‘Awaiting Incredible Hulk’
- By Subash Gobine
- Published 19th July, 2008
Qui sont ceux qui souhaitent que l’élection d’Ashock Jugnauth soit finalement cassée par le verdict des Law Lords à Londres ? Certainement pas Navin Ramgoolam ! Encore moins Pravind Jugnauth !
Cela pourrait avoir l’air d’un paradoxe mais Navin Ramgoolam et Pravind Jugnauth souhaiteraient vivement qu’Ashock Jugnauth conserve son siège. Par contre, en remportant le procès, Ashock Jugnauth pourrait causer un chamboulement dans la stratégie de reconquête du pouvoir du MMM. Tant dans le cas du Premier ministre que celui du leader du MSM, une analyse coûts-bénéfices d’une participation à une élection partielle dans le No 8 indique que le risque d’une défaite serait trop préjudiciable à leurs intérêts politiques que les avantages qu’on pourrait tirer d’une victoire.
Pour l’Alliance gouvernementale, une défaite à une année des élections générales dans une circonscription à forte présence ‘hindi-speaking’ serait un énorme boulet à traîner. Pour Pravind Jugnauth, le risque est encore plus grand. En effet, le leader du MSM n’aurait d’autre choix que de se présenter lui-même à cette partielle. Déléguer quelqu’un d’autre serait vu comme
une concession de défaite. Seul, en alliance avec les Travaillistes ou comme candidat commun d’une alliance MSM-MMM, le jeune Jugnauth devrait impérativement gagner. Autrement, il serait condamné à mettre un terme à sa revendication du poste de Premier ministre dans une alliance avec le MMM. Dans l’un ou l’autre scénario d’alliance, comme dans le cadre d’une option solo, une défaite prouverait que son apport n’aura pas été déterminant.
Pour Navin Ramgoolam comme pour Pravind Jugnauth, une élection partielle serait une distraction trop risquée.
Cependant, le facteur Ashock Jugnauth plombe aussi la stratégie du MMM. S’il perd, le MMM se voit priver d’un allié hindou et vaish appelé à constituer une équipe rurale de têtes fortes servant de soutien à Paul Bérenger. S’il gagne, il en sort requinqué comme Incredible Hulk. Il va exiger le poste de Premier ministre et s’approprier littéralement les ressources du MMM. Ce parti verrait sa marge de manœuvre réduite à la seule option Ashock alors que Paul Bérenger aime jouer sur plusieurs tableaux à la fois.
Si les Law Lords décident en faveur d’Ashock Jugnauth, ils condamnent en même temps les militants, engagés dans une lutte épique depuis 40 ans, à se constituer loyaux vassaux d’un membre de la famille Jugnauth. Encore un.
Cela pourrait avoir l’air d’un paradoxe mais Navin Ramgoolam et Pravind Jugnauth souhaiteraient vivement qu’Ashock Jugnauth conserve son siège. Par contre, en remportant le procès, Ashock Jugnauth pourrait causer un chamboulement dans la stratégie de reconquête du pouvoir du MMM. Tant dans le cas du Premier ministre que celui du leader du MSM, une analyse coûts-bénéfices d’une participation à une élection partielle dans le No 8 indique que le risque d’une défaite serait trop préjudiciable à leurs intérêts politiques que les avantages qu’on pourrait tirer d’une victoire.
Pour l’Alliance gouvernementale, une défaite à une année des élections générales dans une circonscription à forte présence ‘hindi-speaking’ serait un énorme boulet à traîner. Pour Pravind Jugnauth, le risque est encore plus grand. En effet, le leader du MSM n’aurait d’autre choix que de se présenter lui-même à cette partielle. Déléguer quelqu’un d’autre serait vu comme
Pour Navin Ramgoolam comme pour Pravind Jugnauth, une élection partielle serait une distraction trop risquée.
Cependant, le facteur Ashock Jugnauth plombe aussi la stratégie du MMM. S’il perd, le MMM se voit priver d’un allié hindou et vaish appelé à constituer une équipe rurale de têtes fortes servant de soutien à Paul Bérenger. S’il gagne, il en sort requinqué comme Incredible Hulk. Il va exiger le poste de Premier ministre et s’approprier littéralement les ressources du MMM. Ce parti verrait sa marge de manœuvre réduite à la seule option Ashock alors que Paul Bérenger aime jouer sur plusieurs tableaux à la fois.
Si les Law Lords décident en faveur d’Ashock Jugnauth, ils condamnent en même temps les militants, engagés dans une lutte épique depuis 40 ans, à se constituer loyaux vassaux d’un membre de la famille Jugnauth. Encore un.
