution de Maurice permet la liberté d’association.
Toutefois, toute tentative d’une organisation socioculturelle d’entreprendre une action quelconque pouvant perturber la paix sociale et l’harmonie entre les communautés doit être systématiquement combattue. Il n’est pas permis à l’Etat, au gouvernement ou à la police de se laisser impressionner par une démonstration de force sur la voie publique ou par le défilé de leaders religieux autoproclamés.
Toutes les grandes bagarres, toutes les guerres civiles ont eu pour point de départ un dérapage qui n’a pas été contrôlé à temps. À Maurice, tout affrontement risque de mettre bien vite à terre l’industrie touristique dans sa totalité. Le risque économique d’une perturbation du climat social est énorme.
Sans vouloir émuler les Etats occidentaux qui répriment les expressions publiques d’affiliation confessionnelle, surtout au niveau du fonctionnement de l’Etat, le gouvernement mauricien pourrait s’engager à réduire graduellement son engagement institutionnel dans les religions avant de s’en dégager complètement.
Le secteur privé devrait lui aussi stopper bien vite un spectacle qui pourrait prendre de l’ampleur et qui consiste à inviter des hommes de religion à participer à certaines cérémonies. C’est un mauvais exercice de relations publiques. Quant à l’Etat lui-même, il devrait sérieusement envisager un phasing out du paiement de subventions à des organisations religieuses. Pour le présent exercice budgétaire, pas moins de Rs 74,6 millions ont été consacrées aux organisations religieuses non-catholiques et non-adventistes. L’Eglise et les Adventistes ont choisi sciemment de ne pas s’aventurer à l’Hôtel du gouvernement, armés d’une sébile.
Le paiement de subsides à tout le monde a fait partie d’un combat politique en d’autres temps. En effet, à un certain moment de sa colonisation, Maurice accordait des subsides uniquement à l’Eglise anglicane, religion de Sa Majesté britannique. Puis
la subvention a été étendue aux autres confessions. Mais il y avait toujours discrimination, les entités chrétiennes recevant davantage de fonds publics que les autres. Alors, nouveau combat pour la justice entrepris sous régime travailliste.
Le redressement travailliste, bien accueilli au départ, a connu par la suite une perversion au niveau de la société hindoue. En effet, les subventions de l’Etat ont encouragé le foisonnement d’un nombre d’organisations basées sur des considérations de mode de culte, de langues ancestrales et de castes. Des dirigeants collecteurs de fonds ont réalisé qu’ils avaient intérêt à cultiver ces divisions afin de justifier l’existence de leurs organisations.
Au lieu d’aider les organisations hindoues à mieux financer leurs activités, former leur personnel et construire des édifices, le paiement de subventions a nourri et accentué des divisions verticales et horizontales. Des divisions qui n’existent nulle part ailleurs dans la diaspora des coolies.
L’abolition des subventions entraînera aussi un assainissement dans le rapport entre les dirigeants des sociétés religieuses et les hommes politiques. En l’absence de subvention, les sociétés religieuses apprendront les vertus de l’effort et de l’autosuffisance et réaliseront qu’ils doivent assurer la pérennité de leurs institutions. Surtout, qu’il n’y a de geste plus ridicule que d’enguirlander des hommes politiques.
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Toutefois, toute tentative d’une organisation socioculturelle d’entreprendre une action quelconque pouvant perturber la paix sociale et l’harmonie entre les communautés doit être systématiquement combattue. Il n’est pas permis à l’Etat, au gouvernement ou à la police de se laisser impressionner par une démonstration de force sur la voie publique ou par le défilé de leaders religieux autoproclamés.
Toutes les grandes bagarres, toutes les guerres civiles ont eu pour point de départ un dérapage qui n’a pas été contrôlé à temps. À Maurice, tout affrontement risque de mettre bien vite à terre l’industrie touristique dans sa totalité. Le risque économique d’une perturbation du climat social est énorme.
Sans vouloir émuler les Etats occidentaux qui répriment les expressions publiques d’affiliation confessionnelle, surtout au niveau du fonctionnement de l’Etat, le gouvernement mauricien pourrait s’engager à réduire graduellement son engagement institutionnel dans les religions avant de s’en dégager complètement.
Le secteur privé devrait lui aussi stopper bien vite un spectacle qui pourrait prendre de l’ampleur et qui consiste à inviter des hommes de religion à participer à certaines cérémonies. C’est un mauvais exercice de relations publiques. Quant à l’Etat lui-même, il devrait sérieusement envisager un phasing out du paiement de subventions à des organisations religieuses. Pour le présent exercice budgétaire, pas moins de Rs 74,6 millions ont été consacrées aux organisations religieuses non-catholiques et non-adventistes. L’Eglise et les Adventistes ont choisi sciemment de ne pas s’aventurer à l’Hôtel du gouvernement, armés d’une sébile.
