Commission d’enquête sur la drogue - Anil Kumar Mohabeer : «Veeren m’avait demandé de l’argent»

Par Ashwin Kanhye O commentaire
Anil Kumar Mohabeer.

Le cambiste qui opère au noir, Anil Kumar Mohabeer, a été entendu lundi. Il a été en contact avec Peroomal Veeren et Curly Chowrimootoo.

Il a  été condamné à trois reprises pour possession de gandia et arrêté à la suite d’une saisie de Rs 30 M d’héroïne en 2013. Ce témoin a été exhorté à produire certains documents dans une quinzaine de jours.

Paul Lam Shang Leem : Quelle est votre profession ?
Anil Kumar Mohabeer : J’ai un magasin, j’ai un bâtiment que je loue et j’ai aussi un business à Madagascar.

PLSL : Combien des compagnies possédez-vous ?
AKM : Plusieurs, mais certaines ont dû fermer.

PLSL : Connaissez-vous Ashfaaq Mohidinkhan ?
AKM : Oui. Il est en prison pour une affaire de drogue.

PLSL : Et Jean Marc Hg Man King ?
AKM : Oui. Il est aussi en prison pour une affaire de drogue.

PLSL : Les deux vous ont-ils impliqué ?
AKM : Non. C’est Ashfaaq Mohidinkhan qui m’avait impliqué.

PLSL : Possédez-vous une tabagie à la Place du Quai ?
AKM : Oui.

PLSL : Êtes-vous Money Changer ?
AKM : Non.

PLSL : Êtes-vous amateur des motocyclettes ? Combien en avez-vous ?
AKM : Je ne suis pas amateur. Je n’ai qu’un scooter de la marque Suzuki.

PLSL : Ne possédez-vous pas une Nissan Sunny, une Peugeot et d’autres véhicules ?
AKM : Non.

PLSL : Habitez-vous à Roche-Bois ?
AKM : Non. Je n’ai pas même eu de convocation. C’est à la radio que j’ai entendu mon nom.

PLSL : Qui est Akshay Sharma Kariman ?
AKM : Mon neveu.

PLSL : A-t-il déjà eu des problèmes avec la police ?
AKM : Oui. Il devait faire un versement, mais la police l’a arrêté.

PLSL : Il était parti pour effectuer le versement chez Thomas Cook. Lors de son arrestation il vous a impliqué. Lors d’une fouille chez vous, la police a-t-elle trouvé des devises étrangères ?
AKM : Oui. Je les utilise pour mon business.

PLSL : Connaissez-vous Curly Chowrimootoo ?
AKM : Non. J’ai appris à travers les journaux qu’il est un trafiquant de drogue.

PLSL : Qu’en est-il de Peroomal Veeren ?
AKM : Je connais ses proches, notamment son père.

PLSL : Lui avez-vous déjà téléphoné ?
AKM : Jamais. C’est lui qui m’appelle.

PLSL : Pourquoi ?
AKM : Il me demandait de l’argent.

PLSL : Peroomal Veeren vous a demandé de l’argent ? Combien ?
AKM : Je ne m’en souviens pas. Je lui avais dit que je ne pouvais lui en donner.

PLSL : Êtes-vous certain de ne pas connaître Curly Chowrimootoo ? Est-ce que les trafiquants savent que vous êtes un Money Changer illégal ? Selon nos relevés de janvier à mai 2016, il y a eu 43 échanges télephoniques entre Curly Chowrimootoo et vous. Qu’avez-vous à répondre ?
AKM : C’est lui qui me téléphone.

PLSL : Entre septembre et octobre 2017, n’étiez-vous en communication avec Curly Chowrimootoo ?
AKM : Peut-être qu’il cherchait à me parler.

À ce stade, Sam Lauthan, l’un des assesseurs, a pris le relais pour interroger le témoin.

Sam Lauthan : Le 25 janvier 2017, n’avez-vous pas téléphoné à Peroomal Veeren lors d’une conversation qui a duré quatre minutes ?
AKM : Je ne sais pas.

SL : Le 22 janvier 2016, n’avez-vous pas parlé au téléphone à Curly Chowrimootoo pendant plus de 12 minutes ?
AKM : Je ne m’en rappelle plus.


Jean-Marc Momplé : « On travaille avec les autorités sur la vente des cartes SIM »

Le directeur technique d’Emtel a été entendu par la Commission d’enquête. L’ex-juge Paul Lam Shang Leen voulait avoir des renseignements sur les messages WhatsApp.

Paul Lam Shang Leen : Quand un client d’Emtel reçoit un message WhatsApp, qu’est-ce qui se passe dans le serveur ?
Jean-Marc Momplé : C’est très complexe. C’est WhatsApp qui envoie les messages.

PLSL : Nos enquêteurs ont trouvé un code. C’est de la Colombie.
JMM : Effectivement.

PLSL : Il y a un autre code de Mayotte...
JMM : La Réunion et Mayotte ont les mêmes codes. Mais dans le cas dont vous parlez, c’est le code de la Réunion. Avec le roaming, celui qui utilise ce numéro peut être n’importe où.

PLSL : Comment le propriétaire d’une tabagie qui vend vos cartes se retrouve  associé à un trafiquant ?
JMM : On ne peut refuser la vente des cartes SIM. Ce n’est que maintenant que l’Icta vient avec des mesures.

PLSL : Qu’en est-il concernant les étrangers ?
JMM : On leur vend des cartes.

PLSL : Qu’est-ce qui se passe après leur départ de  Maurice ?
JMM : La carte est détruite.

PLSL : Mais non. Plusieurs cartes SIM ont été saisies en prison. Un agent de voyages en a acheté 2 000.
JMM : Il est responsable.

PLSL : Ne serait-il pas plus simple que la carte devienne inutilisable dès que l’étranger quitte le pays ?
JMM : On est en train de travailler dans cette voie.