Sans un enseignant, l'élève n'a plus de direction

Ce qui se passe actuellement dans le secteur de l’éducation à Maurice aurait pu être évité. Il suffisait pour cela au Pay Research Bureau et au Ministre Dharam Gokhool de reconnaître honnêtement et ce en toute intégrité, le rôle crucial des enseignants dans notre société.

Un petit tour sur LeDéfimedia.info (et on l’en remercie d’exister !) nous permet, en effet, de constater l’amertume ou le mépris des gens envers les enseignants. Ces personnes démontrent avec force que le ridicule ne tue pas. Sinon, on serait tous occupé à ramasser de nombreux cadavres. Ils n’ont même pas le courage de « commenter » sous leurs vrais noms, se cachant derrière des pseudonymes aussi ridicule que leurs commentaires. Enfin, passons. Il faut parfois savoir pardonner l’ignorance des gens…éduqués.

Il faut d’abord changer la politique à l’égard des enseignants. La politique à l’égard des enseignants doit pouvoir s’appuyer sur des recherches approfondies et conduire à des accords fructueux entre les parties en présence et à des stratégies solides de mise en œuvre. Sans la participation active des enseignants et de leurs représentants à l’élaboration des politiques qui les concernent et sans leur sentiment que la réforme leur « appartient », il est pratiquement impossible
de réussir à introduire des changements profonds. C’est ce que démontre l’expérience d’un nombre de pays tels L’Allemagne, l’Australie, L’Autriche, La Belgique, Le Canada, Le Chili, La Corée, Le Danemark, L’Espagne, Les Etats-Unis, La Finlande, La France, La Grèce, La Hongrie, L’Irlande, Israël, L’Italie, Le Japon, Le Mexique, La Norvège, Les Pays Bas, La République Slovaque, Le Royaume Uni, La Suède et la Suisse.

Par ailleurs, les partenaires sociaux ne devraient pas pouvoir opposer un veto à des réformes imposées à l’issue d’un processus démocratique. Le juste équilibre est difficile à trouver, mais un dialogue et des consultations permanents et francs sont indispensables à cette démarche.

Outre les mécanismes de consultation, il existe d’autres dispositions institutionnelles qui peuvent favoriser le dialogue et amener les enseignants eux-mêmes à participer à l’élaboration des politiques qui les concernant. Par exemple, dans plusieurs pays, des « Conseil de L’Enseignement » se sont constitués, qui offrent aux enseignants et autres parties prenantes un cadre pour élaborer les grandes orientations et surtout, un mécanisme de définition des normes pour leur profession.

Voilà ce qui doit faire réfléchir le ministre Dharam Gokhool et son secrétaire permanent. S’ils avaient, ne serait-ce qu’un instant, eu l’idée de consulter les enseignants d’abord, à travers la création d’un « conseil d’enseignants » ou autres avant d’appliquer manu militari les recommandations du Rapport du PRB 2008,comme si cela faisait parti des dix commandements, tout ce remue-ménage n’aurait pas eu lieu. « Prevention is better than Cure » dit-on. Mais enfin quand les autorités de ce pays comprendront-ils cela ?