Crime organisé : quand les trafiquants changent de mode opératoire

Par Nasif Joomratty O commentaire
drogue

Les marchands de drogue ont changé de méthode pour mettre toutes les chances de leur côté. Faisant preuve d’une grande imagination, ils se livreraient à une certaine rivalité. Telles sont les conclusions de la brigade antidrogue qui commente les nouvelles astuces et moyens utilisés pour importer de la drogue.

Noms, adresses et compagnies fictifs. Tout est mis en œuvre pour assurer le bon déroulement du trafic d’héroïne et autres opiacés, surtout en provenance d’Afrique. Autrefois, les trafiquants récupéraient leurs colis de drogue et se faisaient coincés lors des exercices de « controlled delivery », désormais, les présumés destinataires ne se manifestent pas dans un premier temps. Le 31 octobre 2017, un colis est intercepté à l’entrepôt du Ground 2 de l’aéroport, avec 1,3 kilo d’héroïne.

La drogue, d’une valeur estimée à Rs 18 millions, était dissimulée dans une boîte. Vu qu’il était destiné à Madagascar, un colis similaire a été envoyé vers la Grande Ile et la livraison effectuée, selon les normes d’un « controlled delivery ». Mais au final, nul ne s’est présenté pour réclamer l’envoi.

Les trafiquants laissent très peu d’indices. Souvent, les colis demeurent à l’entrepôt des compagnies transitaires, durant un bon bout de temps. Ce n’est que longtemps après que la poussière se soit accumulée sur ces colis que les présumés destinataires se manifestent. Le cas le plus récent est celui de l’importation de produits de base pour fabriquer de la drogue synthétique. Une opération durant laquelle un ressortissant thaïlandais et un restaurateur de la capitale ont été coffrés.

Au sein de l’Adsu, on explique que nul n’est venu récupérer le colis. La thèse selon laquelle il devait être acheminé vers un autre pays est privilégiée. « Il y a eu des échanges avec les autorités de la région et nous attendons leurs réponses », expliquent nos sources au QG de la brigade antidrogue. La priorité pour les enquêteurs est de déterminer la provenance de ces colis truffés de drogue. Les trafiquants exploitent toutes les possibilités. Le dernier cas qui a laissé bouche bée les autorités : des colis ayant transité par plusieurs pays avant d’atterrir sur le sol mauricien. Ils font désormais l’objet d’un plus grand intérêt des éléments de la douane et des officiers de l’Adsu affectés à l’aéroport et au port.

Les autorités, elles, affirment que tout est mis en oeuvre pour rendre leurs interventions plus efficaces. « Les trafiquants ne cessent d’innover, même les mules se font rares, ce qui ajoute un grain de sel à toute cette lutte ». Ainsi, les autorités n’ont d’autres choix que de revoir leurs stratégies et d’augmenter leur niveau de vigilance.


Rs 117 millions de drogue dans des statuettes

14,4 kg de drogue dissimulés dans des statuettes, des produits artisanaux et des meubles en provenance de Madagascar. Une découverte faite en mai 2017 dans le port. La manière dont cette drogue avait été soigneusement dissimulée avait laissé les enquêteurs sans voix. L’astuce utilisée laisse présager l’existence d’un réseau bien organisé, établi dans la Grande Ile. Car cette drogue, dont la valeur est estimée à Rs 117 millions, avait été dissimulée dans les statuettes lors de leur fabrication.

En décembre 2017, un Rosehillien rentre au pays avec des chaussures pour dames dans ses bagages. Les semelles étaient bourrées de cannabis. L’Adsu avait découvert 580 grammes de cannabis après une vérification faite aux rayons X. Les traces de colle sur trois paires de chaussures avaient rapidement éveillé les soupçons des autorités. Des feuilles de cannabis avaient été découvertes dans les semelles.

Des portes bourrées de cigarettes

En septembre 2017, des cartouches de cigarettes avaient été importées par des présumés contrebandiers. 3 200 cartouches cachées dans des portes en bois, ont été découvertes après un examen au scanner mené par la douane. Deux suspects, dont une Malgache, avaient été arrêtés. L’enquête sur la saisie de ces 3 200 cartouches de cigarettes par des agents de la Mauritius Revenue Authority (MRA) se poursuit. Un homme et une femme ont été arrêtés, le vendredi 8 septembre. Leur interrogatoire se poursuit.

Un djembé rempli de drogue

En octobre 2016, un musicien rentre au pays en tentant de faire passer un djembé rempli de cannabis et de haschisch. La drogue valait Rs 300 000. Elle était cachée dans des sachets en plastique à l’intérieur du djembé.

Dans la poignée télescopique d’une valise

En décembre 2017, des sachets d’héroïne totalisant 512,8 grammes avaient été dissimulés dans la poignée télescopique de la valise d’une Malgache. Cette drogue évaluée à Rs 7,7 millions était repartie dans plusieurs sachets, enfoncés dans la poignée. Hélas pour elle, les éléments de l’Adsu et de la MRA n’ont pas été dupes.