Un nouveau tandem
- By Subash Gobine
- Published 12th July, 2008
Hier, vendredi 11 juillet 2008, c’était le premier jour d’entrée en fonctions du nouveau Commissaire de Police Dhun Iswar Rampersad. Il commençait la journée de façon fort symbolique. Pendant que le nouveau CP faisait sa marche matinale à Sodnac avec son compagnon Mario Nobin, ses hommes déployaient de grands moyens pour effectuer un ‘raid’ au quartier général de la Voice of Hindu (VoH) à Quatre Bornes. Il y avait une telle mobilisation de différentes unités d’hommes en uniforme qu’il n’y manquait plus que le Police Band.
Le message était clair : le nouveau Commissaire ‘means business’ et il n’a pas froid aux yeux. Il n’est nullement impressionné par ceux qui se croient tout permis car ‘gouvernement dans la main’. Quelques jours auparavant, le gouvernement procédait à la nomination de Raj Mudhoo comme Secretary for Home Affairs (SHA), un poste aboli mais qu’avait occupé dans le passé le redoutable Bhinod Bacha. Raj Mudhoo s’est lui aussi bâti une réputation de no-nonsense dans la Fonction publique. Un CP fort et un SHA efficace peuvent revigorer la force policière et la rendre performante face aux nouveaux défis de l’insécurité et de la criminalité. Mais la question qu’on se pose est celle-ci : jusqu’où peut aller le tandem Mudhoo-Rampersad ? Comment vont-ils surmonter la pesanteur des calculs politiciens ? Réussiront à vaincre la lourde bureaucratie qui paralyse les institutions publiques, dont la police ?
La police mauricienne a raté les grandes innovations technologiques qui ont révolutionné les opérations policières dans les pays les plus avancés et même certains, moins avancés. Le plus grand défi qui attend le tandem, c’est la modernisation de la police. Modernisation ne veut pas dire remplacer les vieilles Mitsubishi par de nouvelles Prado.
Modernisation c’est surtout l’adoption de tous les moyens de ‘policing’ qui ont été rendus plus performants par les technologies de l’information et de la communication.
Une révolution culturelle s’impose en même temps que l’adoption de la technologie moderne. Pendant trop longtemps, les Mauriciens ont vécu et même accepté la «petty corruption» des policiers : Rs 200 par-ci, Rs 500 par-là, quelques milliers pour des délits plus graves. On ne peut rapporter à l’Icac tous ces cas de la monnaie dithé. Il faudrait alors créer un organisme indépendant- un genre de mini-Ombudsman- rien que pour combattre les petits délits dont sont coupables les policiers. Pour que cette révolution d’assainissement réussisse, il faudrait que l’exemple vient d’en haut. Si des constables voient le fils d’un haut gradé se pavanant au volant de la voiture de fonctions de papa, cela ne pourrait que les démoraliser. S’ils apprennent qu’un responsable a reçu un pot-de-vin pour ‘virer’ une enquête, ils n’hésiteront pas à accepter le billet de Rs 200 que leur file un automobiliste verbalisé pour avoir utilisé son téléphone portable.
Il faudra encore que le tandem Mudhoo-Rampersad remporte la bataille de sa propre crédibilité. Ils réussiront si les Mauriciens réalisent que quelque chose a vraiment changé à la police. Ainsi, si le raid au QG de la VoH n’était que du cinéma, cela équivaudrait à un véritable désastre de relations publiques pour la police.
Il suffit pourtant de quelques petits événements pour faire grand bruit. Ainsi, si demain, un ministre est verbalisé pour excès de vitesse, alors les Mauriciens prendront la mesure du vrai changement qui s’est opéré a la tête de la police et diront ‘Chapeau Mudhoo! Chapeau Rampersad !’ Si c’est un membre de la famille du ministre au volant d’une berline de l’Etat, ce sera encore plus spectaculaire.
Le message était clair : le nouveau Commissaire ‘means business’ et il n’a pas froid aux yeux. Il n’est nullement impressionné par ceux qui se croient tout permis car ‘gouvernement dans la main’. Quelques jours auparavant, le gouvernement procédait à la nomination de Raj Mudhoo comme Secretary for Home Affairs (SHA), un poste aboli mais qu’avait occupé dans le passé le redoutable Bhinod Bacha. Raj Mudhoo s’est lui aussi bâti une réputation de no-nonsense dans la Fonction publique. Un CP fort et un SHA efficace peuvent revigorer la force policière et la rendre performante face aux nouveaux défis de l’insécurité et de la criminalité. Mais la question qu’on se pose est celle-ci : jusqu’où peut aller le tandem Mudhoo-Rampersad ? Comment vont-ils surmonter la pesanteur des calculs politiciens ? Réussiront à vaincre la lourde bureaucratie qui paralyse les institutions publiques, dont la police ?
La police mauricienne a raté les grandes innovations technologiques qui ont révolutionné les opérations policières dans les pays les plus avancés et même certains, moins avancés. Le plus grand défi qui attend le tandem, c’est la modernisation de la police. Modernisation ne veut pas dire remplacer les vieilles Mitsubishi par de nouvelles Prado.
Une révolution culturelle s’impose en même temps que l’adoption de la technologie moderne. Pendant trop longtemps, les Mauriciens ont vécu et même accepté la «petty corruption» des policiers : Rs 200 par-ci, Rs 500 par-là, quelques milliers pour des délits plus graves. On ne peut rapporter à l’Icac tous ces cas de la monnaie dithé. Il faudrait alors créer un organisme indépendant- un genre de mini-Ombudsman- rien que pour combattre les petits délits dont sont coupables les policiers. Pour que cette révolution d’assainissement réussisse, il faudrait que l’exemple vient d’en haut. Si des constables voient le fils d’un haut gradé se pavanant au volant de la voiture de fonctions de papa, cela ne pourrait que les démoraliser. S’ils apprennent qu’un responsable a reçu un pot-de-vin pour ‘virer’ une enquête, ils n’hésiteront pas à accepter le billet de Rs 200 que leur file un automobiliste verbalisé pour avoir utilisé son téléphone portable.
Il faudra encore que le tandem Mudhoo-Rampersad remporte la bataille de sa propre crédibilité. Ils réussiront si les Mauriciens réalisent que quelque chose a vraiment changé à la police. Ainsi, si le raid au QG de la VoH n’était que du cinéma, cela équivaudrait à un véritable désastre de relations publiques pour la police.
Il suffit pourtant de quelques petits événements pour faire grand bruit. Ainsi, si demain, un ministre est verbalisé pour excès de vitesse, alors les Mauriciens prendront la mesure du vrai changement qui s’est opéré a la tête de la police et diront ‘Chapeau Mudhoo! Chapeau Rampersad !’ Si c’est un membre de la famille du ministre au volant d’une berline de l’Etat, ce sera encore plus spectaculaire.
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