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Friday, 23 March 2012 12:00

Lorsque la presse et la politique s’opposent... Featured

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Les intervenants lors de la tranche consacrée  aux limites de la presse. Les intervenants lors de la tranche consacrée aux limites de la presse.
Le pouvoir et les medias ont des relations plutôt conflictuelles. Et c’est tant mieux. Si la presse prend son rôle de chien de garde de la démocratie au sérieux, il ne peut en être autrement. Il en a été beaucoup question lors du débat tenu jeudi à la clôture de la conférence internationale de deux jours à l’hôtel InterContinental, Balaclava, sur le thème : « The Media : where to draw the line ? ».
Un vaste thème. D’ailleurs, pour Gilbert Ahnee, la presse comme telle « n’existe pas ». Pour lui, « il y a des publications, des journaux, mais la presse est une fiction ». Chaque publication a ses spécificités et répond à des normes qui lui sont propres, même si des principes généraux doivent être respectés.

Le défi, souligne Gilbert Ahnee, c’est de garder ces publications papier attractives à l’ère numérique. Il faut rester proche du lecteur, de ses intérêts et ses appréhensions, tout en offrant davantage de mise en perspective des informations.

Ehshan Kodarbux, directeur du Défi Media Group, adhère à l’analyse de Gilbert Ahnee. Il souligne qu’un des points cardinaux de son entreprise est justement d’avoir toujours eu l’intérêt du public à cœur. Critiquant certains journaux dits ‘indépendants’, il souligne que la presse subit des pressions tant politiques qu’économiques.

D’ailleurs, les publications écrites dépendent de la publicité à hauteur de 30 à 55% et au niveau des radios, c’est du 100%. « Cela alors même que 5 à 10 grands consortiums donnent de la publicité à la presse à Maurice. En plus de cela, il faut subir la pression politique. Au niveau des radios privées, par exemple, il faut faire avec les contraintes imposées par l’Independent Broadcasting Authority (IBA) », précise Ehshan Kodarbux. Compte tenu de tous ces facteurs, « il est difficile de jouer le rôle que le public attend de nous, même si Maurice est certainement une démocratie. »

Tout en mettant l’accent sur la difficulté à accéder à certains documents, Ehshan Kodarbux déplore l’absence d’une Freedom of Information Act qui ferait la promotion d’une plus grande transparence, et d’une meilleure gestion de l’argent public, entre autres.

À la fois politicien et député travailliste, Reza Issack, ancien rédacteur en chef du journal Star, brosse un tableau plutôt sombre des politiciens mauriciens. « Ils se servent et parfois tentent de manipuler la presse pour atteindre leurs propres objectifs. Beaucoup de journalistes pensent avoir des amis dans le monde politique, or ce n’est pas le cas. Ce n’est pas une amitié honnête. Les politiciens ont besoin de la presse pour se construire une image. »

Reza Issack reproche aussi à certains journalistes de ne pas être suffisamment formés et condamne « ceux qui prostituent leur encre pour servir leurs propres intérêts ».

Kiran Ramsahye, rédacteur en chef de Le Matinal, s’insurge pour sa part contre une réglementation imposée par le gouvernement. Même s’il accepte une certaine forme de régulation, par le biais d’une Ombudsperson indépendante, il n’est pas question d’imposer une Media Commission. « On ne peut être juge et partie, mais nous n’avons pas besoin d’une Media Law. Nous avons plutôt besoin d’un genre d’autorégulation », affirme-t-il.

Me Alex Balancy : « La liberté de la presse doit être maintenue »

«Mon vœu est qu’il y ait une loi régissant l’Equal Opportunities Act. Cette loi doit être régie 'fairly' et doit être mise en application. Car, la discrimination est bel et bien réelle. » C'est la déclaration d'Alex Balancy, avocat, lors de la deuxième journée de la conférence internationale sur les médias.

Me Alex Balancy a élaboré sur l'Equal Opportunities Act et le rôle de la presse. Il a remplacé Gurbux Singh, 'Former Commissioner For Racial Equality' de Londres, qui avait été choisi pour parler sur ce thème. Notre interlocuteur affirme que l'Equal Opportunities Act concerne tout le monde et que le média doit aussi s’accommoder avec les nouvelles technologies. Il ne faut pas avoir de discrimination entre la religion, la politique et des différentes cultures qui existent dans une société démocratique.

Parlant de la femme, Me Alex Balancy dira « qu'elle souffre toujours de la discrimination. Elle représente toujours une minorité. Et, ce genre d’attitude ne va pas changer. » Se référant à Maurice, le légiste évoque le fait que seulement 7,7 % de femmes sont dans le gouvernement. Pour lui, « it is not good, right and fair ». Il demande alors aux médias de promouvoir la place de la femme dans le gouvernement.

L'avocat parlera aussi de l'importance de la Freedom of Information Act. Car, dit-il, « les médias dans ce pays, ce sont les yeux de tout le monde. »

En ce qu'il s'agit des nouvelles technologies, l’avocat souligne que les médias doivent avoir un « standard of reporting ». Il fait aussi mention de l’influence du gouvernement sur la presse.
Maintenant avec l'arrivée des radios privées, la presse écrite fait face à des difficultés. Les gens veulent des informations rapides et précises. En outre, le public adore appeler pour évoquer son opinion. Et, les talk shows sont très populaires. « Where do you draw the line ? », demande-t-il. Il arrive parfois, selon lui, qu'un auditeur incite à la haine raciale en s’exprimant sur les ondes d’une radio privée.
Concernant la mise sur pied d’une Media Commission, Me Alex Balancy se demande quelles sont les personnes qui vont siéger au sein de cette Commission ? « How will they be fair ? »

Liberté pas absolue
Quant à Melissa Moore, avocate spécialisée sur la 'Media Law', elle a parlé sur la « freedom of the press » et sur les attaques à l’encontre de la presse. « Le rôle des médias est important dans un pays démocratique. La presse fournit l’information et aide au développement de ce pays », affirme-t-elle. Toutefois, elle évoque que la liberté des médias n’est pas absolue.

Elle a aussi parlé des paramètres de la presse, citant en exemple la publication des photos obscènes et l’identité des victimes d’abus sexuels.

Kristy Brimelow, Queen’s Counsel, a élaboré sur le thème « La femme et les médias » en évoquant les faits rapportés par la presse sur la violence contre la femme. Elle dit aussi que tout monde est aujourd’hui un « publier » en se référant à l’internet. Elle évoque aussi la vie privée d’un individu… « Everybody has the right to the protection of the law. »

Par ailleurs, le discours de Me Shirin Aumeeruddy-Cziffra, ancienne Ombudsperson for children, – pas présente à la conférence – a été lu par Shakunta Devi Jugmohun. Elle a été très critique envers la presse. « Les photos des adolescents et des enfants sont publiées. Les faits entourant un cas d’abus sexuels et de violence à l’encontre des enfants sont aussi rapportés. Cela fait énormément de mal à l’enfant en question. Tout cela est utilisé par les médias pour faire la sensation. »

Les journalistes et les rédacteurs en chef ont le devoir d'informer le public. Mais, il faut aussi protéger les droits des enfants. Elle avance aussi qu’il va bientôt avoir un « Children Bill ». « Avant de publier ou de parler à un enfant ou à un adolescent, la presse doit avoir l’autorisation de la personne en question et aussi de ses parents. Il faut aussi que le journaliste sache comment parler à l’enfant ou l’adolescent dont il a été victime sans faire abus », s’adressant au média.



Last modified on Friday, 23 March 2012 12:46
Le Defi Plus

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