Deux profils portant le nom de Navin Ramgoolam sont inaccessibles sur le site Facebook (http://www.facebook.com) suite à la décision des autorités de sévir contre ceux qui se sont amusés à usurper l'identité du Premier ministre mauricien.

Mais l'Internet étant un monstre sans queue, ni tête, donc insaisissable, trois nouvelles entrées ont fait leur apparition sur Facebook pour s'attaquer à Navin Ramgoolam. Les profils portent des noms aussi exotiques que Navinbachara Ramgoolam Dictateur, I am sick of the Right Honorable Dr Navin Chandra et cure de décommunalisation. En fait, plutôt que de stopper des attaques,la décision de l'Icta de demander aux fournisseurs d'accès à Internet de bloquer l'accès aux deux profils au nom du Premier ministre pourrait inciter des jeunes à se livrer à une véritable fiesta anti-Ramgoolam.

Du coup, l'île Maurice se joint à cette grande communauté internationale qui regroupe des internautes du monde entier et dont la mission commune est de s'attaquer aux régimes autoritaires qui résistent encore à la globalisation.

Dans la bataille des idées qui se déroule sur la Toile, les autorités s'avouent vaincues face à l'ingéniosité sans limite des internautes. Ainsi, malgré leur puissance technologique massive, les Etats-Unis ne parviennent toujours pas à mater les mouvements extrémistes qui utilisent l'Internet pour inciter à la violence et opérer de véritables universités virtuelles sur l'art de fabriquer des bombes et commettre des attentats.

Les autorités mauriciennes ont entièrement raison de sévir contre les criminels de l'informatique qui s'attaquent à des sites ou montent des arnaques sur la Toile. Aussi, dans le cas des attaques contre Navin Ramgoolam sur Facebook, il est toujours possible de retracer les coupables. Seulement, comme dans le cas de la police mauricienne qui vit encore à l'ère des bateaux à voile et qui n'a pas encore maîtrisé la technologie des tests ADN, l'expertise de Maurice dans le domaine de la détection du cyber crime international reste à être prouvée.

S'attaquer au cyber crime fait partie de la mission de l'Icta. Mais les autorités doivent éviter d'agir comme des censeurs de la parole car l'Internet n'est pas un objet-paillasson comme la MBC. Sinon, la cyberîle se retrouvera dans la même ligue que la Chine, l'Iran et la Corée du Nord. Pas vraiment de quoi se vanter pour un pays qui compte accueillir deux millions de touristes !