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Thursday, 22 March 2012 11:35

Geoffrey Robertson : «Une Freedom of Information Act est impérative»

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Geoffrey Robertson estime que la sédition  doit disparaître de la loi. Geoffrey Robertson estime que la sédition doit disparaître de la loi.
Maurice a besoin d’une Freedom of Information Act et d’une Ombudsperson pour la presse. Me Geoffrey Robertson, qui conseille le gouvernement sur la révision des lois traitant des médias, s’exprime contre la mise sur pied d’une Media Commission.
Geoffrey Robertson, éminent juriste australien et spécialiste des lois touchant les médias, est définitivement en faveur de la liberté de la presse et l’a fait clairement ressortir. Lors de la conférence internationale sur le thème « The Media : where do we draw the line ? » qui a lieu à l’hôtel InterContinental, Balaclava, mercredi et jeudi, il a été essentiellement question de la liberté de la presse.

Geoffrey Robertson, qui travaille depuis quelques années sur la révision des lois traitant de la presse à Maurice à la demande du Premier ministre, Navin Ramgoolam, a donné quelques aspects de sa réflexion sur le sujet et a indiqué qu’il remettra son rapport, « qui sera volumineux », vers le mois de septembre au gouvernement.

Un des points essentiels aura trait sur l’introduction d’une Freedom of Information Act qui permettra au public d’avoir accès à des documents normalement restés confidentiels. « Je vais essayer de convaincre le Premier ministre de son utilité », a-t-il affirmé lors d’une conférence de presse en marge de ce séminaire.

N’étant pas en faveur d’une Media Commission qui serait là pour sanctionner la presse et les journalistes, Geoffrey Robertson s’exprime pour la médiation. « Une Ombudsperson pour la presse, comme c’est déjà le cas en Afrique du Sud, serait appropriée. La médiation est beaucoup mieux que de passer par un recours à la justice ». Cette Ombudsperson devrait cependant avoir un rôle totalement apolitique et indépendant et ne doit donc être nommée ni par le gouvernement ni par une instance regroupant une majorité de personnes ayant des liens avec les medias.

Le Media Trust, qui existe déjà à Maurice, pourrait être une instance appropriée pour guider cette Ombudsperson, à condition d’être indépendante du gouvernement. Pour Geoffrey Robertson, il est aussi important que ce Media Trust, mis en veilleuse depuis quelques années, soit revigoré et puisse assumer son rôle de formateur de journalistes pour que « la profession puisse être exercée de manière responsable ».

L’ambition pour l’homme de loi est de permettre à Maurice d’évoluer de la 58e place du classement sur la liberté de la presse où elle se situe actuellement vers le Top 10. Cela doit passer par une révision de ce qui existe déjà dans notre législation et par la création de cette Ombudsperson.

Il recommande aussi l’adhésion des journalistes et des différentes publications à un code de conduite et un code d’éthique. 

L’important à ses yeux, c'est que la loi mauricienne fasse la promotion des principes de liberté d’expression. Et pour cela, les journalistes doivent jouir d’une certaine protection contre des emprisonnements ou des poursuites dans l’exercice de leurs fonctions.

Le légiste compte toutefois proposer au gouvernement de légiférer contre le piratage d’appels téléphoniques pour obtenir des informations, contre l’incitation à la haine raciale ou religieuse et contre la publication intentionnelle de fausses nouvelles.

Sur la protection de vie privée, Geoffrey Robertson est d’avis que la liberté d’expression est plus importante que la protection de la vie privée. Ceci dit, certains paramètres doivent être respectés. Il faut en effet distinguer le voyeurisme ou le sensationnalisme de la publication d’informations dans l’intérêt public.

Dépassée sur certains points quand il s’agit des médias, la loi mauricienne doit être harmonisée et certaines notions datant de l’époque coloniale doivent être biffées. Geoffrey Robertson parle, par exemple, de la sédition qui devrait disparaître de notre loi.

Intervenant lors de cette conférence, sir Anerood Jugnauth, Président de la République, précise que « les médias ont des responsabilités et doivent opérer dans certains paramètres » et souligne que « nos médias sont des composantes dynamiques de notre démocratie ».

L’Attorney General, Yatin Varma, dira, pour sa part, que les textes de lois mauriciens méritent d’être remis au goût du jour tout en respectant la liberté d’expression.



Last modified on Thursday, 22 March 2012 12:34
Patrick Hilbert

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