Le riche et le pauvre
- By Isshack Hasgarally
- Published 12th October, 2008
Il me revient très souvent à la mémoire, en constatant la grande misère qui sévit autour de nous, ces vers de John Webster (The duchess of Malfi) : Fortune makes this conclusion general, All things do help th’unhappy man to fall.
Cinq siècles ont passé depuis que ces vers ont été écrits. Et quel constat faisons-nous ? La condition du malheureux, du plus démuni, n’a guère changé pour le mieux. Il était (et il est toujours) la cible préférée du grand seigneur qui lui dicte ses conditions. Obéir, c’est ce que le destin (fortune) lui a enseigné. Rien d’autre. Ne rien dire. Ne jamais regimber. Rouspéter. Ne jamais élever la voix. Savourer son mal en silence, en y ajoutant une dose de patience pour rendre l’espoir réalisable. En écoutant les belles promesses, évoquées avec tant d’émotion, par nos hommes politiques qui ont l’art et le don de duper la population, les plus démunis s’entend, et gagner son suffrage.
Cinq siècles ont passé. La condition de vie du petit peuple a empiré. Assailli de toutes parts, dans tous les domaines, il ne sait pas trop quoi faire, le pauvre. S’il faut en rire ou en pleurer. Tout ce que fait le gouvernement, tout changement ou amendement se fait au détriment du plus démuni. Nous n’exagérons pas en le disant. La famille pauvre, lorsqu’elle se plaint, le fait parce que vraiment le coût de la vie lui est insoutenable. Pour la famille aisée, par contre, c’est différent. Le coût de la vie ne l’effraie pas. Elle peut y faire face, en majorant son budget mensuel de quelques centaines, voire milliers, de roupies. Elle en a les moyens. C’est devoir puiser dans ses économies qui la met dans tous ses états.
Aussi le grand argentier, avant de s’embarquer pour une mission de majoration de prix de certaines commodités, doit-il s’informer si les plus faibles pourront affronter cette cascade d’augmentations. C’est ce qu’on attend d’un
gouvernement qui se dit socialiste. Ce n’est pas tout de majorer le prix du mazout de 20% et faire entrer dans les caisses de l’Etat des centaines de millions de roupies en termes de TVA. Ce sont les effets collatéraux de cette majoration qu’il faut, pour le bien du petit peuple, savoir contrer. Comme la majoration du prix du ticket d’autobus, de la note d’électricité, du prix du pain … C’est beaucoup trop ces effets collatéraux pour une famille démunie.
L’ironie veut que le Parti travailliste est, aujourd’hui, au pouvoir et que ce même parti est né de la lutte des travailleurs. Lutte menée par le groupe Curé, Anquetil, Rozemont, Sahadeo, Assenjee et Jeetoo. Ils se disaient socialistes. On les avait crus. Et ils ne manqueront pas à la parole donnée, en dépit des persécutions qu’ils subiront par la suite.
Où est-il aujourd’hui, ce Parti travailliste ? Même si, comme Diogène, on le cherche à midi avec un flambeau, on ne le verra pas. Le manteau est là, mais il est beaucoup trop ample pour le porteur. Nous avons affaire à une autre race d’hommes, de travaillistes qui ont dérivé irrémédiablement de la lutte originelle. Qui ont oublié la misère des autres. Qui ont peut-être honte de côtoyer les pauvres, de peur de réveiller certains souvenirs qu’on veut noyer à tout jamais dans du vodka.
Le Parti travailliste, aujourd’hui, peut être tout : capitaliste, ultra-libéraliste, despotique, fasciste… sauf socialiste. Un parti socialiste, pour le bien de la nation (surtout ceux qui sont au bas de l’échelle), aurait dû savoir qu’il faut enlever la TVA sur certaines commodités. Il ne l’a pas fait. Et il ne le fera pas. Pourtant, lorsqu’en l982 l’alliance MMM-PSM introduisit la Sales Tax (plus tard, la TVA) à 5% , ce même Parti travailliste la dénonça. Après une telle dénonciation, l’on s’attendait à une abolition de la TVA avec l’arrivée du Ptr. Rien de rien. Au contraire, l’un des grands adversaires de la TVA, Rama Sithanen, l’adoptera et en fera un usage abusif. Une TVA à 15%, s’il vous plaît !
