Ce sont surtout eux qui pullulent nos hôpitaux pour des soins qu'ils ne peuvent se payer. La consultation privée est aujourd'hui un luxe. Prohibitif, pour ceux dont l'état de santé réclame un traitement spécialisé. Et le prix des médicaments, une aberration ! À doubler les souffrances de ceux qui souffrent déjà. Comme dirait l'autre, il faut souffrir encore après avoir souffert. C'est le lot des pauvres en santé.

Malheureusement, nous craignons avoir passé le seuil de la souffrance, suite aux informations qui nous sont parvenues. Qui plus est, nous venant « from the horse's mouth itself » ! Selon ces sources, fiables parce que spécialisées, c'est la vie elle-même de pauvres gens qui serait en danger. Des bourreaux  tout de blanc vêtus opéreraient dans nos hôpitaux, avec des « licenses to kill ». Des licences obtenues en contournant la filière normale, utilisant pressions politiques, chantages, menaces ...

La corruption a atteint un tel niveau qu'elle n'étonne plus. Elle est devenue « part and parcel » du folklore mauricien. Rien ne lui échappe. The sky is the limit. C'est lorsque nos valeurs sont à ce point menacées que la prudence est de mise. Qu'il faut savoir freiner l'appétit de l'ogre politique. Lui faire comprendre, même le forcer à comprendre, qu'il y a des territoires sur lesquels il ne faut pas empiéter. La santé, par exemple.

On peut tolérer des incompétents à la tête d'un organisme étatique ou paraétatique. D'ailleurs, il y en a. Ce n'est malheureusement pas le cas pour un médecin. Une erreur médicale, ça se corrige rarement. C'est contre cette triste éventualité que s'est élevée la GMDOA (Government Medical & Dental Officers' Association).

Malheureusement, les choses n'ont pas avancé. Bien que l'essentiel ait été dit. Seuls les noms des corrupteurs n'y sont pas. Par crainte de transfert ou de représailles. On ne badine pas avec les hommes politiques et des nervis à leur solde. Pourtant, il faut les dénoncer. Il faut que la population sache de quoi sont capables leurs représentants. D'un côté, il y a la vie des malades. De l'autre, il y va du prestige, de la crédibilité de nos facultés, voire de l'université de Maurice – notre honneur, notre fierté.

Autrefois, nous nous moquions de ceux qui rentraient de l'Inde avec une licence universitaire : « Li al acheté enn diplom lin vini ». L'Inde, au moins, sait aller jusqu'au bout, tirer les choses au clair. Ne pas s'arrêter à mi-chemin. Rappelons-nous cet incident (Nagpur University Scandal) qui date d'octobre 1999. Le United News of India rapporte : « The Principal of a private engineering college here was arrested for his alleged complicity in the Nagpur University bogus degree and mark-list scandal ». Le Principal fait partie d'un groupe de 30 officiers, professeurs et étudiants qui répondent de ce délit. La police, aussitôt le scandale éclaté, procédera à la saisie de « 49,000 blank, printed and pre-signed marksheets of various courses, including engineering and law from the college premises ». L'assistant Registrar, craignant d'être arrêté, se suicidera.

Nous n'avons donné qu'un aperçu de ce scandale qui date de très longtemps déjà. Pour la gouverne de nos autorités, la police n'a pas lésiné sur les moyens à déployer. Tous y sont passés : professeurs, administrateurs, étudiants... Advienne que pourra. Il n'y est pas dit, comme nous le disons ici : « Mo pa capav met enn commisyon danquet lor DPP, la douan, la polis, l'ICAC... ça pou destabiliz tou nou ban institisyon... » Telle déclaration encourage les malfrats, qui savent qu'ils ne risquent rien aussi longtemps que le gouvernement les ménagera pour ne pas « destabiliz tou nou ban institisyon. » Qu'adviendra-t-il de nos universitaires, si nos diplômes ne sont plus reconnus ? Et pourquoi avoir passé toutes ces années à l'université de Maurice ? Pensons-y.