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5 Responses to "‘Awaiting Incredible Hulk’" 
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said this on 30 Jul 2008 5:44:29 AM MUT
INSAF, li paret ki ou fine blié ki Navin mem fine trouvé ki li ene tortue!
Li tir la tet, pov l'étourdi. Li paniké: "Ein ki apé arivé?" Ek ré coulé, per kasiete; roukoulé, dormi ... lor dosiyer ... dormi lor ... moris! |
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said this on 29 Jul 2008 6:32:05 AM MUT
Le scepticisme exprimé par Ramgoolam, dans L’Express d’hier, quant à la possibilité d’une recomposition de l’alliance MMM-MSM indique qu’il porte un intérêt particulier à ce qui se passe entre ces deux partis. En effet, le PM fera tout pour empêcher une telle éventualité car il est très conscient du fait que l’alternative MMM-MSM est une menace sérieuse à son pouvoir. En filigrane, la déclaration du PM laisse comprendre qu’il pense déjà aux tactiques qui lui permettront de raviver l’animosité entre les deux partis d’opposition.
L’objectif à court terme du PM est de créer les conditions qui éloigneraient le MMM et le MSM l’un de l’autre. A cet effet, des émissaires du Ptr rencontreront les dirigeants des deux partis séparément pour les sonder sur les possibilités d’alliance avec le Ptr. Le Ptr ne manque pas de carottes pour attirer soit le MMM soit le MSM. Pour amadouer le MMM, l’offre d’une présidence de la République à Bérenger, assortie de l’intégration du MMM au gouvernement, serait mise sur la table de négociation. Une éventuelle alliance Ptr-MMM serait alors présentée comme une coalition d’unité nationale formée pour s’occuper de grands enjeux économiques du pays (crise alimentaire, choc pétrolier, etc.). En même temps, le Ptr négocie avec le MSM pour recomposer l’alliance bleu-blanc-rouge. Avec SAJ restant à Réduit pour un autre mandat présidentiel, Pravind Jugnauth se verrait offrir le poste de vice premier ministre constitutionnel. Une alliance PTr-MSM serait conclue au nom de l’unité hindoue et de la poursuite de la «démocratisation économique ». Avec le MMM ou le MSM, le Ptr partirait gagnant aux prochaines élections. Quel parti d’opposition le Ptr réussira-t-il à gagner à sa cause ? Pravind Jugnauth déclare sur tous les toits que le MSM fera partie du prochain gouvernement, quel qu’il soit. Si cette confiance paraît quelque peu démesurée, le MSM tout au moins exprime le désir d’être au prochain gouvernement. Le Ptr est très sensible à ce désir. D’ailleurs, le fait que Pravind pose des conditions pour la reconstitution de l’alliance MMM-MSM (retour de Naidu, mise à l’écart d’Ashok Jugnauth, etc.) montre que le chemin de la réconciliation est semé d’embûches. Pravind vient de rappeler que le MMM devrait tirer les leçons des dernières élections, c’est à dire qu’une alliance avec Bérenger comme candidat au poste de PM n’a pas de chance de victoire. Dans les mois à venir, le MSM lorgnera davantage le Ptr, à moins que Bérenger fasse un hara-kiri politique et cède la candidature au poste de PM pour cinq ans à Pravind. |
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said this on 26 Jul 2008 7:53:36 AM MUT
La déclaration de Bérenger à l’effet que le MMM soutiendrait la candidature de Pravind Jugnauth lors d’une éventuelle élection partielle dans la circonscription no. 8 est un développement significatif. Après une période de mutuelles suspicions entre eux, le MMM et le MSM se sont engagés dans un pacte de non-agression pour laisser la situation se décanter. La nouvelle démarche du MMM, subordonnée toutefois à la condition que Pravind Jugnauth n’utilise pas une éventuelle victoire pour réclamer le poste de Premier ministre pour cinq ans dans une alliance MMM-MSM, est un acte de bonne volonté que Pravind Jugnauth ne saurait ignorer.