Cinq siècles ont passé depuis que ces vers ont été écrits. Et quel constat faisons-nous ? La condition du malheureux, du plus démuni, n’a guère changé pour le mieux. Il était (et il est toujours) la cible préférée du grand seigneur qui lui dicte ses conditions. Obéir, c’est ce que le destin (fortune) lui a enseigné. Rien d’autre. Ne rien dire. Ne jamais regimber. Rouspéter. Ne jamais élever la voix. Savourer son mal en silence, en y ajoutant une dose de patience pour rendre l’espoir réalisable. En écoutant les belles promesses, évoquées avec tant d’émotion, par nos hommes politiques qui ont l’art et le don de duper la population, les plus démunis s’entend, et gagner son suffrage.
Cinq siècles ont passé. La condition de vie du petit peuple a empiré. Assailli de toutes parts, dans tous les domaines, il ne sait pas trop quoi faire, le pauvre. S’il faut en rire ou en pleurer. Tout ce que fait le gouvernement, tout changement ou amendement se fait au détriment du plus démuni. Nous n’exagérons pas en le disant. La famille pauvre, lorsqu’elle se plaint, le fait parce que vraiment le coût de la vie lui est insoutenable. Pour la famille aisée, par contre, c’est différent. Le coût de la vie ne l’effraie pas. Elle peut y faire face, en majorant son budget mensuel de quelques centaines, voire milliers, de roupies. Elle en a les moyens. C’est devoir puiser dans ses économies qui la met dans tous ses états.
Aussi le grand argentier, avant de s’embarquer pour une mission de majoration de prix de certaines commodités, doit-il s’informer si les plus faibles pourront affronter cette cascade d’augmentations. C’est ce qu’on attend d’un
L’ironie veut que le Parti travailliste est, aujourd’hui, au pouvoir et que ce même parti est né de la lutte des travailleurs. Lutte menée par le groupe Curé, Anquetil, Rozemont, Sahadeo, Assenjee et Jeetoo. Ils se disaient socialistes. On les avait crus. Et ils ne manqueront pas à la parole donnée, en dépit des persécutions qu’ils subiront par la suite.
Où est-il aujourd’hui, ce Parti travailliste ? Même si, comme Diogène, on le cherche à midi avec un flambeau, on ne le verra pas. Le manteau est là, mais il est beaucoup trop ample pour le porteur. Nous avons affaire à une autre race d’hommes, de travaillistes qui ont dérivé irrémédiablement de la lutte originelle. Qui ont oublié la misère des autres. Qui ont peut-être honte de côtoyer les pauvres, de peur de réveiller certains souvenirs qu’on veut noyer à tout jamais dans du vodka.
Le Parti travailliste, aujourd’hui, peut être tout : capitaliste, ultra-libéraliste, despotique, fasciste… sauf socialiste. Un parti socialiste, pour le bien de la nation (surtout ceux qui sont au bas de l’échelle), aurait dû savoir qu’il faut enlever la TVA sur certaines commodités. Il ne l’a pas fait. Et il ne le fera pas. Pourtant, lorsqu’en l982 l’alliance MMM-PSM introduisit la Sales Tax (plus tard, la TVA) à 5% , ce même Parti travailliste la dénonça. Après une telle dénonciation, l’on s’attendait à une abolition de la TVA avec l’arrivée du Ptr. Rien de rien. Au contraire, l’un des grands adversaires de la TVA, Rama Sithanen, l’adoptera et en fera un usage abusif. Une TVA à 15%, s’il vous plaît !
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