20 December 2014
Petites Annonces Gratuite
FacebookTwitterGoogle PlusLinkedin
Facebook Like
Saturday, 26 January 2013 10:00

Prévalence du cancer à Maurice – Situation jugée préoccupante Featured

Rate this item
(0 votes)
Le cancer prend des proportions préoccupantes chez nous. Une tendance à la hausse mondiale qui doit nous interpeller. Cela, afin que cette maladie ne prenne pas des proportions alarmantes. 
Chaque année, le National Cancer Registry enregistre 2 000 nouveaux cas de cancer. Ils sont un millier de Mauriciens qui en meurent chaque année. Chiffres qui incluent les malades qui se font soigner dans les cliniques payantes. Ce sont les femmes qui sont les plus touchées par cette maladie chez nous. 60 % des cas de cancer sont enregistrés chez les femmes.

Cette tendance s’explique par le fait que c’est le cancer du sein qui est le plus répandu chez nous. Le nombre des nouveaux cas de cancer du sein est passé de 269 en 2006 pour atteindre les 432 en 2010. Pour la même période, le nombre est passé de 746 à 1 144 chez les femmes et de 538 à 773 chez les hommes.

Les autres cancers les plus répandus chez nous sont ceux de l’intestin, de la prostate, du col de l’utérus et des poumons (voir le tableau). Il y a aussi une tendance à la hausse du cancer du sang, notamment la leucémie et les lymphomes. De 2006 à 2010, 140 cas de leucémie ont été notés chez les hommes et 119 chez les femmes. Quant au nombre de lymphomes, il était de 150 chez les hommes et 110 chez les femmes pendant la même période. Quant au cancer des amygdales, le nombre enregistré de 2006 à 2010  est de 38 cas, dont 31 chez les hommes. Quant aux cancers oraux (lèvres, bouche, langue, pharynx, entre autres), ils ont touché 249 hommes et 111 femmes.  

Toutefois, les professionnels de santé concernés tentent de relativiser en soutenant que la tendance à la hausse du cancer est mondiale. « La situation est certes préoccupante, mais elle n’est pas alarmante, comparée aux autres pays. Par exemple, l’incidence du cancer est moindre chez nous que dans des pays comme la France, le Royaume-Uni, l’Inde, le Singapour, l’Afrique du Sud, la Chine et la Malaisie. Il n’y a donc pas lieu d’être alarmiste. En revanche, l’incidence du cancer du sein devrait nous préoccuper puisque la tendance est quasi-épidémique », souligne le Dr Shyam Manraj. Il est le consultant en charge des services de pathologie au laboratoire central à Candos.


Les habitants des Plaines-Wilhems plus affectés
Les principaux facteurs associés au cancer : l’obésité, le tabagisme, l’alcoolisme, le manque d’activités physiques et le vieillissement. Le Dr Manraj souligne ainsi que les cancers oraux et des amygdales sont plus fréquents chez les hommes parce qu’ils sont plus touchés par le tabagisme et l’alcoolisme. L’obésité est un facteur de risque important dans le cas du cancer du sein, tout comme le traitement hormonal de substitution chez les femmes ménopausées.

Le consultant en charge des services de pathologie précise que 20 % des cas de cancer sont liés au tabagisme. Par ailleurs, l’incidence du cancer en 2010 était plus répandue chez ceux âgés de 40 ans et plus : 40,3 % (40 à 64 ans) et 42,7 % (plus de 65 ans). « Ce qui démontre l’impact important du phénomène de vieillissement de la population sur l’incidence du cancer », souligne-t-il.   

Le National Cancer Registry a aussi fait une étude sur l’incidence du cancer en termes de localités. Elle a démontré que les nouveaux cas de cancer ont été enregistrés principalement chez les habitants des Plaines-Wilhems – 35,7 %, suivi de Port-Louis – 13,5 % (voir tableau). Ce qui démontre « l’urbanisation » du cancer. C'est-à-dire que cette maladie touche surtout les habitants des villes. Est-ce la pollution de l’air qui est en cause ? Est-ce le mode de vie des habitants ? Difficile à dire, répond le Dr Manraj, faute d’études. Il précise cependant que ce phénomène ne touche pas uniquement Maurice mais plusieurs autres pays. La hausse du cancer est une tendance mondiale.

