C’est par son acharnement à faire respecter sa décision qu’on découvre un vrai leader. Il se distingue de celui qui courbe l’échine, qui se cache sous le lit à la moindre bourrasque et qui revient finalement sur sa décision. Le projet du gouvernement d’introduire l’heure d’été a mis en évidence les qualités de décideur du ministre Abu Kasenally.

Vendredi, un mouvement hindou s’est singularisé en commentant l’heure d’été. Depuis des millénaires, les hindous ont maîtrisé toutes les complexités liées au temps et au mouvement des planètes. Les prêtres sanathanistes sont formés pour lire les almanachs et les horoscopes avec la plus grande précision, quels que soient le lieu et l’heure de naissance du sujet sur la planète.

Au commencement d’une prière, ils prennent la peine de préciser le lieu exact sur la terre où la cérémonie a lieu. Donc, si l’heure est décalée d’une heure, il n’est pas nécessaire d’imprimer une nouvelle édition de l’almanach hindou connu comme le ‘panchan (gham)’. De toute façon, il y a déjà un décalage d’heure entre Maurice et l’Inde et cela n’a jamais dérangé un ‘pandit’ local au cours de ces dernières 175 années.

Avant la sortie du groupuscule de vendredi, d’autres encore ont voulu tirer avantage politique de la démarche du gouvernement, tentant
même de créer des pro­blèmes qui n’existent vraiment pas. Les téléspectateurs ont eu l’occasion de constater à quel niveau on descend au Parlement dans de vaines tentatives de créer des controverses pour marquer des points politiques. C’est avec beaucoup de doigté et de conviction que le ministre Kasenally a fait voter son projet de loi.

L’autre frère Kasenally, Swalay, avait tenté lui aussi la même expérience, il y a 26 ans. Malheureuse­ment, ce projet fut abandonné, victime de la dissension qui s’était produite à l’intérieur du MMM. Les données entre 1982 et 2008 sont totalement différentes. Davantage qu’en 1982, l’expérience mérite d’être tentée en 2008. Si le ‘summer time’ se révèle un désastre économique ou social, on pourrait toujours l’abandon­ner. Il se peut que l’expérience soit vraiment bénéfique pour le pays. Toutefois, on ne doit pas s’attendre à de gains spectaculaires car le décalage d’ensoleillement entre l’hiver et l’été n’est pas aussi prononcé à Maurice, contrairement aux pays de l’hémisphère nord.

La civilisation humaine a été bâtie par des pionniers qui ont tenté de nouvelles expériences. C’est par un laborieux processus de «trial and error» qu’on arrive à des expériences concluantes. Dans le cas de l’heure d’été mauricienne version 2008, nous partons avec la certitude qu’Abu Kasenally va gérer son dossier «in open daylight».