Une bêtise, oui !
Le MMM tenait le bon bout. En l'espace de quelques semaines, il a réussi à pousser un ministre à la démission –il a mangé sa lettre après–, à mettre la pression sur le gouvernement et à embarrasser plusieurs parlementaires de la majorité. À tel point que même la contre-attaque de l'Alliance sociale – les factures exorbitantes de téléphone de Nando Bodha – n'a pas eu l'effet escompté. Comment le gouvernement allait-il faire pour sortir de l'impasse ? Il n'a eu aucun mal. Paul Bérenger a commis une bourde qui a permis au PTr et à ses alliés de respirer et de mettre la pression, à leur tour, sur le MMM. «Al rode ene mari pou li». Des mots qu'un honorable gentleman, qui ne cesse de déplorer l'absence d'un nombre plus conséquent de femmes en politique et à l'Assemblée nationale, ne dit plus. Il était évident que Sheila Bappoo – qui a elle-même subi de telles remarques désobligeantes dans un passé pas trop lointain – et consorts n'allaient pas rater l'occasion d'exploiter cette faille. Le leader du MMM, fair-play, s'est excusé, samedi. C'est à quoi lui enjoignaient la ligue féminine du PTr et l'aile féminine du MR. Mais, à entendre Rajesh Bhagwan, jeudi, on craignait le pire. Pour justifier la bourde de son leader, le député du No 20 a presque dit que Nita Deerpalsing l'a bien cherché en affirmant que « Maurice est le seul pays où un meter reader est devenu millionnaire ». Rajesh Bhagwan s'est « senti visé », lui qui est « fier d'avoir été meter reader. » En tout cas, cet épisode nous a appris deux belles leçons. D'abord, qu'un mari peut faire taire Nita et, ensuite, que Rajesh a des états d'âme.

Gokhool, le nouveau Braveheart
«Le fait même de vous voir ne pourrait qu'inciter les rebelles à poursuivre le combat. »Vous rappelez-vous cette réplique du roi d'Angleterre à son fils, le dauphin, dans le film Braveheart? Le fait, aujourd'hui, qu'ils ont Dharam Gokhool en tant qu'adversaire sur le champ de bataille, ne peut qu'inciter les syndicalistes à combattre. Ce n'est pas la faute de notre pauvre ministre de l'Éducation. D'abord, l'éducation est un dossier sensible, où il faut traiter avec les élèves, les parents, les enseignants et les syndicats. Pas facile de satisfaire tout le monde. Pour pouvoir être efficace, il faut savoir prendre des décisions courageuses. Et, pour le faire, il faut un soutien sans faille du chef du gouvernement – ce que Gokhool n'a pas –, un Cabinet soudé derrière le ministre – si Sithanen ne l'a pas eu, il est invraisemblable que Gokhool l'ait – et surtout des collègues qui accepteront d'aller braver la tempête. Souvent, c'est le chef du gouvernement lui-même qui impose ses décisions. Steven Obeegadoo doit s'estimer heureux d'avoir eu l'appui de sir Anerood Jugnauth pour sa réforme, alors que ses propres collègues de parti doutaient de son bien-fondé. Tout cela, Dharam Gokhool ne l'a pas. Et, lorsqu'on est conscient des minces atouts que l'on a en main, on ne joue pas au bravado. «Ce ne sont pas les syndicats qui dirigent le pays », a-t-il déclaré, mercredi, alors que son affrontement avec les
syndicalistes, sur l'extension des horaires de classe pour les enseignants, faisait rage. Et quelques heures plus tard, son ministère se fendait d'un communiqué dans lequel, il cherchait désespérément une voie de sortie. Ce n'est pas la première fois que Dharam Gokhool se déculotte. Il est à craindre que l'on ne retienne que cela de son passage à ce ministère. Oh, oui ! Les syndicats ne dirigent pas le pays... mais savent faire plier le ministère de l'Éducation !


Se planter live
S'il y a un tandem qui marche fort en ce moment, c'est bien celui constitué de James Burty David et de Deva Virahsawmy. Les deux compères ne ratent aucune occasion d'engager un bras de fer avec les mauves, qu'ils pourfendent, des fois, grâce à la complicité de la MBC. Souvent, c'est par le biais des conférences de presse, qui obtiennent une large couverture dans le Journal télévisé, qu'ils répondent aux attaques des mauves. Jusque-là, ça marche. Sauf qu'ils se sont plantés, lundi dernier. C'était live. James et Deva avaient certainement eu vent que Paul Bérenger allait déposer un document compromettant à l'Assemblée nationale, mardi. D'où leur conférence, la veille, demandant à ce que tout document déposé par le leader de l'opposition soit authentifié. C'était une ultime parade visant à contrer Paul Bérenger. Leur objectif, ce jour-là, n'était pas d'éviter un nouvel embarras à Rama Valayden. Mais, plutôt de protéger Navin Ramgoolam, en fidèles lieutenants qu'ils sont. Ils ont dû tomber des nues – s'ils n'étaient pas au courant déjà – en découvrant que non seulement le document, attestant d'un appel de l'Attorney General à des policiers dans le cadre d'une enquête, portait la signature du Commissaire de police en personne. Ça fait mal de dire des bêtises en direct. Même en léger différé, ça ne doit pas être agréable. Néanmoins, ce n'est nullement un déshonneur que de se faire ridiculiser pour le compte du leader. C'est même un privilège !

Walk-out
Un ministre aura connu le plaisir qui découle d'un walk-out. Mercredi, Vasant Bunwaree en a effectué un lorsque Pradeo Buldee, président du National Trade Union Congress (NTUC), prenait la parole à une activité au siège du syndicat. Vasant Bunwaree venait d'avoir une vive discussion avec le même Buldee au sujet de l'Employment Relations Bill et l'Employment Rights Bill, qu'il présentera, ce mardi, à l'Assemblée nationale. À voir des députés de l'opposition effectuer des walk-out… Au sujet de ces deux projets de loi, mardi, pendant que les députés vont débattre, les syndicalistes seront à l'extérieur de l'hémicycle, à manifester avec flambeaux. Ce ne sera pas la première fois. Et gageons que ce ne sera pas la dernière. Puis, il y a ces questions pertinentes que se pose le PMSD. «
Dulloo a été limogé pour beaucoup moins grave. Pourquoi Ramgoolam tarde-t-il autant pour révoquer Valayden? » s'est demandé Maurice Allet, vendredi. En politique, certaines questions demeurent toujours des mystères ! Enfin, il aura fallu que Bert Cunningham soit poussé à la démission pour qu'il – et nous aussi – découvre à quel point il est populaire à l'île Maurice. À voir le nombre de ses fans, notamment sur notre site, on pourrait presque comparer le Canadien à une superstar. C'est toujours lorsqu'il est trop tard que les marques de soutien arrivent.