L’heure est grave. Les États-Unis, temple du capitalisme, vivent la plus terrible crise financière depuis le début du 20e siècle. Que se passera-t-il si, demain, le dollar perd de sa crédibilité ? Allons-nous, avec notre roupie, sauver le dollar ? Le monde entier coulera si le dollar plonge. Les échanges économiques et commerciaux perdront leurs repères. Ce sera l’anarchie.

Pour épargner le monde de l’Apocalypse, les grands d’Europe et d’Asie vont sûrement se regrouper pour sauver les Etats-Unis. Protégeant, par là même, leurs intérêts. Il faudra sauver les États-Unis, bien sûr. Mais, il faut aussi revoir le système capitaliste qui vient de révéler ses faiblesses, par un excès de libéralisme. Qui profitent surtout aux banques qui pratiquent des taux d’intérêts à la tête du client.

Le temps n’est pas, comme le fait Sithanen, à se bomber le torse. À s’en prendre tantôt au Gouverneur de la Banque de Maurice et tantôt à l’Opposition. Comment peut-on croire que nous sommes trop loin des États-Unis, donc hors d’atteinte de la crise financière. Il est vrai que nous ne sommes pas dans la zone rouge. Mais si la situation perdure, nous le serons bientôt. Et nous souffrirons. Peut-être même davantage que les autres. N’oublions pas que les États-Unis, la France et le Royaume-Uni sont les mamelles de notre économie. Notre industrie textile dépend d’eux. Tout comme notre tourisme.

Le temps n’est pas indiqué pour la petite politique. Puisque la catastrophe qui nous guette est nationale, voire internationale, autant mobiliser, sensibiliser toute la nation à toutes les éventualités. Et non pas utiliser la solution magique, la TVA, pour renflouer les caisses
de l’État en opprimant le peuple. Nous avons eu un avant-goût avec les produits pétroliers. Attendons voir les conséquences.

Puisque les banques jouent un rôle clé dans la crise financière qui secoue les États-Unis, pourquoi ne pas commencer par nos institutions bancaires ? Il s’y passe des choses pas très jolies. Nous pensons que le laxisme du gouvernement fait le bonheur de nos banques. Bien des clients, ces jours-ci, demandent des comptes à leurs banques respectives, à travers la justice.

Quand la Banque de Maurice répond, à un client en détresse, que « the matter relates to a contract existing between yourself and your bank and which may be varied by the parties to the agreement themselves », n’est-ce pas envoyer la brebis au grand méchant loup ? N’est-ce pas accorder carte blanche au banquier pour plumer ses clients ?

La banque se permet de débiter un compte par une simple phrase : « the repayment was rounded to Rs 15, 275 instead of Rs 15, 236.06 (a difference of Rs 38,94 ONLY)…to cater for the ledger fee of Rs 100 payable on a half yearly basis ? » Comment faire confiance à une banque utilisant de tels procédés ? Combien sont-ils les clients qui ne savent pas que leur « repayment a été rounded »?

Si le public commence à douter de la crédibilité d’une banque, il faudra s’attendre au pire. À nos lecteurs qui ont de la mémoire nous les renvoyons aux années avant l’Indépendance, lorsque le PMSD(N) invite la population à retirer leurs dépôts de la Post Office Saving Bank. C’était le sauve-qui-peut. C’est ce que les États-Unis en injectant des sommes colossales dans le secteur financier essayent d’éviter. C’est ce que nous devons nous aussi éviter.