Pour les Drs Manraj et Anil Mohith (cancérologues), il faut dédramatiser la situation en ce qu’il s’agit du cancer. Ils indiquent que, contrairement à la croyance populaire, le cancer n’est pas toujours mortel. « Les gens pensent surtout aux malades qui meurent du cancer. Mais ils oublient que d’autres ont des chances de guérison de l’ordre de 50 %. Certes, c’est malheureux que certains types de cancer ne soient pas guérissables, mais il ne faut pas pour autant oublier que d’autres parviennent à vaincre cette maladie », commentent-ils.

Le Dr Manraj fait état d’une étude faite justement sur la survie des malades atteints de cancer à Maurice. Elle a révélé que huit patientes sur 10 atteintes d’un cancer du sein vivent au-delà de cinq ans. Il en est de même pour sept patients sur 10 qui souffrent du cancer de la prostate. « Le Leader de l’Opposition a raison de rester optimiste puisque la positivité permet, dans une grande mesure, de combattre le cancer. De plus, il ne faut pas oublier qu’il y a, de nos jours, une panoplie de traitements qui permettent de venir à bout de certains types de cancer. En tout cas, la réaction des gens est choquante. Ils font comme si Paul Bérenger est mourant parce qu’il souffre du cancer. Or, cette maladie n’est pas toujours mortelle », commente le cancérologue.

Pesticides, aspartame, ondes électromagnétiques…
De nombreux autres facteurs sont, de nos jours, associés au cancer : les pesticides, les ondes électromagnétiques, les substances polluantes et l’aspartame, entre autres. Plusieurs études ont été faites mais le lien direct entre ces facteurs et le cancer reste à être établi, précise le Dr Mohith. En revanche, dit-il, le lien direct entre le cancer et l’obésité, le tabagisme, l’inactivité physique et l’alcoolisme a été confirmé.

« Il importe avant tout de cesser de fumer et de consommer de l’alcool, et de revoir son mode de vie pour prévenir le cancer. Il faut être réaliste. Ce n’est pas à cause du risque hypothétique que comporterait l’utilisation des téléphones portables que nous devons cesser de les utiliser. Quant à l’aspartame, cela fait 20 ans depuis que j’entends qu’il est cancérigène mais rien n’a été prouvé jusqu’ici », souligne le cancérologue. Par contre, il préconise un contrôle rigoureux sur l’utilisation des pesticides dans les plantations en guise de prévention du cancer. Mesure qui, dit-il, est facilement applicable.

Un nouveau centre de cancer d’ici cinq ans
Avec le nombre grandissant de cas de cancer, le ministère de la Santé est en train de prendre certaines mesures pour améliorer le sort des malades. Mesures qui font partie du plan national de lutte contre le cancer. C’est dans cette optique qu’un nouveau centre pour le cancer verra ainsi le jour d’ici cinq ans. Le traitement de chimiothérapie est en train d’être décentralisé. Après l’hôpital SSR, Pamplemousses, celui de Rose-Belle sera bientôt doté d’une unité de chimiothérapie. Depuis peu, trois oncologues ont rejoint le service. Ils sont ainsi 10 cancérologues qui s’occupent actuellement des malades.

Sensibilisation des planteurs
C’est l’Agricultural Research and Extension Unit (AREU), du ministère de l’Agro-industrie, qui sensibilise régulièrement les planteurs sur l’importance de ne pas abuser des pesticides pour protéger les consommateurs. Ils sont informés sur la quantité de pesticides à utiliser et comment s’en servir. Ils sont aussi encouragés à mettre un panneau dans leur plantation indiquant l’utilisation récente de pesticides. « C’est le Food Technology Laboratory qui analyse régulièrement des échantillons de légumes pour mesurer leur teneur en pesticides. Les résultats sont envoyés à l’AREU pour un suivi. Le ministère de l’Agro-industrie envisage d’étendre les analyses sur les résidus de pesticides dans les légumes au Food Technology Laboratory », précise un officier de ce ministère.

Last modified on Saturday, 26 January 2013 10:28
Radha Rengasamy-Jean Louis

Email This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.
Zero Tolerance

ZERO Tolérance

Les internautes qui voudraient commenter les articles qui sont publiés sur le site defimedia.info sont avisés qu'ils doivent éviter à tout prix d'utiliser des termes obscènes, racistes, communaux ou diffamatoires. La moindre utilisation d'un terme offensant entraînera le rejet automatique du commentaire soumis.

comments powered by Disqus