Le cheval est « la plus noble conquête que l'homme ait jamais faite ». C'est Buffon qui nous le dit dans son Histoire Naturelle. Et il n'a pas tort. Il y a toujours eu un cheval dans la vie des grands conquérants. Et quand on parle de grands conquérants, on ne peut oublier le plus grand des Grands, Alexandre le Grand. Surtout son amour pour son cheval Bucéphale, qu'il fut le seul à avoir monté, parce que le cheval n'accepta personne sur son dos, autre qu'Alexandre. Il désarçonna tout cavalier qui voulut essayer de le maîtriser. La monture mourut en Inde en l'an 326 B.C.

Pour l'honorer, Alexandre fit bâtir sur sa tombe une cité, qui porta le nom de Bucéphale. Pour vous dire l'amour du conquérant pour son brave et noble coursier.

à Bosworth, le 22 août l485, le roi Richard III perdit sa vie et son royaume. On n'oubliera jamais le cri désespéré qu'il lança, lorsqu'il fut désarçonné au beau milieu du combat : « A horse ! A horse ! My kingdom for a horse. » (Un cheval ! un cheval ! Mon royaume pour un cheval.) Ces quelques lignes, prises au hasard, démontrent toute la noblesse d'un cheval, et l'amour et l'affection dont il jouit de la part de son maître.

Plus près de nous, que de moments de joie inoubliables lorsque les courses de chevaux étaient davantage plaisir et divertissement que big business. les chevaux ne firent-ils pas goûter à ces dames et à ces demoiselles ?

Par ces quelques lignes, je voudrais, ici, exprimer toute la douleur que je ressens pour ce coursier si lâchement, si sauvagement assassiné. Peut-on avoir quelque pitié pour de tels assassins quels qu'ils soient et d'où qu'ils viennent ?

Les amateurs de courses sont choqués et outrés, lorsqu'un cavalier utilise sa cravache ou ses éperons à l'excès et avec rage. Le cheval mérite beaucoup plus des caresses que des coups de cravache. C'est un animal trop noble, trop sympathique, trop sensible, pour être malmené, blessé, assassiné.

Je ne dis pas que les autres animaux le méritent. Les animaux réclament de l'affection de notre part, nous les humains. Parce qu'ils ne parlent pas et ne savent pas exprimer ce qu'ils ressentent, lorsque nous les faisons souffrir. Ils peuvent tout au plus hurler, laisser couler des larmes. C'est tout. Maintenant, imaginez un cheval, surtout un coursier hippique, choyé et gâté par ses propriétaires, le cou transpercé par un sabre, saignant abondamment et agonisant. Et, pendant qu'il agonisait, on le traînait par ses pattes arrière solidement ligotées. Lui, il agonisait dans la souffrance, priant (qui sait?) pour que sa fin soit brève et s'achève le supplice. Eux, les agresseurs sadiques, dans la joie et l'allégresse, criaient, chantaient, priaient pour que le sang coule encore et encore, et que le spectacle continue.

Ce spectacle, d'une minute 27 secondes, a été filmé sur vidéo et retransmis sur portables. Comme si ces assassins en herbe voulaient à tout prix que leur monstruosité se propage dans la population. Pourquoi ? On se le demande. Tout en regrettant le sort de notre coursier (Methodical Man ou Mythical Man, nous ne le savons pas), nous devons d'autre part saluer les autorités responsables pour la promptitude de leurs réactions. Le MTC a alerté la police de la rue Pope Hennessy, dès mardi dernier. La MSPCA a réclamé une enquête pour savoir comment les chevaux «retraités» sont offerts au public. Et beaucoup plus de considération pour les chevaux qui ne courent plus.

Terminons cette chronique par la déclaration qui suit de la responsable de communication de la société PAWS. Une déclaration qui rejoint ce que nous avons plus d'une fois évoqué ici même, à savoir qu'il faut amender nos lois et les rendre plus sévères vis-à-vis des criminels :

« Je suis horrifiée, bouleversée et le film (la vidéo) m'a vraiment troublée. C'est une barbarie et il faut que tout cela cesse. J'ai d'ailleurs fait appel aux autorités pour amender les lois. Il ne faut pas que ces jeunes s'en sortent avec une simple amende. Ce sont des criminels en herbe. Ils méritent la prison (car on ne peut plus les condamner à la pendaison comme ce fut le cas autrefois pour pareil crime). Une étude aux Etats-Unis a prouvé que les grands criminels ont commencé par des animaux, avant de terminer avec des êtres humains…»

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