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Saturday, 26 January 2013 12:01

Ces malades qui nous gouvernent Featured

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Face à la maladie, chaque homme a son style. Si Paul Bérenger a révélé son début de cancer, d’autres, à l’instar de Navin Ramgoolam ou de sir Anerood Jugnauth, estiment que leurs problèmes de santé doivent rester dans le domaine privé.
Comment un homme politique doit-il réagir lorsqu’il est atteint d’une maladie ? Alors que Paul Bérenger joue la transparence, mercredi en conférence de presse, annonçant qu’il était atteint d’un début de cancer de l’amygdale gauche, d’autres optent pour l’opacité.

En septembre dernier, après que de multiples rumeurs sur l’état de santé de Navin Ramgoolam avaient accompagné son déplacement à Londres, ce n’est que sous la pression que le Bureau du Premier ministre s’était décidé à émettre un communiqué pour éclaircir la population. Celle-ci a dû se conten­ter de l’information comme quoi le Premier ministre « a subi une intervention mineure ».

À quelle partie du corps ? De quelle gravité ? Pour quelle raison ? Navin Ramgoolam n’a pas trouvé nécessaire que le peuple sache. Le PMO n’avait communiqué aucun détail sur la durée de son absence. Finalement, il est resté à l’étranger pendant deux semaines. Et cinq mois plus tard, le peuple ne sait toujours pas de quoi il souffrait.

Sir Anerood Jugnauth n’a pas non plus été plus causant lorsqu’il s’est fait opérer d’une tumeur bénigne à la prostate en janvier 2012. Alors qu’il était encore Président de la République et que les rumeurs les plus folles circulaient sur cette intervention, rien d’officiel n’est sorti du Château de Réduit. La pression de la presse et les images de la MBC le montrant sur une chaise roulante à la clinique Darné feront qu’un communiqué sortira pour confirmer que SAJ a subi une petite opération et que tout s’est bien passé.

Ce culte du secret, le père de Navin Ram­goolam le pratiquait déjà. Sir Seewoosagur Ramgoolam n’avait jamais pour habitude de communiquer sur son état de santé. Lorsqu’il était Premier ministre, il s’était fait opérer de la prostate en Angleterre, mais n’avait jamais communiqué à ce sujet.

Lorsqu’il est nommé Gouverneur général en 1983, l’homme était visiblement affaibli et faisait le va-et-vient entre Maurice et la Grande-Bretagne, où un cancer de la gorge avait été diagnostiqué. « Il n'a fait état de cela à aucun moment. Beaucoup de gens se posaient des questions sur sa santé, mais personne n’a fait état publiquement de sa maladie », confie une personne qui l'a longtemps côtoyé.

En août 1985, SSR procède à l’ouverture des Jeux des îles de l’océan Indien, et apparaît en très petite forme, pouvant à peine prononcer « Je déclare ouverts... » Malgré cela, aucune communication ne sera faite par rapport à sa maladie. À partir de là, il se repliera à Réduit pour s’y éteindre en décembre 1985, après avoir souffert du cancer durant plusieurs années.

Secret pour certains
Si Paul Bérenger est le premier dirigeant politique mauricien à avoir annoncé officiellement son problème de santé, d’autres n’en ont pas fait un secret non plus, même s’ils n’ont jamais fait d’annonce publique. Sir Harold Walter l’avait fait savoir quand il s’était fait opérer de la prostate, alors qu'il était encore ministre des Affaires étrangères, au début des années 80. Lorsque la maladie s’était développée en cancer, il en parlait ouvertement à ceux qui venaient le voir et n’avait jamais demandé que le secret soit observé autour de sa maladie.
À chaque homme son style. Si certains sont d’avis que les électeurs ont le droit de savoir, d’autres, en revanche, estiment qu’une telle situation fait partie de la vie privée et doit donc rester ainsi.

François Mitterrand et son cancer de la prostate
En septembre 1992, l'opinion publique française apprenait que le Président de la République, François Mitterrand vient d'être opéré d'un cancer de la prostate. Ce qui l’oblige alors à révéler qu’il est malade et, cela constitue une première dans les annales de la politique française, soit qu'un Président en fonction qui révèle publiquement sa maladie.

Quatre ans plus tard, et moins d'un an après la fin de son mandat, François Mitterrand décède des suites de ce cancer. À peine 10 jours plus tard sort l'explosif ouvrage de Claude Gubler, « Le grand secret ». L'ancien médecin personnel du Président, limogé en 1995, y révèle que la maladie de Mitterrand, en réalité, avait été décelée en septembre 1981, soit à peine six mois après son élection.

Autrement dit, durant tout son mandat, qui a duré 13 ans, il aura vécu avec ce cancer. C'est le choc. François Mitterrand aurait obligé le Dr Gubler à falsifier ses bulletins de santé. Le médecin déclare même qu'à ses yeux, en 1994, le Président n'était plus en état d'as­surer ses fonc­tions. En une journée, le livre se vend à 40 000 exemplaires, avant d'être interdit de publication durant plusieurs années.

Les proches de François Mitterrand accusent le Dr Gubler de violation du secret médical. Ce n'est finalement que plusieurs années plus tard, suite à une décision de la Cour européenne de justice, que « Le grand secret » trouvera à nouveau sa place sur les étals des libraires.

