La promesse
« Tu m’as appris à voir dans le noir et les illusions ». Ashock Jugnauth a intérêt à méditer ces paroles de Catherine Lara, contenues dans sa chanson, intitulée La Promesse. Il a dû être surpris, vendredi matin, en entendant, sur les ondes de Radio-Plus, Paul Bérenger annoncer qu’il privilégiait une alliance avec le MSM. Et que le MMM était même prêt à soutenir une candidature de Pravind Jugnauth à une éventuelle partielle au No 8. Surpris, Ashock devait l’être. Car Paul Bérenger avait affirmé, quelques mois plus tôt, que dans l’éventualité d’une partielle au No 8, le MMM n’allait pas mettre de candidat. À demi mot, il avouait que les Mauves allaient soutenir Ashock Jugnauth. Aujourd’hui, les données ont complètement changé. Le leader de l’Union nationale n’a plus le même aura que dans le temps. Il y a d’autres choses, à part un siège à l’Assemblée nationale, ambitions qu’un jugement de la Cour suprême peut invalider. Par exemple, des ambitions premierministérielles. C’est ce qui explique la colère d’Ashock Jugnauth vendredi. « Je ne serais jamais là où sera le MSM. Bérenger ne peut m’obliger à le faire », a-t-il déclaré. Il n’a pas trop à s’en faire néanmoins. Paul Bérenger n’a-t-il pas dit, aux membres de sa régionale du No 6, que Madan Dulloo « serait plus facile à contrôler au sein du parti. »

Revoilà Soburrun
Anand Soburrun retourne en politique. Vous ne vous soouvenez pas de lui ? Candidat rouge aux législatives de 1995, sous la bannière de l’alliance PTr/MMM, Anand Soburrun s’était fait élire en troisième position dans la circonscription No 12. Après la cassure de 1997, dans le camp travailliste, on lui reprocha sa proximité avec les mauves. C’est son droit de faire ami-ami avec qui il voulait, avait-il répondu. Puis, sur les conseils de ses copains mauves, il avait pris ses distances du PTr, en 1999, pour siéger en indépendant. Il se chuchote qu’une investiture pour les prochaines législatives lui avait même été promise. Bon, Anand Soburrun n’obtint pas de ticket en 2000 et retourna à l’anonymat. Et aussi à ses affaires. Il n’est revenu dans l’actualité qu’une seule fois lorsque des religieux ont fait une pétition pour que la mairie de Port-Louis prenne des actions contre son pensionnat qui se trouvait trop près, à leur goût, de leur lieu de culte. Revoilà Anand Soburrun qui fait son come-back en politique ! Il a choisi le MSM pour poursuivre sa lutte. Et comme tout nouveau converti, il n’a que des éloges pour son nouveau guru. « Pravind Jugnauth représente l'avenir
du pays. C'est un homme honnête, sincère et intègre. L’avenir réside dans le MSM », a-t-il déclaré. Rien de plus normal.

Rapprochement
Silence assourdissant. Où sont passés les alliés du MMM ? Les mêmes qui avaient été conviés à un fameux dîner pour dire adieu à 2007 et pour accueillir 2008. Étrangement, celui qui a la réputation du plus bruyant du groupe est celui-là même qui se fait le plus discret. C’est vrai que l’on n’entend plus parler de Dinesh Ramjuttun. Idem pour Raj Dayal. Seul le PMSD fait, de temps en temps, entendre la voix de stentor d’Éric Guimbeau. Surtout lorsqu’il accuse le gouvernement de faire le contraire « de la démocratisation de l’économie ». Ils ne la ramènent pas. Et c’est compréhensible. Car les négociations entre le MSM et le MMM vont bon train, grâce aux bons soins d’un proche parent de l’un des deux leaders concernés. Celui-là même que les dirigeants de l’autre parti ne tenaient pas en odeur de sainteté, à l’époque de l’alliance MSM/MMM. Les discussions ont atteint un stade si avancé que Paul Bérenger a laissé entendre aux membres de sa régionale No 6 qu’il envisageait même de soutenir Pravind Jugnauth en cas d’une partielle au No 8. Si, bien évidemment, un accord a déjà été conclu pour les prochaines législatives. Et ce, même s’il est persuadé qu’Ashock Jugnauth conservera son siège. Silence, on négocie !

Le bon mot
Navin Ramgoolam a procédé au dévoilement du buste de sir Kher Jagatsingh, jeudi, à Beau-Bassin. Comme à son habitude, il nous a fait un petit rappel historique intéressant. Jeudi, il s’est souvenu que c’est sir Kher, en tant qu’ancien ministre de l’Éducation, qui était à l’origine du projet de SSS La Gaulette. Et, un jour plus tard, Dharam Gokhool a réclamé un délai pour trouver une solution au problème qui touche cet établissement. La semaine a aussi été marquée par une augmentation de plus de 100% du prix du sucre. Maurice, pays producteur de sucre ? On en douterait. Bof, c’est comme les cordonniers mal chaussés. Sur le plan international aussi, deux événements ont attiré l’attention. D’abord, Rome a dédommagé la Libye pour les années durant lesquelles l’Italie était le maître colonial du pays de Kadhafi. Si toutes les anciennes puissances coloniales faisaient de même… L’Australie, où le gouvernement s’est excusé auprès des Aborigènes pour leurs souffrances et leur conversion forcée, fait donc école. Enfin, Barack Obama a réuni plus de 200 000 Allemands, cette semaine, à la Colonne de la Victoire. Un Black superstar à Berlin ! Hitler aurait mangé sa moustache. Heureusement, Obama n’a pas eu, comme John Fitzgerald Kennedy, à hurler : « Je suis un Berlinois  ».