L’influence du président
Quel est le lien entre sir Anerood Jugnauth, Navin Ramgoolam et Paul Bérenger…à part le fait, bien évidemment, qu’ils aient tous trois été Premier ministre ? Il s’agit tout simplement d’une histoire de décoration. Cette semaine, Navin Ramgoolam a reçu sa décoration. Il a été fait Grand Commander of the Star and Key of the Indian Ocean. Très ému, après avoir reçu sa médaille des mains de sir Anerood Jugnauth, il a déclaré qu’il n’était pas intéressé par les décorations, mais que le président de la République avait insisté… Ainsi, il ne pouvait décemment pas refuser ce titre. Étrangement, c’est, au mot près, la même phrase qu’avait dite Paul Bérenger lorsque lui aussi avait été fait GCSK. Le leader du MMM avait même ajouté que, comme tout le monde le sait, il a toujours refusé toute offre de décoration. Mais que, visiblement, il ne pouvait aller contre le vœu de sir Anerood. Navin Ramgoolam a, lui, précisé que ce n’était pas une mauvaise chose que tous les Premiers ministres obtiennent cette décoration. Mais là n’est pas la question. Ce qu’il faut se demander, c’est où s’arrête l’influence de sir Anerood Jugnauth ? S’il arrive même à convaincre Navin Ramgoolam…

L’immunité en question
La retransmission en direct des travaux parlementaires semble être en bonne voie. Un Select Committee a été institué pour discuter des modalités de ce projet. Le Premier ministre, le leader de l’opposition et le speaker de l’Assemblée natio-nale sont unanimes sur le sujet. Il est vrai que cette démarche a ses avantages, dont le fait qu’elle obligera certains honorables membres à se départir de leurs « bedside manners ». Il y aura moins de  « tombe déhors » et de jurons. On aura ainsi un peu plus de décorum dans la Chambre. Mais cela pourrait poser un problème. Beaucoup de députés utilisent leur immunité pour lancer toutes sortes d’allégations. Il est vrai que le speaker intervient pour sanctionner les abus. Mais il est souvent trop tard. Néanmoins, les allégations portées l’ont été devant les parlementaires et les invités de l’Assemblée nationale uniquement. Avec la retransmission en direct, ces allégations seront lancées devant des centaines/milliers de personnes assises devant leur petit écran ou à côté de leur transistor. Donc, oui à la possibilité de voir nos valeureux gladiateurs en découdre dans l’hémicycle,
mais attention quand même ! Messieurs les députés, un peu de tenue…

Le X écologique
Il était temps ! Xavier-Luc Duval a annoncé – et chaleureusement accueilli – la présentation prochaine d’une lé-gislation visant à interdire l’affichage illégal. Ouf ! Après son adoption au Parlement, on ne pourra coller des affiches que sur des structures désignées pour ! Mais ce n’est pas la seule annonce faite par le ministre du Tourisme. Xavier-Luc Duval a également révélé qu’il y aura bientôt une grande campagne pour la stérilisation des chiens errants et pour rénover/repeindre les arrêts d’autobus. Tout cela se situe dans le cadre de la campagne de la Tourism Authority visant à peindre un gros X, avec de la peinture noire, sur les affiches illégales. Sauf celles remerciant le Premier ministre pour le budget 2008/9. N’empêche que l’idée est excellente. Il ressemble quelque part à celle de l’alliance MSM/MMM de ne pas utiliser du plastique lors des campagnes électorales. Ses dirigeants avaient commencé à mettre en pratique ce qu’ils prêchaient au début de la partielle du No 7. Mais, vu le retard accusé sur le candidat de l’Alliance sociale, Rajesh Jeetah, cette mesure avait été mise à la poubelle.

CMT Week
Bizarrement, la Compagnie mauricienne de textile (CMT) a été sous les feux de l’actualité tout au long de la semaine. D’abord, pour une mauvaise raison. Les critiques et manifestations contre son usine, accusée de pollution à La Tour Koenig, se poursuivent de plus belle. Ce qui a d’ailleurs provoqué une sortie virulente de Sylvio Michel. Le leader des Verts fraternels a averti le ministre Bachoo qu’il le trouverait sur son chemin – plutôt devant son ministère – s’il n’assumait pas ses responsabilités dans cette affaire. La CMT s’est retrouvée dans l’actualité pour une bonne raison aussi. Elle s’est vu décerner le morceau de terrain, très prisé, sur lequel Bel Air Sugar Estate avait jeté son dévolu. François Woo y construira deux hôtels. Mais cela a provoqué une sortie d’Éric Guimbeau, affirmant que ce n’était pas « de la démocratisation, mais plutôt une décision basée sur la haine anti-Blancs ». Enfin, le ministre Vasant Bunwaree a annoncé la présentation prochaine d’une législation permettant aux employés du secteur privé de bénéficier d’une révision salariale chaque deux ans. Une bonne nouvelle pour ces milliers de travailleurs laissés-pour-compte. Mais, comme on pouvait le deviner, la résistance a déjà commencé à s’organiser parmi les patrons. Qui a donc lancé la première salve ? La CMT ! Samedi, ses directeurs ont souligné que c’est le multi-choc au sein du secteur textile. Comme quoi, cette semaine, c’était la CMT Week.