Le paiement de subsides à tout le monde a fait partie d’un combat politique en d’autres temps. En effet, à un certain moment de sa colonisation, Maurice accordait des subsides uniquement à l’Eglise anglicane, religion de Sa Majesté britannique. Puis
Le redressement travailliste, bien accueilli au départ, a connu par la suite une perversion au niveau de la société hindoue. En effet, les subventions de l’Etat ont encouragé le foisonnement d’un nombre d’organisations basées sur des considérations de mode de culte, de langues ancestrales et de castes. Des dirigeants collecteurs de fonds ont réalisé qu’ils avaient intérêt à cultiver ces divisions afin de justifier l’existence de leurs organisations.
Au lieu d’aider les organisations hindoues à mieux financer leurs activités, former leur personnel et construire des édifices, le paiement de subventions a nourri et accentué des divisions verticales et horizontales. Des divisions qui n’existent nulle part ailleurs dans la diaspora des coolies.
L’abolition des subventions entraînera aussi un assainissement dans le rapport entre les dirigeants des sociétés religieuses et les hommes politiques. En l’absence de subvention, les sociétés religieuses apprendront les vertus de l’effort et de l’autosuffisance et réaliseront qu’ils doivent assurer la pérennité de leurs institutions. Surtout, qu’il n’y a de geste plus ridicule que d’enguirlander des hommes politiques.
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2 Responses to "No State Funding, please" 
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said this on 09 Jul 2008 10:57:54 PM MUT
Voilà une autre analyse de Subash qui mérite d’être saluée. La proposition que l’Etat cesse de financer les sociétés religieuses repose sur le bon sens. L’île Maurice est censée être un Etat laïc où la religion et la politique sont séparées. C’est un postulat de jure, mais pas un constat de facto. Car dans la réalité le gouvernement, quel qu’il soit, tente d’influencer les sociétés religieuses pour amener leurs leaders d’opinion à prendre position en faveur de la politique gouvernementale. L’exemple le plus fragrant en est la prise de position de certaines sociétés socio-culturelles hindoues qui avaient soutenu le gouvernement dans son bras de fer avec l’industrie sucrière au sujet de la demande de cession de 2000 arpents de terres agricoles à l’Etat en retour du soutien gouvernemental au plan de réforme sucrière. Un autre exemple en est la prise de position de ces mêmes sociétés pour le rétablissement du « ranking » aux examens de CPE au défi des conseils des pédagogues compétents.
Au fil des ans, des relations de symbiose se sont développées entre l’Etat et les sociétés religieuses. Les deux entités se grattent les dos mutuellement pour faire avancer leurs agendas respectifs. Les sociétés religieuses demandent toujours plus de subventions, des terrains de la Couronne pour construire églises, temples, mosquées et autres centres culturels, et d’autres facilités. Les politiciens, eux, veulent toujours plus d’accès aux fonctions religieuses pour s’adresser à leurs coreligionnaires. Dans un Etat démocratique, la religion ne peut pas être au service de l’Etat. Des hommes religieux passant des guirlandes au cou de politiciens, cela est un dévergondage qui pervertit les mœurs. Les religions doivent trouver les moyens de s’auto-financer pour préserver leur indépendance, ce qui ne leur empêcherait pas de prendre position sur des questions d’importance sociale et morale (éducation, pauvreté, criminalité, etc.). L’Etat, lui, n’a pas pour mission de financer le développement des religions. |
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said this on 09 Jul 2008 5:59:54 AM MUT
Where there is State Fundings, there should be accountability. Is it not time to impose that the office of the Director of Audit verify the accountability of funds distributed to the NGOs and religious groups? Funding should be done and seen to be done along the principle of Corporate Social Responsibility and Good Governance.
But when it comes to organisations like the VOH, the same that has prompted you dear Subhas to write your editorial, the issue of State Funding does not arise. VOH is today heavily financed by a front line politician of Mauritius who resides in QB. Every body knows this. Where do all these monies come from? Is ICAC interested to know? Is the FIU of the Mauritius Police Force willing to investigate? Will MRA find out for tax purposes what is the source of income of VOH from that Minsiter? Someone said that there is a blackwolf there sitting in a white sheepskin, how true but are we scared of the wolf or will we ever scare that wolf away? |
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