Cunning(ham) like a fox

Beaucoup soutiennent que l'une des faiblesses de Bert Cunningham est un manque de finesse. Soit ! Mais on ne pourra dire qu'il n'est pas rusé comme un renard. Il a mené sa dernière mission à bien : jeter de la boue sur les institutions de l'île Maurice. Comment ? Il a dénoncé – dans la presse, auPM et à certains dirigeants de l'opposition – l'existence d'une mafia ayant des tentacules dans plusieurs institutions et ministères. Et, pour la première fois, il y a eu un branle-bas de combat du côté des institutions mises en cause. Le juge Balancy a été le premier à dégainer. Il a été suivi par le Directeur des poursuites publiques (DPP) qui a demandé au Commissaire de police d'initier une enquête sur « ces graves allégations ». Naimduth Bissessur a suivi, en portant plainte à l'Icac et en initiant une Private Prosecution. Et le chef juge a, lui aussi, dénoncé ces allégations, tout en réassurant l'indépendance totale du judiciaire. De ce fait, les policiers n'ont eu d'autre choix que d'inviter Bert Cunningham à fournir des explications. Ce qui a paru comme une arrestation. En défendant – avec raison ? – les institutions dont ils ont la charge, ces personnalités ont aidé à faire refermer sur l'île Maurice le piège du Canadien. Ce dernier, jeudi, n'a d'ailleurs pas manqué de déplorer, sur Radio-Plus, le traitement qu'il a subi après ses dénonciations. Il a presque déclaré que toutes ces institutions se sont liguées contre lui, pauvre Canadien sans défense. On imagine facilement ce qu'il va dire aux médias étrangers et aux institutions internationales. Sauf qu'il n'aura peut-être pas l'occasion de le faire. La Mauritius Revenue Authority a décidé de ne pas lui accorder sa compensation pour divulgation d'informations confidentielles. Tant qu'il restera sur le sol mauricien, Cunningham va continuer à provoquer des dégâts au gouvernement, aux institutions et à la réputation du pays. Quelque part, tapi dans une institution quelque part, il y a un imbécile qui s'amuse à tout faire pour nuire au Canadien. Sans se rendre compte du tort qu'il fait au pays. Cunningham a dénoncé des mafieux et des corrompus. Il aurait dû aussi critiquer la stupidité institutionnalisée dans le pays.

Les snipers

Quelle est la relation entre Manou Bheenick et Amédée Darga? Les deux sont ciblés par un même groupe de députés. On a l'habitude, au sein de chaque majorité gouvernementale, d'avoir des snipers. Ces députés frondeurs ont leur raison d'être. D'abord, ils agissent en tant que garde-fous aux dérives gouvernementales. Puis, faisant partie de la machinerie du pouvoir, ils sont très bien renseignés. Ces backbenchers tirent sur tout ce qui bouge. Mais est-ce vraiment le cas de Suren Dayal, Yatin Varma (qui n'a pas participé à l'attaque contre Bheenick) et Lormus Bundhoo ? Ou alors choisissent-ils soigneusement leurs cibles ? Beaucoup s'interrogent ! En tout cas, ils n'y vont pas avec le dos de la cuillère. Ce n'est pas Rundheersingh Bheenick, et encore moins Amédée Darga, qui diront le contraire. Les trois compères font étrangement penser au tandem Kishore Deerpalsingh et Vasant Bunwaree, du temps où ils étaient backbenchers de l'alliance PTr/MMM. Eux aussi étaient des experts pour ce qui est des opérations de démolition. Et, pire qu'un pit-bull, ils ne lâchaient pas leurs proies. Rundheersing Bheenick, leur nouvelle cible, a donc du souci à se faire. Surtout qu'il ne peut espérer que Rama Sithanen, le ministre des Finances, va s'ériger en rempart pour le protéger. Ce que Xavier-Luc Duval aussi n'a pas fait pour Gilbert Philippe lorsque Paul Bérenger a déposé un document attestant que son compte bancaire a été crédité d'une somme de 25 000 euros provenant de Boskalis International. Dans ce genre de moment, on doit frissonner !

Surveiller son langage

Richard Duval n'envisage pas un seul instant de démissionner. Car, a-t-il dit dans une interview au Défi-Plus, il se doit de servir ses mandants jusqu'en 2010. Mais doit-il démissionner pour avoir aidé Cindy Legallant à bénéficier d'un traitement VIP à l'aéroport ? Non, évidemment! Mais, parce qu'il a menti, en faisant croire qu'il ne connaissait Cindy Legallant que très peu, ses mandants mériteraient peut-être d'être mieux servis par un autre député ! Fait-on bénéficier à une connaissance quelconque un traitement VIP à l'aéroport ? Mais, le plus intéressant, c'est que Richard Duval a soutenu que les relations qu'elle a avec lui, Cindy Legallant en entretient les mêmes avec d'autres parlementaires ! C'est dire que la jeune nutritionniste peut encore embarrasser d'autres honorables membres. Cette affaire n'est pas close. D'autre part, Deva Virahsawmy a intérêt à surveiller son langage. On ne peut traiter un expert étranger de «batchiara». Surtout si tout le monde – même au sein de l'Alliance sociale– est unanime à reconnaître ses réalisations. D'autant que l'ami Deva ne devrait pas oublier que c'est sa langue – ou plutôt les mots qui sont sortis de sa bouche – qui l'ont privé d'un ticket en 2000. Enfin, la remarque de la Cour suprême – malgré le fait que celui qui a initié l'action a été débouté – sur le nombre de vice-Premiers ministres et sur le ministère de la Justice est très intéressante. Ainsi, à l'avenir, nos dirigeants vont devoir faire preuve de prudence lorsqu'ils vont faire leur cour aux différentes composantes de l'électorat !

Sur un air de reggae !

«There's a natural mystic flowing in Beijing». S'il était en vie, Bob Marley aurait peut-être eu à modifier sa chanson après la performance des Jamaïcains sur le sprint. Finis, les athlètes américains bodybuildés ! Finis, les anabolisants! Désormais, pour régner sur le sprint, il faut se doper au reggae. Qui dit mieux ? Vous rendez-vous compte qu'un Jamaïcain, Usain 'Lighting' Bolt, est champion olympique sur 100 et 200 mètres! Il est recordman du monde sur ces mêmes distances. La Jamaïcaine Fraser est championne olympique sur 100 mètres féminin. Une autre est championne sur 200 mètres. Jamaica rules ! Et c'est tant mieux pour ce pays, qui savoure ces moments de joie, après être passé par des moments douloureux ! Comment ne pas parler de la Chine alors que les Jeux olympiques touchent à leur fin! Les Chinois voulaient battre les Américains en termes de médailles, sur leur sol. ils l'ont fait. Mais il faut reconnaître qu'ils se sont donné les moyens d'atteindre cet objectif. Même s'il a fallu imposer des heures d'entraînement à des gamins tout juste sortis de l'enfance. Que ne ferait-on pas pour la grandeur de sa mère-patrie ! Comment ne pas parler aussi de Michael Phelps, nouveau roi de la natation et autre héros de ces JO! Ce qui frappe avec Usain et Phelps, c'est leur modestie. Avoir les pieds sur terre, tout en étant adulé par la planète entière, que ça doit être dur ! Notre champion national, Bruno Julie, a lui aussi su rester modeste. Malgré son exploit! Pas tant celui de rapporter une médaille olympique – ce qui est tout aussi merveilleux –, mais surtout le fait de rassembler, mobiliser et faire vibrer toute une nation. «Vivent les JO, vive le sport et vive Bruno Julie».