Dans un dispensaire : on lui refuse un test de glycémie alors qu’il se sent mal

Par Reshad Toorab O commentaire
Sonah Ramchurun

Sonah Ramchurun, 44 ans, a des complications de santé liées au diabète et à l’hypertension. Il a aussi des soucis cardiaques, des problèmes aux yeux et un ulcère. En 2010, cet ancien superviseur a dû quitter son emploi pour se consacrer à son combat contre la maladie.

Sonah Ramchurun est très remonté contre les services de santé après un récent incident. Dans une lettre en date du 5 février 2018 adressée au Regional Health Director de l’hôpital Dr A. G. Jeetoo, le quadragénaire, marié et père de famille, explique qu’il est un pensionnaire qui souffre de multiples maladies. Il précise qu’il passe le plus clair de son temps à se rendre à ses différents rendez-vous médicaux à l’hôpital ainsi qu’au dispensaire.

Tous les deux jours, Sonah Ramchurun se rend au dispensaire Lady Twinning, à Beau-Bassin, pour se faire appliquer un pansement au pied. C’est ainsi que le samedi 3 février, vers 8 h 15, il s’est rendu au dispensaire en question. Soudain, il a fait un malaise.

Estimant que son taux de diabète était bas, il a demandé à une infirmière présente de mesurer sa glycémie, car il se sentait très mal et craignait de faire une hypoglycémie. L’infirmière lui a expliqué qu’elle ne pouvait rien faire pour l’aider puisque le médecin n’était pas encore arrivé, lui disant qu’il devrait attendre. « Mo finn dir infirmier-la ki seki mo pe konpran se ki mo bizin mor anplas. Ou pa kapav donn mwa enn assistance ek zis teste mo diabet. Linn refize », raconte le père de famille.

Furieux, il dit avoir pris son courage à deux mains pour se rendre directement dans une pharmacie qui se trouvait dans les parages. Là, il a subi un test de diabète. Le résultat était hallucinant. Son taux de glycémie était de 2,0 mmol/L, ce qui signifie qu’il était dangereusement bas. Le personnel de la pharmacie lui a tout de suite prodigué les premiers soins en lui donnant un verre de glucose. Cela a grandement contribué à faire remonter son taux du sucre dans le sang. Puis Sonah Ramchurun s’est rendu au dispensaire pour faire le pansement.

Il dit s’être senti humilié par l’attitude de l’infirmière qui a refusé de l’aider. « Mo ti kapav mor sa zour-la. Mo anvi kone si pou fer enn priz disan pou diabet dan enn sant de sante, eski bizin fer sa en prezans enn dokter », se demande Sonah Ramchurun. Ne souhaitant à personne de vivre une telle mésaventure, il a envoyé une lettre au directeur régional de la santé dans l’espoir que des actions seront prises pour améliorer le service et que les problèmes qu’il a rencontrés le 3 février ne se reproduisent pas, que ce soit à l’hôpital ou dans un dispensaire régional.

Du côté du ministère de la Santé, une enquête sera ouverte sur cette affaire. Les doléances de Sonah Ramchurun seront également prises en considération.