Le grand Shekar
Quel député va probablement marquer cette présente mandature ? Ce n'est ni Paul Bérenger, ni Nando Bodha, ni même Shakeel Mohamed.
C'est nul autre que Shekar Naidu. En l'espace de trois ans, le haut cadre de Caltex est passé de l'extrême anonymat pour devenir le principal écueil pour la concrétisation d'une alliance entre le MSM et le MMM. Qui dit mieux ? C'est pour rigoler, bien évidemment ! N'empêche que, sur ce point au moins, Pravind Jugnauth a bien joué le coup en rappelant que, pour qu'une alliance marche, il est primordial que les deux partenaires établissent une relation de confiance. Et que l'un évite de faire des crocs-en-jambe à l'autre. Comme ce fut le cas avec Shekar, malgré le fait que le principal concerné lui-même et le MMM – dont Rajesh Bhagwan, le guru politique de Naidu – nient s'être adonnés à une campagne de déstabilisation. Le leader du MSM a aussi réclamé – certainement pour rire – que le MMM lui rende le grand Shekar pour prouver sa bonne foi. Deux ans plus tôt, il avait aussi réclamé le retour d'Ashock Jugnauth pour renouer la communication avec les mauves. Il avait reçu une fin de non-recevoir, la dernière fois. Pis, le leader de l'Union nationale (UN) a indiqué qu'il ne sera « jamais là où se trouve » le MSM. Shekar, lui, répond : «Une alliance d'abord!» En fait, on tourne en rond. Si Shekar revient maintenant, cela prouvera que le MMM a orchestré sa désertion. Alors, va-t-il être le grain de sable qui grippe la machine ou le sauveur du pays ? La suite paraît intéressante.

Ah, ces morveux !
Un enfant est évidemment une source de bonheur et de fierté. Mais, ça peut aussi vous mettre dans un embarras terrible. Ce n'est pas un ministre, ni un haut gradé de la police qui dira le contraire. Le fils de chacune de ces deux personnalités se trouve dans la mélasse. Il est reproché à l'enfant du ministre d'avoir commandité l'agression d'un jeune homme dans une discothèque, à Grand-Baie. Il aurait fait appel à un gorille pour tabasser la victime, qui a eu le malheur de parler sur un ton déplaisant. Les gros bras sont-ils si facilement disponibles ? Les proches de la victime ont dû dépenser plus de Rs 100 000 en soins. L'autre fils de personnalité est accusé d'être le cerveau d'un détournement de fonds dans une banque. Ce n'est pas la première fois que Chadra Prakashsingh Dip met son papa, un haut gradé de la police, dans un sacré pétrin. Il y a déjà eu une histoire de voiture et d'accident, qui aurait pu coûter cher au policier. Mais, terminons sur une bonne note. Le ministère du Travail songe à rendre obligatoire un check-up médical annuel dans les entreprises. Et ce, afin de dépister les maladies non transmissibles. Et aussi de prévenir des cas d'attaque fulgurante, comme c'était le cas du policier Emrith Bissramring, qui paraissait pourtant en parfaite santé. Une bonne nouvelle pour tous ces fils et filles de notre Mère Patrie, l'île Maurice.

Sam le furieux
Restons au Parlement ! Les détracteurs de Sam Lauthan ont souvent critiqué sa mollesse et son manque de tempérament ! Mardi dernier, il leur a prouvé qu'ils étaient dans l'erreur. Nous avons eu droit à un Sam Lauthan totalement déchaîné, ne voulant entendre raison. Et, concernant cet incident, l'opposition ne pourra se plaindre d'avoir été boycotté par la MBC. La station nationale, pour une fois, a donné un temps d'antenne plus que raisonnable au député de l'opposition. C'est une allégation d'AsrafDulull, dit-on, qui serait à l'origine de la fureur de Sam Lauthan. Plus tôt, les débats ont été virulents au sujet de l'heure d'été. Les députés Mohamed et Lauthan se sont vigoureusement opposés à ce projet de loi, car cela pourrait pénaliser les musulmans, surtout pour la prière du vendredi (jummah). Heureusement que le ministre Abu Kasenally leur a donné un cours magistral sur la tolérance de la société mauricienne et même des patrons mauriciens – qui sont décrits comme des personnes sans cœur. D'ailleurs, a précisé le docteur Kasenally, quand lui-même doit se rendre à la mosquée et que le Conseil des ministres s'éternise, il demande la permission au Premier ministre de partir quinze minutes plus tôt. Dire que bon nombre de ministres critiquent Navin Ramgoolam pour son indisponibilité !

Le dilemme de Jeetah
Le ministre de l'Industrie et du Commerce a passé un sale quart d'heure, mardi dernier, au Parlement. Il s'est fait bousculer par trois députés – et pas des plus tendres – sur un thème dont il n'a pas toutes les données en main. Le conflit Darga-Beeharry, qui pourrit Enterprise Mauritius, a été enfin porté à l'Assemblée nationale. Et de quelle manière ! À certaines interrogations du trio Dayal-Bundhoo-Varma, Rajesh Jeetah a été forcé d'indiquer qu'il n'avait pas toutes les données en main. Il a également dû concéder qu'il se passait des choses « graves » au sein d'Enterprise Mauritius et qu'il entendait y mettre bon ordre. Cela équivaut à un aveu d'impuissance. Mais comment Rajesh Jeetah va-t-il mettre de l'ordre quand les deux protagonistes de ce conflit qui s'éternise sont des choix – sinon des amis – du Premier ministre ? Le ministre n'est peut-être pas à blâmer. On veut bien le croire qu'il n'était pas au courant de tous les tenants et aboutissants du problème en question. Et, sur ce point, Suren Dayal, Lormus Bundhoo et Yatin Varma étaient mieux informés que lui. Parce que mieux renseignés. Cela soulève un autre problème, qu'Étienne Sinatambou avait évoqué récemment. Comment se fait-il qu'un ministre, qui doit rendre des comptes au Parlement sur un organisme, n'a pas tous les éléments du dossier en main ? En tout cas, celui qui s'interposera entre Amédée Darga, le chairman, et Prakash Kumar Beeharry, le CEO, aura intérêt à être solide !