Consommation : le pays ne dispose que de cinq à 10 jours de légumes

Par Vijayan Ayassamy O commentaire
légume

Environ 75 à 80% de la production légumière ont été affectés par les averses du début du mois et le passage de la forte dépression tropicale Berguitta dans nos parages.  Le pays ne dispose que de cinq à 10 jours de légumes et devra en importer.

Le pays aura inévitablement recours à l’importation de légumes d'Afrique du Sud, d’Inde et d’Égypte. Selon un constat du ministère de l’Agro-industrie, le pays ne dispose que de cinq à 10 jours de légumes. Il faudra environ trois mois pour que la situation retourne à la normale.

« Dans l’immédiat, notre objectif est de redémarrer la production de légumes et de favoriser la culture agricole locale. Mais avec cette pénurie de légumes, il nous faudra avoir recours à l’importation. Déjà, avec les pertes de la semaine dernière, nous avions initié des démarches à cet effet surtout pour des légumes de base en période de carême à venir. Nous finaliserons les propositions avant de les présenter au Conseil de ministre. D’ici trois mois, la situation devra retourner à la normale », a précisé le ministre Mahen Seeruttun.

Dans un premier temps, les produits - carotte (170 tonnes), chou (50 tonnes) et  chou-fleur (15 tonnes),  haricots (30 tonnes) - seront importés, échelonnés sur plusieurs semaines,  d’Afrique du Sud, d’Inde et d’Égypte.

Dégâts

C’est ce que ressort d’une rencontre  du ministre de l’Agro-industrie avec les planteurs de légumes ce vendredi 19 janvier, à son bureau au Seeneevassen Building, Port-Louis.

« Au niveau agricole, beaucoup de dégâts ont été causés à travers l’île affectant plusieurs cultures. Un premier recensement effectué lors de la première semaine  avait indiqué des pertes importantes, mais le mauvais temps a persisté et au cours de la semaine dernière, des pertes de 40 à 50 % avaient été enregistrées. Entre-temps, le climat a continué à se détériorer alors que j’avais obtenu un accord de principe du Conseil de ministre pour préparer un plan d’aide aux planteurs.

alheureusement, nous avons subi un cyclone, ce qui a aggravé la situation. J’ai eu l’occasion de visiter les plantations la semaine dernière et après le passage de la forte dépression tropicale, j’ai eu des rencontres avec des techniciens des organismes du ministre afin de mieux comprendre la situation et j’en ai fait part au Conseil des ministres ce jeudi », dit le ministre.

D’autres réunions ont eu lieu avec des représentants  du Food and Agricultural Research & Extension Institute et du Small Planters’ Welfare Fund (SPWF)  vendredi matin. Au niveau des dégâts subis par des légumes, ils sont de l’ordre de 75 à 80 %.

« Il y a une accumulation d’eau et on espère qu’il aura suffisamment de soleil pour aider à l’évaporation. Il y a aura des travaux à faire pour réaménager les champs. Une fois les terres réhabilitées, les planteurs devront avoir accès à des semences de qualité. Nous avons fait un relevé des semences disponibles et les moyens de rendre disponibles. Il y a aussi une proposition pour utilisation de fertilisants car la richesse des terres a été affectées », souligne le ministre.

Pour faire face à des pertes sèches éprouvées par les planteurs, il a aussi été suggéré d’ouvrir une ligne de crédit par la Banque de Développement. Ce plan de financement est sur le point d’être finalisé. Une couverture d’assurance sera aussi proposée.  Le taux qui était de Rs 2 400 par arpent en cas de pertes passe à Rs 5 000. Mais pas beaucoup de planteurs (environ 400) en bénéficient. Le ministère travaille sur un nouveau plan plus attrayant. De telles couvertures n’attirent pas les entreprises privées car elles comportent trop de risques.