François Mitterrand, Hugo Chavez et Fidel Castro.

JFK et sa maladie d'Addison
John Fitzgerald Kennedy (JFK) est connu pour sa riche carrière de Président américain, puis pour son assassinat. Mais fait moins connu : JFK était, dès son enfance, atteint d'une grave maladie invalidante : la maladie d'Addison. Pendant son enfance, il souffre de divers maux, comme celui de dos ou encore de la diarrhée.

En 1941, il veut s’engager dans l'armée, mais il est déclaré inapte à cause de son dos fragile. Son père intervient et lui permet ainsi de s'enrôler dans l'US Navy. Le futur Président sera blessé au dos mais il parviendra tout de même à sauver et mettre en sécurité plusieurs soldats, ce qui lui vaudra les honneurs.

Quelques années plus tard, alors que le jeune homme est entré en politique et qu'il a fondé une famille, la maladie le rattrape. Il est gravement malade et on finit par diagnostiquer la pathologie dont il souffre : c'est la maladie d'Addison, souvent fatale à l'époque. Ses glandes surrénales fonctionnent mal et entraînent des déficits importants, qui provoquent notamment de l'ostéoporose : ses os cassent facilement, son dos part en miettes, avec des douleurs intolérables à la clé.

Au début des années 1950, JFK doit se faire opérer à plusieurs reprises, on lui pose notamment des plaques et des vis pour maintenir sa colonne vertébrale. Il est si mal qu'il reçoit même l'extrême-onction. Néanmoins, il se révèle, se portera sa candidat lors de la présidentielle américaine de 1960 et sera élu Président. Néanmoins, il devra composer avec cette maladie qui l'obligera, jusqu'à son assassinat, à prendre une dose massive de médicaments.

Chavez et Castro malades
Actuellement, deux leaders politiques de premier plan en Amérique du Sud se trouvent être malades, à savoir le Président vénézuélien Hugo Chavez et le leader cubain historique, Fidel Castro. Ce héros de la révolution cubaine prend, à partir de 2006, ses distances de la vie politique, cédant au fur et à mesure sa place à son frère Raul. Fidel Castro souffrirait d'un cancer.

Autre leader politique sud-américain qui est malade, le Vénézuélien Hugo Chavez. Opéré une première fois par des chirurgiens cubains en juin 2011, Chavez a dû être réopéré le 26 février 2012 ; cette fois par des Russes envoyés par Moscou. Il a subi un cycle de radiothérapie afin de traiter la tumeur rectale et plusieurs chimiothérapies hormonales, visant à induire une castration médicale dans le but de freiner le développement du cancer.

La seconde intervention, celle pratiquée par les Russes, a consisté  à retirer un maximum de ganglions lymphatiques abdominaux, à ôter la tumeur du rectum et à placer une colostomie de décharge. Le dernier et ultime cycle de radiothérapie visait à réduire les métastases osseuses vertébrales, sachant qu’il n’avait qu’une portée palliative, afin de calmer les douleurs, une radiothérapie vertébrale « efficace » détruirait la moelle épinière et le patient serait alors paraplégique. Chavez suit un traitement quotidien antihormonal et prend des antalgiques.

Le bilan de santé de nos politiques
Même si officiellement rien n'oblige un Président à dévoiler son bulletin de santé, la pratique est devenue incontournable sous la pression des médias et des électeurs. Mais il n'en a pas toujours été ainsi. John F. Kennedy a aussi bénéficié d'un grand respect de sa vie privée, bien qu'il fût atteint d'une maladie incurable - la maladie d'Addison - et possédait « un dossier médical plus épais qu'un bottin téléphonique », illustre Guillaume Lavoie.

Pourtant, son prédécesseur, Dwight Eisenhower, Président de 1953 à 1961, avait mis la table à une grande transparence. Il a eu une crise cardiaque pendant qu'il était Président. Il a aussi subi trois interventions médicales importantes, et sa volonté était de tout déclarer. Quant au successeur de Kennedy, Lyndon B. Johnson, il a aussi décidé d'exposer son état de santé, allant jusqu'à montrer aux journalistes la cicatrice laissée par une opération à la vésicule biliaire en 1965.

Livre choc
Lorsqu’il s’agit de leurs maladies, certains hommes d’État ont réalisé des prouesses pour les cacher à la population. Dans « Ces malades qui nous gouvernent », livre édité pour la première fois en 1978, Pierre Rentchnick et Pierre Accoce posent le problème de la quasi-toute puissance de certains dirigeants et leur état de santé, qui pourrait altéré leur prise de décision.

Peu de gens savaient ainsi que le Président John F. Kennedy passait la moitié de ses journées coucher, alors qu'il était atteint d’une grave maladie des glandes surrénales, à l’époque même où Khrouchtchev installait les fusées soviétiques à Cuba. Sans oublier le calvaire du président français Georges Pompidou durant les derniers mois de sa vie. Le Chinois Mao Zedong, le Russe Leonid Brejnev et même le pape Pie XII ont souffert de graves problèmes de santé durant l’exercice de leurs fonctions. Pourtant, leurs souffrances sont restées cachées du grand public de leur vivant.





Last modified on Saturday, 26 January 2013 10:43
Patrick Hilbert

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