Après s’être entiché d’Ashok Jugnauth trop vite dans le cadre de sa stratégie visant à trouver un successeur au patronyme célèbre pour remplacer Pravind au MSM, Bérenger réalise maintenant que l’oncle de Pravind n’a pas l’étoffe d’un Premier ministrable, surtout après le jugement de la Cour Suprême annulant son élection. L’Union nationale a été un non-starter, d’ailleurs handicapé par des défections durant ses premiers mois d’existence. Qu’il reste député ou non après le verdict du Conseil Privé, Ashok Jugnauth n’a pas le même poids politique que son neveu et son parti n’a pas les mêmes assises ni les mêmes ressources que le MSM. La stratégie du MMM de s’attirer de petits alliés (PMSD, Ramjuttun, Dulloo) pour accroître son influence n’a pas donné les résultats escomptés. Rattrapé par le real politik, Bérenger se rend compte que le symbolisme d’une alliance MMM-MSM pèse plus lourd que le poids réuni de tous les petits alliés ralliés à sa cause. Comment Pravind va maintenant réagir ? Face à l’offre de soutien du MMM, il doit lâcher du lest pour arriver à un accord dans la perspective d’une élection partielle qu’il devrait gagner pour entrer au Parlement et assumer pleinement le leadership du MSM. Ramgoolam sans doute pourrait lui offrir la même opportunité politique dans le cadre d’une alliance Ptr-MSM, mais dans ce scénario il aura à abandonner tout espoir de devenir Premier ministre. L’offre du MMM est plus intéressante parce qu’elle repose sur un partage du pouvoir entre les deux partis. Il faut à Pravind une bonne dose de réalisme politique pour réaliser que la politique est finalement l’art du compromis. |
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said this on 21 Jul 2008 6:59:22 AM MUT
Dans toutes les démocraties parlementaires dignes de ce nom, la possibilité de l’invalidation de l’élection d’un député, avec ses implications en termes d’une élection partielle de remplacement, n’est pas un enjeu politique national. En Europe et en Amérique du Nord, des élections partielles se font fréquemment dans une indifférence générale et les résultats de ces élections ne font l’objet que d’un entrefilet dans la presse. Maurice est une exception à la règle : on fait toujours d’une élection partielle un test de la popularité du régime ou de l’opposition en faisant abstraction des réalités locales de la circonscription. Il y a une tendance malsaine à surpolitiser et à dramatiser les choses au point où l’on subordonne toutes les préoccupations majeures à une question sans importance nationale.
Imaginons ce qui se passera si Ashok Jugnauth perd son appel. Tous les états-majors politiques (MMM, MSM et Alliance sociale) se mettront en branle pour conclure une alliance qui leur permettra de garder le pouvoir ou de s’y rapprocher. Ils feront monter les enchères et tiendront la population en otage, le temps d’une campagne électorale qui fera diversion aux problèmes plus pressants du pays. Il y aura un gaspillage d’énergie énorme dans tous les partis, une mobilisation extraordinaire pour gagner l’élection partielle et une débauche de moyens qui précisément est à l’origine de la contestation de l’élection de Jugnauth. Aucune élection partielle n’a été gagnée par le gouvernement sans la distribution de faveurs à l’électorat local. Celle qui pourrait avoir lieu à Moka-Quartier Militaire ne serait pas différente malgré un éventuel jugement du Conseil Privé contre Jugnauth. Sans préjuger du sort de l’appel de Jugnauth, il serait souhaitable qu’il gagne son affaire afin que le pays puisse être épargné d’une autre campagne électorale qui déclencherait toutes sortes de tractations politiques malsaines. En effet, tous les partis ont intérêt à voir le statu quo continuer jusqu’aux prochaines élections générales. Ils ne veulent pas qu’une élection partielle déclenche un séisme qui précipite les alliances et les force à faire des compromis. Le MMM et le MSM ne doivent pas s’engager précipitamment dans des options d’alliance avec l’un et l’autre ni avec l’Alliance sociale sans pouvoir mesurer les conséquences de leur action. Le gouvernement devrait donner à la population le temps de statuer sur sa performance à lui seul. Toute béquille d’un parti d’opposition qu’il s’adjoindrait fausserait les enjeux. Entre le MMM et le MSM, les choses semblent revenir à un ton mutuel plus agréable. Qu’ils laissent le temps faire son œuvre. Une meilleure coordination de l’action des partis d’opposition est souhaitable face à la politique du gouvernement, qui ne change pas d’orientation ni de méthode. Chaque semaine qui passe apporte son lot de scandales les uns plus révoltants que les autres. Les désillusions s’accumulent. La population n’a pas besoin d’un imbroglio politique qui brouillerait les pistes. |
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said this on 22 Jul 2008 8:34:00 AM MUT
I agree entirely with Insaf and I believe he must be somebody who is very sharp about Mauritian politics. Bravo.
I'll only add that one has to remember that Sept may be a turning point as there is a generalised nostalgic feeling about Sir Aneerood . Whatever his decision is, it will weigh heavy in the balance of power . |
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