Si j’étais toi…
- By Isshack Hasgarally
- Published 12th July, 2008
«Small disturbances and protests like the one we saw can be precursors to fanaticism and dangerous extremism that can, in the long run, hit hard the unity in a fragile multi-racial society like ours.»
Sobhanund Seeparsad (News on Sunday, July 4).
Je pensais épiloguer sur un récent incident. Avant, j’ai consulté un ami qui l’avait déjà commenté. Il n’est pas passé par quatre chemins pour m’en dissuader. «Tu sais, moi, je peux commenter, voire condamner, cet incident. Personne ne dira rien parce que je suis moi. Et je ne suis pas toi. Par contre, si tu oses écrire sur ce brûlant sujet – même avec la plus sainte des intentions – tu verras toute une communauté se dresser contre toi et t’admonester», m’a-t-il dit.
Ce conseil d’un ami de longue date, avec lequel j’ai partagé plus de 40 années au service du journalisme, m’est revenu à la mémoire à l’issue de la démonstration de force effectuée par la Voice of Hindu (VoH), à l’hôpital Victoria, Candos, le vendredi 27 juin dernier.
Faut-il, avant de dénoncer un abus du pouvoir, se renseigner sur l’identité de celui/celle qui a commis l’abus ? Faut-il attendre qu’un Harish Boodhoo, qui heureusement n’est pas moi, vienne faire le procès de la VoH et des dirigeants politiques qui ont fait d’elle ce qu’elle est devenue, pour que les langues se délient ? Et qu’on commence à parler d’actions, de réactions et de sanctions ? Et qu’au sommet de l’État, on autorise ENFIN la police à sévir ? En d’autres termes, à faire le boulot pour lequel la police est payée.
Mais, gênée dans l’exercice de ses fonctions, insultée, humiliée, molestée même, la police ne fait plus peur. Elle ne commande plus le respect. Aujourd’hui, comble de l’ironie, c’est le malheureux policier qui a
peur. Il n’a personne pour le protéger. Un petit policier, un jour, me raconte sa misère. Il devait arrêter un protégé politique notoire. «Si je l’arrête, je serai réprimandé pour avoir fait mon boulot correctement. Si je ne l’arrête pas, on me demandera pourquoi je n’ai pas fait mon boulot», avait-il dit.
Dans les circonstances actuelles, trouvez-moi un petit policier qui, dans l’exercice de ses ingrates fonctions, osera arrêter un membre de la VoH. Même si le PM qui le lui demande. Il aura peur de se voir transférer au bout du monde, après avoir, au préalable, été copieusement sermonné. La politique a dévalué, discrédité la force policière. Lui a fait perdre de son autorité.
D’un gouvernement à l’autre, on a tellement laissé la voie libre à la VoH que, finalement, elle s’est développée en une police parallèle. Un cancer. Un monstre. Un danger pour l’harmonie sociale et l’unité nationale. On voit difficilement le Premier ministre, malgré toute sa bonne volonté, arriver, aujourd’hui, à mettre au pas la VoH. Qui ne dit mot consent. Et la VoH a profité de ce mutisme des autorités pour s’affirmer. Comment, aujourd’hui, l’arrêter sans provoquer des troubles ?... Pourtant, il faut le faire. Si le PM ne veut pas que sa proximité avec la VoH ne soit assimilée à celle du dictateur haïtien François Duvalier avec ses milices, les Tontons Macoutes...
Sobhanund Seeparsad (News on Sunday, July 4).
Je pensais épiloguer sur un récent incident. Avant, j’ai consulté un ami qui l’avait déjà commenté. Il n’est pas passé par quatre chemins pour m’en dissuader. «Tu sais, moi, je peux commenter, voire condamner, cet incident. Personne ne dira rien parce que je suis moi. Et je ne suis pas toi. Par contre, si tu oses écrire sur ce brûlant sujet – même avec la plus sainte des intentions – tu verras toute une communauté se dresser contre toi et t’admonester», m’a-t-il dit.
Ce conseil d’un ami de longue date, avec lequel j’ai partagé plus de 40 années au service du journalisme, m’est revenu à la mémoire à l’issue de la démonstration de force effectuée par la Voice of Hindu (VoH), à l’hôpital Victoria, Candos, le vendredi 27 juin dernier.
Faut-il, avant de dénoncer un abus du pouvoir, se renseigner sur l’identité de celui/celle qui a commis l’abus ? Faut-il attendre qu’un Harish Boodhoo, qui heureusement n’est pas moi, vienne faire le procès de la VoH et des dirigeants politiques qui ont fait d’elle ce qu’elle est devenue, pour que les langues se délient ? Et qu’on commence à parler d’actions, de réactions et de sanctions ? Et qu’au sommet de l’État, on autorise ENFIN la police à sévir ? En d’autres termes, à faire le boulot pour lequel la police est payée.
Mais, gênée dans l’exercice de ses fonctions, insultée, humiliée, molestée même, la police ne fait plus peur. Elle ne commande plus le respect. Aujourd’hui, comble de l’ironie, c’est le malheureux policier qui a
Dans les circonstances actuelles, trouvez-moi un petit policier qui, dans l’exercice de ses ingrates fonctions, osera arrêter un membre de la VoH. Même si le PM qui le lui demande. Il aura peur de se voir transférer au bout du monde, après avoir, au préalable, été copieusement sermonné. La politique a dévalué, discrédité la force policière. Lui a fait perdre de son autorité.
D’un gouvernement à l’autre, on a tellement laissé la voie libre à la VoH que, finalement, elle s’est développée en une police parallèle. Un cancer. Un monstre. Un danger pour l’harmonie sociale et l’unité nationale. On voit difficilement le Premier ministre, malgré toute sa bonne volonté, arriver, aujourd’hui, à mettre au pas la VoH. Qui ne dit mot consent. Et la VoH a profité de ce mutisme des autorités pour s’affirmer. Comment, aujourd’hui, l’arrêter sans provoquer des troubles ?... Pourtant, il faut le faire. Si le PM ne veut pas que sa proximité avec la VoH ne soit assimilée à celle du dictateur haïtien François Duvalier avec ses milices, les Tontons Macoutes...
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