Ces dernières années, le problème de l'environnement est devenu la préoccupation majeure du monde. Pourtant, la pollution de notre biosphère n'est pas un phénomène nouveau. Elle ne date pas d'hier.

Selon les estimations de la FAO, plus de 75 % de la diversité agricole qui existait au début du 20e siècle ont disparu à cause de la contamination de l'écosystème. Aujourd'hui, avec la disparition de 50 000 espèces par an, l'existence même de l'homme est menacée.

Comment en sommes-nous arrivés là et pourquoi ce constat si tardif à propos de cette épée de Damoclès suspendue sur notre planète ? Il est évident que le système de développement économique, focalisé sur la croissance à tout prix et l'accumulation de la richesse, a suscité une accélération del'exploitation des ressources de l'énergie fossile, première source de la dégradation de l'environnement.

Le confort du moment a complètement oblitéré la nécessité de préserver les conditions de base de l'existence de la vie. C'est seulement quand les effets désastreux de l'accumulation du gaz carbonique dans l'atmosphère commencent à se manifester que l'on songe à diversifier les sources énergétiques et signer des Protocoles.

Cependant, dans les milieux concernés, beaucoup se demandent si c'est réellement la cause écologique qui est au centre d'une réduction de la dépendance sur les produits pétroliers ou bien si c'est l'épuisement de ces combustibles non-renouvelables.

L'ambitieux projet Maurice île Durable (MID) qui, à propos, ne figure même pas dans le programme gouvernemental de l'Alliance sociale, coïncide étrangement avec la hausse vertigineuse du prix de l'or noir alors qu'il aurait dû être envisagé depuis des décennies.

Il est évident que le succès du concept MID dépendra aussi et dans une grande mesure, du degré de notre autosuffisance en énergie. Dans la région, La Réunion a déjà pris des longueurs d'avance sur nous en ce qu'il s'agit de la production de l'énergie non-polluante.

L'intention de nos dirigeants d'autoriser l'établissement d'une Centrale Thermique de 55 MGW à base de charbon, pulvérisé ou autre, prend à contre-pied le fondement même du projet île durable et pourrait susciter un bouleversement de l'équilibre écologique dans certaines régions de l'Ouest si aucune mesure rigoureuse n'est envisagée.

Finalement, vu qu'à Maurice, la différence entre les périodes de luminosité en été et en hiver n'est pas aussi conséquente qu'elle ne l'est en Europe (3 heures à Maurice contre 10 en Europe), la balance de l'énergie économisée en l'espace de 24 heures si la montre est avancée d'une heure en été, ne sera que d'une valeur minimale, contrairement aux estimations avancées.

Pour une petite économie comme la nôtre, lejeu n'en vaut pas la chandelle. Cette expérience avait déjà été tentée dans le passé sans succès.